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Corporation
qui existait depuis 1843, se fondit avec la nouvelle institution. On choisit les professeurs parmi les hommes de profession les plus habiles : on en fit venir quelques autres de la France. puis on envoya plusieurs jeunesgens,quis'étalent distingués par leurs talents et leurs aptitudes, se préparer à l’enseignement dans les universités les plus renommées de l’Europe. Les chaires dans les facultés des arts et de la théologie n'ont été au complet que dans ces dernières années. L'Université possède actuelleitrent un personnel de professeurs savants et distingués ; et il est digne de mention, que plusieurs cours qu'ils donnent ne le cèdent en rien à ceux des premières universités européennes. (1) Nous devons ajouter que l’université a ouvert à la jeunesse canadienne plusieurs reprises, des cours publics sur l’histoire, la philosophie, la physique, ete. L'Université Laval est donc vente couronner l'édifice de notre enseignement classique, si solidement établi dans les séminaires et dans les grands colléses du Bas-Canada. Elle est assise sur des bases solides, car elle a pris pour modèles les premières institutions de l'Europe. Elle à
(1) Voici le nom des professeurs dans chaque faculte :
Faculté de théologie :-—MM, Benjamin Paquet, +R Paquet, L.-N. Bégin, M.-E. Méihot et P. Roussel.
Faculté de Droit :—MM,. U.-T. ‘Fessier, N. Casault, Crete gelier, [.-G. Colston et Lucien Turcotte,
Faculté de Médecine :—MM. J.-A. Sewell, [-E. Eandry, A Jackson, C.-E. Lemieux, F.-A.-Ff, Larue, [.-C. Tache, La f 4 Simard, C. Verge et L.. Catellier. dE
Faculté des Arts :—MM, T.-E, Hamel, O, Brunet, M.-P, Mctiot, C.-il. Laverdière, C.-E. Légaré et Louis Beaudet.
Pendant l’année académique 1871-72, 267 élèves ont suivi les cours de l’Université : faculté de théologie 53, faculté de droit 3f, faculté de médecine 79, faculté des arts 104.
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maintenaut une bibliothèque considérable et précieuse (50,000 volumes), des musées et des cabinets de physique, qui valent ceux des premières institutions américaines, et qui les surpassent même sous plusieurs points. Aussi le séminaire ne s’est épargné aucun sacrifice pour en faire la première institution du Canada. Il a dépensé dans ce but la somme considérable de trois cent mille piastres.
La part qu'a prise M. Casault, comme fondateur de l’université, est immense. Il faut penser ce qu'il fallut d'intelligence et d'énergie pour organiser une œuvre si magnifique. Le nom de ce prêtre illustre par sa science, par ses hautes vues, par son énergie, sera à jamais mémorable dans les annales historiques.
L'Université Laval a eu de grandes difficultés à surmonter. Elle rencontra des obstacles dans l'affiliation de plusieurs colléges du Bas-Canada. Cela vint en partie de ce que l’on espérait pouvoir ériger une nouvelle université à Montréal. Mer Bourget a travaillé beaucoup dans ce but, mais la cour de Rome n’a pas cru devoir céder aux instances du vénérable prélat. Les colléges qui se sont affiliés jusqu'aujourd'hui, si l’on excepte le séminaire de Québec, sont ceux de Nainte-Anne, de Nicolet, des Trois-Rivières, de Nainte-Thérèse et de Rimouski.
La nouvelle université était appelée à faire un bien considérable. Le temps a prouvé qu’elle a opéré une révolution dans le haut enseignement, au point de ne s’y plus reconnaitre. Le Séminaire de Québec à done obtenu son but principal, celui d'élever le niveau des études classiques et prolessionnelles, et de prémunir les jeunes gens
contre les ‘angers auxquels ils s’'exposaient, en allant étudier à l'étranger ou en demeurant sans surveillance dans les grandes villes. Espérons que l’encouragement qu'elle a reçu jusqu'à ce jour augmentera d'année en année, et que cette belle institution recevra du public l'accueil qu’elle mérite.
La province possède aussi plusieurs universités protestantes ; d’abord, les universités de Lennoxville et McGill, dans le Bas-Canada. Cette dernière, fondée par le testament de l’Hon. James McGill, riche marchand de Montréal, ne fit de grands progrès qu'après sa réorganisation, en 1854. Elle possède actuellement trois facultés, celles des arts, du droit et de médecine. Le collége de Lennoxville, ouvert aux sciences en 1845, fut érigé en université en 1853, par une charte royale. Il à des facultés pour les arts et pour la théologie.
Il y a quatre universités dans le Haut-Canada. l’université de Toronto, le Queen's Collece, de Kingston, le Victoria College, de Cobourg, qui possèdent des facultés pour les arts, le droit et la médecine, et le Trinity College, de Toronto, qui n’a qu'une seule faculté, celle de théologie.
