‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 45 sur 76 · OS RARE TERRES · texte numérisé non relu

OS RARE TERRES

310 SIR EDMUND HEAD. [1857 mettrait à la décision de la chambre ? Mai aujourd’hui elle vient avec un principe opposé, et elle en fait une que-tion ministérielle. Le rejet des subsides, par le conseil législatif, n’est pas une raison suffisante pour annuler Ja décision de la chambre, surtout lorsque plusieurs conseillers législatifs du Bas-Canada étaient absents lors du vote.”

M. Simard seconde la motion. Le souvernement, dans son opinion, devait prendre la même position que l’année précédente, c'est-à-dire, laisser la chambre libre de faire son choix. MM.

Evanturel, Dorion, Galt, Casault et Turcotte se montrèrent également opposés à ce que le choix de la capitale fût laissé à l'Angleterre, et votèrent contre le minisière. MM. Alleyn, député de Québec, Loranger, Chapais et Polette, défendirent, au contraire, les résolutions ministérielles : c'était suivant eux le seul moyen de régler cette question difficile. [’amendement de M. Thibacdeau ne réunit que quarante-quatre voix. Une autre motion fixant le siége à Montréal, et proposé par M. Loranger, obtint le concours de de trente-neuf députés. Les autres villes du Canada eurent encore moins de chances. Enfin, l'adresse à la reine, par laquelle on la priait de choisir la capitale, fut adoptée sur une division de soixante et un contre cinquante (7).

(1) Pour : MM. Aïlleyn, Bellingham, Benjamin, Bowes, Brodeur, procureur-général Cartier, Casault, Cauchon, Cayley, Chisholm, Clarke, Conger, Cook, Crysler, Daly, [.-B. Daoust, Dionne, Dostaler, Dufresne, Egan, Fellowes, Felton, Ferres, Thos. Fortier, Fournier, Gill, Guévremont, Labelle, Laporte, Larwill, Le Boutillier, Lemieux, Loranger, Lumsden, Macbeth, procureur-général McDonald, McCann, Masson, Matheson, Meagher, Mongenais, J.C. Morrisson, A. Morrison, Polette, Powell, Price, Rankin,

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Comme on devait s'y attendre, en référant la question à la métropole, le Bas-Canada fut sacrifié. On n’accorda aucun égard à Québec, le principal port de mer du Canada, à la position fortifiée de cette ville, aux garanties de sûreté qu’elle présentait, à ses titres d’ancienne capitale, de ville historique et scientifique, surtout à sa position centrale dans le cas d’une confédération du Canada avec les provinces maritimes. On laissa également de côté Montréal, qui, par sa position centrale, par sa grande population, par ses riches monuments et par son immense commerce, avait aussi des droits à obtenir le siége du gouvernement. Ces deux grandes villes avaient encore l'avantage de posséder une population composée des deux origines.

La reine choisit Outaouais, ville naissante, isolée dans la forêt, pour être la capitale d’une province aussi importante que l'était alors le Canada. C'était certainement la dernière ville à laquelle l’on eût dù songer. Si un vote en faveur d'Outaouais eût été demandé, certainement que les quatre cinquièmes des députés auraient voté contre. La décision de la reine donna lieu à beaucoup de mécontentement et de murmures, et plusieurs députés durent regretter d’avoir soumis l'affaire à son tribunal.

Rhodes, Robinson, Roblin, solliciteur-général Ross, Shaw, sollic:teur-général Smith, Somerville, Southwick, Spence, Stevenson, Supple, Terrill, Witney et Yeïilding—61.

Contre : MM. Aiükins, Baby, Bell, Biggar, Bourassa, Brown, Bureau, Cameron, Chaffers, Chapais, Christie, Cook, Chas. Daoust, Darche, Delong, Desaulniers, DeWitt, J.-B.-E Dorion, A.-A, Dorion, Evanturel, Fergusson, Ferrie, Flint, Foley, O.-C. Fortier, Fraser, Freeman, Gamble, Gould, Hartman, Holton, Huot, Jobin, Laberge, R. MacDonald, Mackenzié, Marchildon, Mattice, Munro, O’Farrell, Papin, Patrick, Pouliot, Prévost, Sanborn, Simard, Thibaudeau, Turcotte, Valois et Wright—50.