Nous devons ici dire quelques mots de la littérature canadienne, qui a fait, depuis 1848, des progrès sensibles, manifestés par des ouvrages de mérite. M. Huston eut l’heureuse idée de réunir dans le Répertoire National, publié de 184 à 1850, les premiers essais de ceux qui ont été les créateurs de cette littérature. M. Chauveau publia (1852) Charles Guérin, premier roman de mœurs canadiennes ; cette œuvre a fait de son auteur un de nos plus charmants littérateurs el
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reçut du public 1: meiller accueil. M Garneau compléta et révisa son intéressante ÆHistoire du Canada. M. Ferland commença une série de travaux historiques, ses Notes sur les Récistres de Québec, ses Observations sur l'histoire du Canada de l'abbé Brasseur ; il prépara ensuite son savant Cours d'Histoire du Canada, et le commença en 1859, M. Joseph-Charles Taché publia l’Æsquisse sur le Canada, et une intéressante brochure sur la Confédération ; M. Bibaud, jeune, son Dictionnaire des hommes illustres du Canada et de l’Amérique, et plusieurs autres écrits historiques. Des lectures furent données par plusieurs littérateurs, entre autres, MM. Parent, Chauveau, Morin et Painchaud. Nous devons ajouter les magniliques conférences de l'abbé Iolmes, prononcées dans la chaire de N. D. de Québec (1848-49).
M. Crémazie publia, dans le même temps, une série de belles poésies, qui lui ont valu, à bon droit, le titre de poëte national. Son élégie sur Les Morts est reconnu comme un chef-d'œuvre de poésie.
Le goût des lettres et des sciences se répandait de plus en plus; il fut activé par des cours publies que donnèrent l'Université Laval et l'école normale Jacques-Cartier sur l'histoire, la littérature et les sciences, et par la formation de plusieurs instituts et sociétés de discussion dans les principaux centres. Partout, on voyait la jeunesse canadienne se réunir, dans le but de s'instruire, de cultiver les sciences et l’histoire, et de se préparer aux luttes sérieuses. Enfin, se préparait graduellement le grand mouvement littéraire de 1861. :
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amour pour notre histoire ; ils firent de profondes recherches dans les bibliothèques européennes et dans les bureaux publics, recueillirent des ouvrages rares, des manuscrits précieux, et firent copier et imprimer ceux qu'ils ne purent avoir. MM. Faribault, Jacques Viger et Sir Louis-If. Lafontaine sont du nombre de ces bienfaiteurs. M. Faribault se livra toute sa vie à des recherches archéologiques, et le pays en a retiré les plus grands avantages. Par une cruelle fatalité, deux fois l'incendie consuma les annales historiques de la bil. chèque du parlement, qu'il avait formées avec tant de soins (r.) Les cartons de M. Jacques Viger contiennent, nous assure-t-on. des trésors historiques. Nous devons reconnaitre les services inappréciables que ces personnes on rendus à notre histoire, si négligé avant eux.
La Société Historique de Québec a bien rempli un des principaux objets de sa charte, la compilation et la publication des mémoires relatifs à l'histoire du Canada. Ces mémoires sont consiœnés dans plusieurs volumes, et ont jeté des lumières sur nombre de faits historiques. La Société Historique de Montréaï, tondée en 1857, fut définitivement organiste, l’année suivante, sous la présidence de M. Viger. Elle a aussi publié plusieurs documents importants.
On peut dire avec raison qu’en 1861, époque du grand mouvement littéraire, les bases de la
(1) M. Faribault a legué à PUniversité Laval le tresor de ses richesses archcologiques, qui se compose d’un grand nombre de manuscrits et de volumes. La collection d'ouvrages historiques canadiens de l'Université Laval, préparce avec les plus gi rands soin: par M. l'abbé Laverdière, et celle de M. l'abbé Verrault, principal de l'Ecole Normale Jacques-Cartier, sont, croyons-nous, les plis complètes de la province.
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1856] SIR EDMUND HEAD. 285 httérature française Cfaient postes. Le Canada possédait de beaux talents, des écrivains distinoués, auteurs d'ouvrages sérieux et même soignés. Nous disons avec M. l'abbé Casgrain, un de nos meilleurs littérateurs : “ La première période de notre littérature, qui s'étend de 1840 à 1860, a eu Ja bonne fortune de produire un penseur comme Etienne Parent, un historien comme Garneau, un poëte comme Crémazie. Ces trois écrivains forment avec l'abbé Ferland, Taché, Chauveau et Gérin-Lajoie, ce qu'on est convenu d’appeler notre premier groupe littéraire.”
Les principales mesures du cabinet MceNab- Taché, celle qui rendait le conseil législatif électil, celles qui modifiaient le tarif, la loi seigneuriale et les actes de l'instruction publique dans le Bas-Canada, celles enfin qui accordaient des subventions aux grands réseaux de voies ferrées, furent toutes passées, malgré une forte opposition des diverses nuances libérales. C ‘pendant le projet de loi qui €tablissait une police provincinle, fut retiré à la fin de la session, parce qu'il ‘éleva une forte ré pugnance à le voter. La lutte entre les conservateurs et les libéraux fut presque continuelle, lutte souvent factieuse et injuste de Ja part de ces derniers, et absorbant une partie des moments précieux de la session.
Une des dise nssiOns oraseuses de la session fut encore cÎle qu’occasionna une motion de M. Cameron, pour faire produire devant la chambre l'allocution du juge Duval aux jurés dans le piocès Corrigan. Cette proposition, que l’on pou-
vait considérer comme un attentat contre l’indépendance des juges, fut discutée avec une passion aveugle par les députés du Haut-Canada. Le
ministère se refusa à cette demande injuste, et bien qu'il eût le droit de son côté, une majorité de quatre voix emporta la motion. Les ministres déclarerent alors qu'ils aviseraient Je chef de l'exécutif de ne pas obéir à la demande de fa chambre, ils ajoutérent qu'ils donneraient Jeu démission si la majorité äes députés insistut. Cette conduite fut approuvée par une majorité de seize voix, et l'échec subi par la motion Cameron fut réparé, mais le parti ministériel en fut affaibli.
Quelques Hbéraux s'attaquèrent encore à la constitution ; M. W.-Lyon Mackenzie en proposa le rappel, comme étant de l'intérêt des deux sections de la province. Sa motion réunit vingt et un députés, au nombre desquels étaient MM. Papin. J.-B.-E, Dorion, DeWitt et Rolph. C’est à cette occasion que le chef des démocrates français, M. À. A.lrion, se déclara opposé à la dissolution de Von; il parla cependant contre les injustices que renfermait l'acte constitutionnel, et se prononça clairement en faveur d’une union fédérale des deux Canadas. M. Dorion était d'avis que les membres du Haut-Canada ne pourrait plus se présenter devant leurs constitnants, sans s’engaer à demander la représentation repartie d’après le chiffre de la population. Il ne leur reprochat pas d’insister sur ce point, parce qu'il serait injuste de le leur refuser, lorsque le Haut-Canada dépasserait d’an demi-million d'âmes et de plus la population de l'autre province. “Ki l’union actuelle, ajouta-t-il, doit continuer, elle ne peut exister qu'avec Ja représentation basée sur la population. Je considère que c’est le seul système juste. Je préfère une union fédérale, mais apres La
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cela, je préfèrerai à l'ordre de choses actuel la représentation basée sur la population, et je voterai pour cela, si après l'avoir tenté, je ne puis obtenir une anion fédérale.” M. Dorion fut blâmé de cette opinion par ses adversaires, qui Jui en lirent souvent le reproche dans sa carrière polihque.
M. Brown se prononça contre la motion de M Mackenzie. Il essaya cependant d'imposer son système de la représentation repartie d’après le nombre des habitants. Dans ce but, il propos: de faire un recensement de la province en 1857, motion qui fut approuvée par vingt députés du Haut-Canada. Depuis plus d’un an, M. Brown travaillait dans les assemblées publiques, et dans son organe le Globe, à propager le système de domination du Haut-Canada sur le Bas-Canada ; sa croisade avait eu jusqu'alors neu de succès ; la majorité de la population restait encore indifférente. Mais avec ses efforts redoublés, ce fanatique allait bientôt soulever la masse du peuple en faveur de ses vues injustes.
Le ministère MceNab-Taché perdit, à la fin de la session, l'appui de plusieurs députés du Haut- Canada ; une majorité des membres de cette section de la province finit par lui être hostile. Dans le mois d'avril, M. fohn Ross s'était démis de son siége dans le cabinet et de la présidence du conseil législatif, parce Que ses amis l'avaient abandonné. M. Morrison l'avait remplacé, sans avoir cependant la direction d'aucun département public.
La question du siége du gouvernement vint encore agoraver la position du ministère. La majorité de la chambre se nrononça d’abor
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288 SIR EDMUND HEBAD. 1850
contre le système des parlements alternatifs, Après une discussion des plus vives, il fut décidé, sur un vote de soixante-deux contre cinquante et un, Le Québec serait la capitale permanente après 1859. La majorité de la chambre décida que le s De des capitales alternatives était AE" et ne pouvait durer plus longtemps, Les députés de Québec et de Montréal s'étaient entendus afin de voter en faveur de Québec: si cette ville ne réussissait pas, ils devaient donner leur concours à la ville de Montréal.
Le choix de Québec, placé à l'extrémité de la province, déplut à plusieurs membres du Haut- Canada. Lorsque le gouvernement, conformtment à la décision de la © hambre, introduisit dans le budget une somme de $200,000 pour l'érection des édifices publics, M. Papin proposa un vote de non-confiance contre l'administration, à cause de la position qu'elle avait prise sur la question du siége du gouvernement. M. Holton proposa le sous-amendement suivant: ‘ Que la conduite de l’administration, au sujet de la question du siége du gouvernement et d'autres questions publiques d' importance, a désappointé la juste attente de la grande majorité du peuple de cette province.” Àpri ès une discussion animée de plusieurs jours, l'amendement de M. Holton fut repoussé sur une division de quarante -sept contre soixante-dix. (1% Ce vote donna une ma-
(1) Pour l'amendement de M. Holton :— MM. Aiïkins, bell, Biggar, Bourassa, Brown, Bureau, Cameron, Christie, Cook, Charles Daoust, Darche, Delong, De\Witt, J.-B.-E, Dorion, A.-A. Dorion, Flint, Foley, Fraser, Freeman, Galt, Gould, Hartman, Hlolton, Jackson, Jobin, Laberge, John-S. McDonald, KR. McDonald, Mac-
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jorité ministérielle de vingt-trois voix.