312 STR EDMUND HEAD. [1857 185" 1 On peut affirmer que si Québec ne devint pas intre { la capitale, la faute doit retomber sur les mem- lui, bres du district de Québec, surtout sur les trois de ministres qui représentaient ce district, dans le pern cabinet. Si tous ces membres eussent montré droit pius d'énergie, le vote de la session précédente Etat: eût été maintenu. En 1843, M. LakKontaine inCo] obtint bien que le siège du gouvernement à MM. transféré de Kingston à Montréal, ct cela parce pu ] qu’il en fit une question ministérielle et que les du v GE députés du Bas-Canada ne se divisèrent pas. QUE FE Les ministres de cette province auraient du La F4 suivre le même exemple, et mettre pour condi- La L'aI tion leur retraite du cabinet, s'ils n’obtenaient M. B Hi pas justice pour la ville de leur choix. rem êli 1 La session de 1857 fut mémorable par le grand laires LE nombre de mesures utiles qu'elle vit passer. On ce bu pe peut féliciter le ministère Taché-McDonald des le su AL lois dont il dota le pays ; les mesures comme un c ne celles de la décentralisation judiciaire, de Ia privé codification des lois, de l’encouragement de jeu e l’agriculture, de l'indépendance des chambres, qui d

de la meilleure organisation des prisons et des refus

asiles, des améliorations publiques, sont plus celui

que suffisantes pour perpétuer le souvenir des droit:

auteurs de ces lois. Il faut dire à l'honneur des : Ui

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faire, comme à la session de 1856, une opposition color

factieuse aux mesures ministérielles, ils les M. 1

accueillirent presque toutes, et employèrent leurs réun

talents pour les faire passer. Ils tentèrent toute- posa

fois de faire adopter plusieurs de leurs mesures des €

favorites. les M. Mackenzie proposa la nomination d'un déjà

comité pour préparer un projet de loi qui devait NH llo

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introduire le vote au scrutin. C'était suivant lui, M. Dorion et quelques autres, le senl mode de mettre fin à la corruption électorale, et de permettre aux électeurs l'exercice libre de leur droit de suffrage ; ce système avait réussi aux Etats-Unis à faire disparaitre une partie des inconvénients qui accompagnent les élections. MM. Cartier et Cauchon ne voyaient pas qu'il put résulter beaucoup d'avantages de l’adoption du vote au scrutin. Ce système ne devait pas suivant eux mettre fin aux scènes de violence. La motion fut perdue.

La chambre décida, cependant, sur motion de M. Brown, de pourvoir à un système d’enregistrement des voteurs, aux élections parlementaires, et passa à la session de 1858 une loi dans ce but. M. Dorion se prononça clairement pour le suffrage universel. Il ne voyait pas pourquoi un commis, qui reçoit des gages élevés, serait privé du droit de voter, parce qu'il ne tient pas feu et lieu. Il appliqua la même règle aux fils qui demeurent chez leurs parents. M. Cartier refusa les arguments de M. Dorion, et dit que celui qui désirait être citoyen et en avoir les droits, devait en prendre les moyens.

Une motion de M. Mackenzie, condamnant le mode de voter en bloc l'argent octroyé pour la colonisation, fut aussi rejetée à une forte majorité. M. Felton voulut de son côté, faire fixer la réunion des chambres ; M. Sydney Smith proposa aussi, qu'il était expédient que les élections des conseillers législatifs se fissent de suite, dans les divisions électorales où elle n'avait pas eu déjà lieu, et de ne pas attendre le délai fixé par la loi de 1856. M. Cauchon, M. McDonald et

autres s’opposèrent à changer la loi avant de connaître quel serait le fonctionnement du conseil législatif tel qu'il venait d’être constitué ; il ne fallait pas faire et défaire les constitutions tous les ans ; de plus, on amenerait par là un conflit entre les deux chambres. Les membres de l'opposition, MM. Dorion, Foley et Brown reprochèrent aux ministres de s'opposer à une chose qu'ils avaient proposée par le projet ministériel de 1856. La motion de M. Smith fut rejetée sur une division de soixante-six contre quarante.