Cependant, sur les quarante-sept députés, trente-trois étaient du Haut-Canada, tandis que vingt-sept seulement donnèrent leurs concours à Sir Allan MeNab et à ses collègues,
Après ce vote, MM. Spence et Morrison offrirent leur démission ; 1ls alléguèrent que, se trouvant en minorité, par l'abandon de leurs anis rélormistes, ils ne pouvaient être plus long:temps membres d'un cabinet de coalition. Leur démarche porta M. John-A. McDonald à suivre le même exemple. Il se déclara toutefois opposé au système de la double majorité. Bien que ce e füt insoutenable en théorie, cependant,
l'administration ne pouvait continuer longtemps à gouverner le Haut-Canada par des n:ajorités prises dans l’autre province, Le vote sur la question de la capitale avait affaibli l’'administration, et comme de semblables votes pouvaient se répéter, il ne crut pas convenable de continuer à siéger dans le cabinet. M. Cayley partagen aussi l'avis de M. McDonald.
Sir Allan McNab ne considéra pas ce vote comme affectant l'existence du ministère ; il
Powell, Rankin, Rolph, Sanborn, Scatcherd, Sidney Smith, James Smith, Southwick, Valois, Wilson, Wright—47.
Contre :—MM. Alleyn, Bellingham, Bowes, Brodeur, Burton, Cartier, Casault, Cauchon, Cayley, Chabot, Chapais. Chisholm, Church, Clarke, Conger, Crawford, Crysler, Daly, J.-B. Daoust, Desaulniers, Dionncs, Dostaler, Drummond, Dufresne, Evanturel, Felton, Ferres, T. Fortier, O.-C. Fortier, Fournier, Gamble, Gill, Guévremont, Labelle, Laberge, Laporte, Larwill, LeBoutillier, Lemieux, Lumsden, MacBeth, John-A, McDonald, McCann, Marchildon, Meagher, Mongenais, J.-C. Morrison, A. Morrisson, O’Farrell, Polette, Poulin, Pouliot, Powell, Price, Rhodes, Robinson, Roblin, Ress, Shaw, Henry Smith, Somerville, Spence, Stevenson, Supple, Taché, Terrill, Thibaudeau, Furcotte, Withney, \'eilding—70.
insista, auprès de ses collègues, pour persister à diriger les affaires publiques, tant qu'ils seraient soutenus par une majorité parlementaire, Il soutint qu'il n’y avait qu'un seul parlement pour gouverner la province, et tant que les ministres feraient triompher leurs mesures, ils ne devaient pas abandonner leur poste Ses raisons ne prévalurent point parmi ses collèaues. KNir Allan ne voulut pas être un embarras dans ln composition d'un autre ministère, car il ne se sentait pas capable de remplacer ses collègues, qui persistaient à se retirer du cabinet, D'un autre côté, la section du ministère pour le Bas- Canada, loin d’avoir perdu la confiance des membres, avait vu augmenter le nombre de ses partisans. De fait, sur les quorante-trois membres du Bas-Canada qui avaient voté, quatorze seulement appartenaient à l'opposition. En présence d’un tel fait, il était diflicile pour le colonel Taché de consentir à une dissolution du ministère.
Les ministres donnèrent à la fin tous leur démission ; ceux du Bas-Canada ne le firent que pour la forme. Le gouverneur manda alors le colonel Taché, et le chargea de reconstituer le ministère; ille considérait comme le chef du parti le plus nombreux. L'administration McNab- Taché ayant possédé collectivement la confiance de la chambre, il convenait, dans un tel cas, de former un nouveau ministère avec le concours des chefs du même parti. Tous les ministres, à part Sir Allan, avaient recommandé M. Taché auprès de Son Excellence pour être premier ministre.
. Les principes du nouveau chef, sa lonoue
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expérience des aflaires publiques, son caractère distingué, sa position sociale Le rendaient apte à remplir ce haut poste de confiance ; il y était parvenu par ses talents et son propre mérite, MM. Cartier, Cauchon et Lemieux, membres du ninistère MeNab, consentirent à faire partie du nouveau cabinet ; mais M. Drummond refusa, parce qu'il désirait conserver sa qualité de chef ministériel dans l'assemblée législative, M.Taché ayant choisi M. John-A. McDonald pour son collègue et pour le chef du ministère dans la section ouest de la province, M. McDonald devait tout naturellement avoir la préséance sur M.
Drummond. À la prière de M. McDonald, MM.
Spence, Cayley et Morrison, ex-ministres, entrèrent dans la nouvelle administration, et M. Vankoughnet, conservateur modéré, remplaça M.
MeNab. M. Terrill représenta dans le cabinet le parti anglais du Bas-Canada. Formé le 24 mai 1856, le ministère Taché-McDonald se trouva composé comme suit :
BaAs-CANADA.
Hon. MM. E.-P. Taché, président du conseil législatif,
G.-E, Cartier, procureur-général, B.-C.,
Joseph Cauchon, commissaire des terres,
F, Lemieux, commissaire des travaux publics,
T.-L. Terrill, secrétaire-provincial.
HAUT-CANADA
Hon. MM. J.-A. McDonald, procureur-général, H.-C.
Hon. MM. Wim. Cayley, inspecteur-général, R. Spence, maitre-cénéral des postes, fe P.-M. Vankonghnet, président du conseil exécutif et ministre d'agriculture.
L Joseph-C. Morrison, receveur-général.