Un projet de loi, qui donnait une existence civile aux Sœurs de N. D. de Lorette, à Toronto, occasionna une chaleureuse discussion. Elle se termina par l’adoption d’une clause, en vertu de laquelle les sœurs ne pourraient posséder de propriétés foncières que pour leur usage et leur occupation. On vit avec chagrin plusieurs députés d’origine française faire cause commune avec les fanatiques du Haut-Canada, afin de limiter à ces bonnes sœurs le droit d'acquérir ; MM.

Papin, Turcotte et les deux MM. Dorion étaient du nombre.

Quelques députés mirent à nu leurs haines contre le catholicisme. M. Brown déclara qu'il était de la dernière imprudence d'établir dans la province des couvents et des monastères, et de leur laisser le pouvoir d'acquérir des immeubles ; ces institutions, disait-il, ne vont nullement au génie et aux mœurs du peuple du Haut-Canada.

M. W.-Lyon Mackenzie voulut restreindre l'action de l'Eglise catholique dans les limites les plus étroites possibles, comme une chose redoutable aux libertés populaires ; l’histoire, dit-il, prouve qu’elle est essentiellement intolérante.

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1857] SIR EDMUND HEAD. 315 Nous regrettons de voir M. Turcotte partager l'opinion de ceux qui croient, qu'il ne faut pas permettre aux sociétés religieuses d'acquérir des propriétés.

Pendant l’année 1857, eurent lieu des catastrophes terribles, qui ont laissé de si pénibles souvenirs dans le cœur des Canadiens, que nous avons cru devoir les raconter. Le 12 mars, un convoi de chemin de fer partait de Toronto pour Hamilton; arrivé au pont tournant, sur le canal Desjardins, le pont s'écroula et le convoi fut précipité dans l’eau à une hauteur considérable. Sur quatre-vingt-dix personnes qu’il renfermait, soixante-ix se noyèrent ou furent massacrés.

Au nombre des victimes se trouvaient M. SK.

Zimmermon, riche banquier, et le Rév. M.

Booker.

Le 26 juin, le bateau à vapeur Montréal, commandé par le capitaine Rudolph, partait de Québec avec 400 passagers, la plupart émigrés d Ecosse, Arrivé à la hauteur du Cap Rouge, je feu se déclara à son bord. Pendant qu’on faisait des efforts pour l’éteindre, le vaisseau continua toujours sa route ; mais tout fut inutile. Lorsque le Montréal fut dirigé à à terre, il était trop tard ; le feu avait déjà fait de trop g grand progrès. “ La confusion qui eut lieu, dit un jot urnal du temps, est plus facile à imaginer qu’à décrire. Les uns se tordaient dans le “désespoir, les autres, pour éviter les flammes, se précipitèrent à l’eau, où un grand nombre ont dû périr. Les chaloupes préparées par l'équipage, au premier moment de l'accident, n’offraient qu’une mésirable ressource, dont l'utilité était rendue inutile par le tumulte et la confusion.” Heureusement que le capitaine

| 316 RKIR EDMUND HEAD. [1857

Côté, du vapeur Napoléon vint au secours du | Montréal. Son courage personnel et le dévoue-

ment. de son équipage sauvèrent beaucoup de passagers. Le nombre des malheureux qui péri- AD} rent dans les flammes ou se noyèrent fut de 252, parmi eux se trouvaient quelques Canadiens (1).

(1) MM. James McLaren, Jules Bigaouette, Dme Dr Blanchet et M. S.-C. Philips, citoyen américain établi aux Trois-Rivières, étaient au nombre des noyés.

Un autre accident avait eu lieu en 1856 ; il fut causé par une Voyag explosion à bord du vapeur traversier du Grand Tronc à Longueuil, Tac Quarante personnes environ trouvèrent la mort dans ce sinistre, du 1

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