Le ministere Taché-McDonald, n'était qu'une continuation de l'administration MceNab-Taché. [ se composait de huit membres de cette dernière et de deux nouveaux, MM. Vankougnet et Terrill, en remplacement de Nir Allan MeNab ct de M. Drummond. Bien que les principes politiques du nouveau cabinet fussent les mêmes, tous les ministres convinrent qu'ils entraient dans l'administration comme un seul et nouveau parti, et non comme ministère de coalition ; cette désignation n'avait plus sa raison d'être. Les principes qui avaient divisé les libéraux et les conservateurs modérés, comme le remarqua M. McDonald, n'avaient plus d'actualité:
rien ne s'opposait à ce qu’ils s'unissent pour former un parti compacte, modéré, opposé d’un côté aux tentatives réactionnaires, de l’autre, aux principes républicains. Le projet de loi de la police provinciale fut seul mis de côté; toutes les autres mesures ministérielles devaient être continuées. M. Vankoughnet consentit à se joindre au cabinet à ces conditions. C'était un jeune conservateur, avocat d’une grande renommée, mais sans expérience politique. M. Terrill n’était connu que pour avoir signé lemanifeste annexionniste de 1849.
Ces deux ministres étaient inférieurs, sous le rapport des connaissances et de l’habileté, aux
homi publ comn la loi font influe été le il s'ét.
peu & Haut:
somm laque mal le que 1 lui, e:
teur.
Sym pe politic leurs reçut, verser longu, Propos Turco leurs Galt e niers aveu étant la ma posé, vital, L’ac
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snéral.
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sous le té, aux
1856] SIR EDMUND HEAD. 293 hommes qu'ils remplaçaient. Dans sa carrière publique, M. Drummond avait montré, surtout comme législateur, des talents de premier ordre : la loi seigneuriale et l'acte des municipalités en font foi. Sir Allan MeNab avait apporte une influence considérable an cabinet dont il avait été le chef. Contrairement à sa conduite passée, il s'était montré libéral et conciliant. Il se déclara peu satisfait de la conduite que ses collègues du Haut-Canada avaient tenue à son égard, et il les somma d'indiquer une seule mesure libérale à laquelle il s'était opposé. On récompensa bien mal les services du noble chevalier ; il est évident que M. John-A. McDonald voulut se défaire de lui, et prendre la direction du parti conservateur. Les libéraux montrèrent les plus vives sympathies à Nir Allan, l’érigèrent en martyr nolitique, et s’empressèrent de l’accueillir dans leurs rangs avec M. Drummond. Le ministère reçut, par leur retraite un choc qui faillit le renverser à son lébut.
Les explications sur la crise ministérielle furent longues, et les ministres défendirent leur cause avec habileté. Nuivit un vote de non-confiance, proposé par MM. A.-A. Dorion. MM. Chabot, Turcotte et Alleyn appuyèrent le ministère de leurs paroles et de leur vote, tandis que MM. Galt et Loranger dénoncèrent fortement les derniers arrangements. Ce dernier se prononça en faveur du système de la double majorité, comme (tant la protection des deux provinces ; il censura la manière dont le ministère avait été recomposé, et déclara qu’on avait violé ce principe vital,
L'administration Taché-McDonald se trouvait,
en effet, dans le Haut-Canada, avec une minorité plus grande ; trente-six députés de cette province votèrent en faveur de la motion de non-confiance. Puisque les membres du ministère McNab avaient donné leur démission sur le pricipe de la double majorité, c’est-à-dire qu'après avoir perdu la confiance de la majorité des députés Haut-Canadiens, ils avaient laissé le cabinet, ils commettaient une grave faute en réorganisant le ministère avec les mêmes éléments, moins Nir Allan MceNab remplacé par M. Vankoughnet.
Ce fut en conformité de la double majorité, que M. Baldwin et plus tard M. Hincks donnèrent leur démission, et que les ministères qui leur succédèrent, s’orga:.isèrent de manière à commander une majorité dans chaque section de la province. On pouvait bien soutenir en théorie, que l’union des deux Canadas n'ayant fait qu'une seule province, une majorité collec tive doit là gouverner ; mais ce principe n'était pas soutenable en pratique.
Le nouveau ministère inaugura péniblement son existence. Il ne voulut pas s’avouer vaincu, avant d'avoir sabi les dernières épreuves ; il brava donc les difficultés de la circonstance. Il se composait heureusement d'hommes énergiques et habiles. L'opposition, surtout celle du Haut-Canada, était aussi puissante, et se composait de plusieurs hommes intelligents et capables. Des membres tels que Sir Allan MeNa, MM. Merritt, Rolph, Brown, Mackensie, John N. McDonald, Galt, Dorion, Holton et Young, étaient pour la plupart des adversaires redoutables. Cependant, cette minorité, bien que forte par le nombre, ne constituait pas une force
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compacte. Plusieurs d’entre eux différaient, en effet, d'opinion sur les questions de la représentation, des écoles séparées et sur la constitution même. Ils ne s’accordaient que sur un point unique, la chûte du ministère. C’est pour cela que plusiers députés, sans approuver le cabinet dans tous ses actes, lui donnèrent de nouveau leur concours. Un dernier vote de non-confiance lui montra vingt-deux voix de majorité, et cette majcrité fut obtenue dans les deux provinces.
Le ministère Taché-McDonald put alors terminer la législation du cabinet précédent : les octrois accordés au Grand Tronc et au chemin de Québec au lac Huron, et un projet de loi relatif aux corporations religieuses. Ce dernier, préparé par M. Drummond, reçut une forte opposition de plusieurs membres catholiques.
Lorsque son auteur voulut ajouter des clauses qui restreignaient aux corporations religieuses le droit de posséder et de recevoir, ces restrictions injustes soulevèrent une protestation presque générale de la part des catholiques. Le projet de loi fut heureusement perdu dans le conseil législatif.
La majorité des conseillers législatifs refusa encore de voter le bi! des subsides, à moins que l'on ne retranchât l’item qui accordait $200,000 destiné à l'érection des édifices parlementaires à Québec. Les adversaires alléguèrent qu'ils n'avaient pas été consultés sur la permanence du siége du gouvernement ; ils réussirent dans leur opposition, parce que plusieurs conseillers du Bas-Canada n'étaient pas à leur poste, et qu'ils refusèrent de s’y rendre, à la pressante sollication des ministres. Le conseil tenait par là, une conduite peu parlementaire. Il faut de
plus considérer, qu’il s'était prononcé en faveur d'une capitale fixe, et que le choix de la capitale appartenait de droit à la prérogative royale. Le conseil commettait une dernière injustice, avant que l'élément électif fût introduit dans son sein.
Pendant la vacance, la lutte se continua entre les partis politiques. Les chefs c'ear-grits convoquèrent, à Toronto, une assemblée de leurs partisans, afin d'organiser leurs forces. Ils y discutèrent la question de la représentation d’après le nombre ; c'était leur sujet de prédilection. Les journaux de l'opposition discutèrent l’indépendance des membres de la législature ; ils demandèrent encore la dissolution du parlement et des élections générales. Le gouvernement s'y opposa ; 1l vit "des éléments de popularité suflisante dans la réélection des nouveaux ministres, dans les démonstrations publiques faites à plusieurs membres du cabinet, et dans l'élection des conseillers législatifs. Il résolut donc de rencontrer les chambres avec ses propres forces.
La lutte fut vive lors de l'élection des douze premiers conseillers législatifs (!). Le ministère
(1) Les douzes conseillers législatifs élus en 1856 étaient : Hon. M. P.de Salle Laterrière. Laurentides.
‘ E.-H.-J. Duchesnay . . Lauzon.
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Chabot, J.-C. Taché et Poulin.
Les nouveaux membres élus dep Benjamin, Simard, Baby et Chaf
‘ L.-A. Dessaulles. . Rougemont.
‘ Ed, Masson . Mille-Isles.
‘ Louis Renaud. . Salaberry.
‘ Hollis Smith. j . Wellington.
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‘ E. Murney. . Trent.
‘John Simpson . Queen's.
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1857] SIR EDMUND HEAD. 297 remporta cependant Ja victoire. MM. Vankoughnet, ministre de l’agriculture, LaTerrière, Renaud et Duchesnay comptaient parmi les conseillers ministériels, et MM. Dessaulles, H. Smith et Murney, parmi les oppositionnistes. La principale victoire des démocrates fut l'élection de M. Dessaulles, reconnu comme homme de talents et comme possédant les idées extrêmes des démocrates.
La session de 1857 fut ouverte le 26 février. La codification des lois, l'administration de la
justice, la réforme des prisons, l’organisation du
service civil et la colonisation furent les principales questions sur lesquelles Sir Edmund Head attira l’attent'on des chambres dans le discours d'ouverture.
L'adresse en réponse au discours officiel fut votée presque sans discussion. La nomination de M. le juge Draper, chargé d'aller soutenir en Angleterre la demande d'une annexion du territoire de la Baie d'Hudson au Canada, fournit à M. A.-A. Dorion l'occasion de proposer un vote de censure contre le ministère. M. Dorion bläma ce dernier d’avoir envoyé un agent sans consulter le parlement, et d’avoir choisi, pour remplir une mission politique, un juge que l’on avait enlevé à ses fonctions. MM. C'ameron et Wilson parlèrent également contre la mission du juge Draper. M. %e procureur-cénéral McDonald, MM. Spence et Loranger justilièrent la conduite du gouvernement, et dirent que la question de la Baie d'Hudson était d'une telle importance, qu'ils avaient cru devoir choisir l'homme le plus compétent pour défendre les intérêts du Canada en Angleterre. L'amendement de M. Dorion ne
réunit que trente voix sur quatre-vingt-deux. Deux autres amendements, proposés par M. Ma:kenzie, furent repoussés à de plus fortes majorités.
Les ministres s'empressèrent de présenter les mesures énumérées dans le discours du trône.
Celle qui améliorait l’organisation du service civil était l’œuvre de M. Spence, maïître-général des postes. Klle établissait, dans chaque département, un député-ministre permanent, qui avait la surveillance des autres employés, divisait eux-ci en quatre classes, fixait le salaire des officiers et des clercs, et instituait un bureau d’examinateurs pour les aspirants aux emplois publics. Cette mesure établissait une réforme importante et fut bien accueillie par les chambres.
Le projet de loi ministériel, ordonnant la codi fication des lois civiles du Bas-Canada, fut un des actes législatifs les plus importants exécutés sous l'Union. Il était l'œuvre de M. Cartier. Le Bas-Canada avait subi une révolution légale par l'abolition du système seigneurial. Le moment était donc favorable de démêler les lois du pays, et d'entreprendre la codification des lois civiles et des lois de procédure. Ce travail devait être exécuté par trois commissaires, aidé de deux secrétaires. Il s'agissait de classer et de coordonner les lois en force, mentionner à chaque article l'autorité sur laquelle les commissaires s’appuieraient. Le travail des codificateurs devait être soumis aux juges, et ensuite au gouvernement, qui en ferait une mesure publique.
La nécessité de la codification se faisait gravement sentir, comme le remarqua M. Cartier parce que le Bas-Canada est peuplé d'hommes
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aux origines différentes. La connaissance du droit civil ne pouvait étre mis à la portée de tous que par le moyen de la codification ; de pius, les sources d'où sont tirées ces lois sont si variées, que leur connaissance exige de grandes recherches. Une partie de ces lois a été empruntée ou droit romain ou prise de la Coutume de Paris, les autres sont consignées dans les édits et ordonnances et dans les statuts provinciaux. La codification remédierait donc à ces graves inconvénients.
MM. Drummond et A.-A. Dorion auraient voulu assimiler les lois des deux sections de la province, qui se touchent déjà de si près, de manière à ne faire qu'un seul code de loi pour le Haut et le Bas-Canada (Cette assimilation leur paraissait nécessaire dans la prévision d’une confédération des provinces britanniques. M.
Cartier leur répondit qu'on devait d’abord commencer par la codification des lois, que le Bas- Canada demandait impérieusemeht. Après ce travail, il serait temps d'accomplir plus tard l'assimilation des lois, lorsque les provinces seraient réunies.
Le projet ministériel fut très-bien accueilli dans les deux chambres, et passa dans toutes ses phases sans aucune opposition. Le gouvernement fit un choix judicieux dans le personnel des commissaires, MM. les juges Morin, Day et Caron. (1) Ils étaient des hommes du plus grand
(1) Sir Louis-H. La Fontaine refusa, pour des raisons de santé, de faire partie de la commission. MM. J.-U. Beaucry et T.-K. Ramsay furent nommés secrétaires ; ils connaissaient bien tous deux les deux langues. En 1862, M. Ramsay ayant été démis pour des raisons politiques, il fut remplacé par M. McCord.
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talent, et se distinguaient surtout par leurs connaissances légales. Les commissaires commencèrent leurs travaux en 1859, et les terminèrent en 1864. La loi qui mettait le code civil en force fut passée l’année suivante.
Le gouvernement travaillait dans le même temps à la révision des statuts provinciaux ; il avait nommé, en 1856, six commissaires pour accomplir ce beau travail dans chaque section de la province. Nous en parlerons plus tard.
M. Cartier prépara et fit adopter par la lécislature une autre loi qui imtroduisait les lois françaises dans les Cantons de l'Est, et qui rendait la tenure des terres uniforme. Les lois de cette partie de la province n'étaient pas définies; jusqu’à cette époque les juges avaient tantôt appliqué la loi anglaise, tantôt la loi française. Cette mesure faisait disparaître non-seulement une grave difficulté de législation, mais enlevait un obstacle au progrès de la population des cantons. Cet inconvénient avait empêché beaucoup de Franco- Canadiens de s'établir dans cet endroit. Les lois civiles furent dès lors uniformes dans tout le Bas-Canada.
L'acte de la décentralisation judiciaire est encore une œuvre qui a mérité à son auteur, M. Cartier, la reconnaissance de ses concitoyens. Cette mesure amendait les actes de judicature, préparé en 1849, par M. LaFontaine, et divisait le Bas-Canada en dix-neuf districts judiciaires dont douze’étaient nouveaux. Elle pourvoyait à l'érection de cours de justice et de prisons dans les nouveaux districts, portait à dix-huit le nombre des juges de la cour supérieure, et à cinq
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celui des jnges de la cour d'appel (1). Ii fixait le nombre de termes de la cour d'appel à quatre dans Québec et quatre dans Montréal (2). Les
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toute session du banc de la reine siégeant comme cour criminelle, excepté à Québec et à Montréal. La loi faisait aussi des changements dans la procédure suivie dans les cours de justice. Elle fixait à douze ceut cinquante louis le salaire des juges en chef, à mille louis, celui des juges puisnés des disiricts de Québec et de Montréal, +t à sept et huit cents louis celui des juges des autres districts.
Tous les membres approuvèrent le principe de ia mesure ; tous sentaient les inconvénients de la centralisation de la justice dans les grands centres. Cependant, plusieurs n'upprouvèrent as certains détails, le choix de quelques chefseux fut surtout censuré. D’autres membres auraient préféré ne pas introduire dans le projet de loi les parties qui touchaient à la procédure.
Le principe de la décentralisation judiciaire reçut l'approbation générale ; car l'augmentation de la population et des affaires nécessitait alors un plus grand nombre de cours. Cette œuvre mit la justice à la portée de tout le monde. Efe
(1) Voici le nom des dix-neuf districts : Outaouais, Montréal, Terrebonne, Toliette, Richelieu, Trois-Rivières, Québec, Saguenay, Gaspé, Rimouski, Kamouraska, Montmagny, Beauce, Arthabaska, Saint-François, Bedford, Saint-Hyacinthe, Iberville et Beauharnois.
(2) Le 28 novembre 1857, le gouvernement fit les nominations suivantes de juges de la cour supérieure. MM. Hippolyte Guy, Wm. Power, Jean-C. Bruneau, Wm-K. McCord, J.-S. McCord, Jos-André Taschereau et David Roy.
Les autres juges du Bas-Canada, étaient : Sir Louis-H. LaFontaine, MM. Bowen, Caron, Duval, Aylwin, Smith, C. Mondelet, Chabot, Badgley, Meredith, Short, Morin, Day et Dom. Mondelet.
exigea de M. Cartier un immense travail pour la rédaction des actes, l’organisation et la mise en opération du nouveau système. Il lui fallut une grande énergie pour exécuter cette tâche et résister aux plaintes et aux réclamations €: ‘ “tes sortes. Cette œuvre et celle de la cou:.cation sont certainement un des plus beaux titres que M. Cartier s’est acquis à la reconnaissance de ses concitoyens.
Le solliciteur-général Smith soumit à la législature une mesure très-libérale, pour assurer l'indépendance du parlement. Elle rappelait l'acte passé, en 1843, sous le ministère LaFontaine- Baldwin, rendait les juges, les shérifs, les officiers de la douane et quelques autres employés publics inhabiles à voter à l'élection des membres du parlement. Elle empêchait d’être élues députés des deux chambres toutes personnes occupant une charge ou ayant un emploi lucratif à la nomination de la couronne, et celles qui tenaient un contrat avec le gouvernement. Le projet de loi exemptait cependant les officiers de la milice et les membres engagés à la codification des lois et à la révision. des statuts. Le système d’employer les députés à des occupations administratives était devenu un grand abus. Le ministère établissait donc une belle réforme, en ne laissant entrer dans le parlement que des personnes entièrement indépendantes de l'exécutif. Aussi l'acte reçut-il l'approbation générale des deux chambres.
Divers actes, préparés par le procureur-général McDonald, modifiaient les lois concernant l’administration de la justice dans le Haut-Canada. Une autre loi rappelait l’acte qui établissait le
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libre commerce des banques. Une dernière exigeait que les comptes publics fussent rendus au gouvernement en dollars et centins. Les banques introduisirent aussi le système décimal dans leurs bureaux ; il en fut de même dans les hautes maisons de commerce. Ce système est certainement le plus clair et le plus facile pour l'intelligence des chiffres.
Une autre excellente mesure du ministère Taché-McDonald établissait deux prisons de réforme destinées aux jeunes délinquants, l’une dans le Haut, l’autre dans le Bas-Canada. Cette excellente loi pourvoyait encore à une administration meilleure des prisons, des hôpitaux et des asiles publics, et les plaçait sous la surveillance d’un bureau de cinq inspecteurs nommés par le vouvernement (1).
On établit, en 1858, une école de réforme à l'ile aux Noix ; on la transporta quelques années plus tard à Saint-Vincent de Paul, près de Montréal. Le gouvernement établit aussi une semblable institution dans le Haut-Canada. Depuis cette époque, les jeunes délinquants ont été séparés des criminels roués dans le crime. On entretenait encore, à grands frais, plusieurs asiles des aliénés. Il y en a actuellement trois dans le Haut-Canada, ceux de Toronto, de Malden et de Rockwood. Le Bas-Canada en possède deux, celui de Saint-Jean, établi en 1861, et celui de Beauport. Ce dernier, fondé en 1845, par MM. les docteurs Frémont, Morrin et Douglass, est considéré comme le plus bel établissement de ce
(1) Le 2 décembre 1859, MM. W. Nelson, J.-C. Taché, D.-A. MacDonell, John Langton et E.-A. Meredith furent nommés inspecteurs en vertu de cet acte.
genre en Amérique. Le pénitencier provincial de Kingston est un autre vaste établissement qui peut soutenir la concurrence avec toute institution semblable.
L'acte relatif aux sociétés d'agriculture de 1852 fut rappelé et remplacé par un autre, que prépara M. Vankoughnet. Ce dernier resta en force jusqu'en 1869 ; il fut remplacé alors par l'acte de a province de Québec concernant le département de l’agriculture et des travaux publics. Une dernière mesure ministérielle encourageait la civilisation graduelle des tribus sa:rages du Canada.
Une somme de $110,000 fut votée pour l'entretien de la milice volontaire, $100,000 pour la colonisation, $160,000 comme somme additionnelle pour les écoles communes. Le montant accordé aux hôpitaux et aux institutions de charité fut porté à $175,000. La jolie somme de $918,000 fut allouée pour la réparation des canaux, des phares sur le Naint-Laurent, etc. : les améliorations sur l'Outaouais comptèrent pour la somme de $212,000. Le gouvernement porta à $200,000 l'allocation annuelle des vapeurs océaniques pendant cinq années, à la condition que le service füt fait une fois par semaine. On voulait par là donner de plus grandes facilités aux communications postales et commerciales entre le Canada et la métropole. Comme l'on avait été satisfait de l'efficacité du service de la ligne canadienne de MM. Edmonstone et Allan.
cette compagnie eut la préférence pour le contrat de la malle. Le gouvernement impérial avait déjà commencé à expédir par cette ligne les lettres qu'il envoyait auparavant au Canada par les lignes Cunard et Collins.
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