‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 46 sur 76 · MINISTÈRE MCDONALD-CARTIER, 1857.—MINIS- TÈRE BROWN-DORION · texte numérisé non relu

MINISTÈRE MCDONALD-CARTIER, 1857.—MINIS- TÈRE BROWN-DORION

Voyage de Sir Edmund Head en Angleterre. —KRetraite de, M. Taché, dissolution du ministère Taché-McDonald.—Formation du ministère McDonald-Cartier, refus de M, Dorion d'entrer dans le cabinet. —Observation sur le nouveau cabinet. — Elections gémérales de 1857-58, le ministère en minorité dans le Haut-Canada. — Triomphe de M. George Brown, et des cleargrits.—Ouverture le la session de 1858.—Débats sur l'adresse, amendements concernant le tarif, la représentation repartie d'après la population, etc. —Lois des élections amendées, enregistrement des voteurs. — Encouragement accordé aux pêcheries, détails sur cette industrie. —Modification des lois de judicature du Bas-Canada, refonte des lois du jury et des lois municipales du Haut-Canada, etc. —Tarif, allocations publiques, loi concernant l'intérêt. — Discussion sur la double majorité, — Le ministère McDonald-Cartier battu sur la question de la capitale.—Ministère Brown-Dorion. —$Sa

défaite, remarque sur les principes de sa politique.

Après la session de 1857, Sir Edmund Head parti pour un voyage de quatre mois en Angleterre. Pendant son absence, le général Eyre, commandant des forces, agit comme administrateur de la province. Peu après le retour du souverneur, les ministres avisèrent Son Excellence de dissoudre les chambres.

Le colonel Taché profita de cette occasion pour laisser la politique active. Il était fatigué de sa carrière administrative, qui avait duré dix années consécutives. Appelé, en 1848, à entrer dans le ministère LaFontaine, il avait fait partie de tous

les différents cabinets, ayant occupé successivement les portefeuilles de commissaire des travaux publics, de receveur-général, et en dernier lieu celui de commissaire des terres de la couronne, M. Taché comptait encore trois années de service dans l’armée régulière, lors de la guerre de 1812 ; il avait été aussi vingt mois adjudant-général de la milice. Après une carrière si bien remplie, il

avait le droit de retourner à la vie privée, pour

y chercher un refuge contre les ennuis de Ja politique.

En se retirant du cabinet, le colonel Taché emporta les regrets de ses collègues et des chefs de tous les partis. Nul homme ne s'était montré plus loyal, plus modéré, ni plus patriotique. I] continua à siéger au cons.il législatif jusqu'à sa mort. Dans une visite en Angleterre, en 1858, il fut créé chevalier, en reconnaissance des services qu'il avait rendus. Deux ans plus tard, Sir Etienne fut nommé aide-de-camp de Sa Majesté, avec le grade de colonel dans l’armée régulière, de concert avec Sir Allan MeNab. Il accompagna en cette qualité le Prince de Galles dans sa visite au Canada. Sir Etienne-P. Taché :'îtait pas encore rendu à la fin de sa carrière politique ; nous verrons plus tard le gouverneur l'appeler, dans une circonstance critique, à devenir une dernière fois le chef du cabinet.

Son ancien collègue, Sir Allan McNab fit en même temps ses adieux à la politique, pendant que son disciple, M. John-A. McDonald, parvenait au sommet du pouvoir. Cet hommé d'état, si diversement jugé, s'était constamment dévoué aux intérêts deson parti, le Family Compact. Y avait poussé la loyauté envers la métropole jusqu'au

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fanatisme, jusqu'à se permettre des actes repréhensibles. Comme nous l'avons vu précédemment, il finit par modérer ses opinions, par se soumettre aux progrès du temps et à Id volonté populaire. Il accepta la responsabilité ministérielle, dont il avait été le redoutable adversaire, et vota la sécularisation des réserves du clergé. On se rappelle qu’il était premier ministre, lorsque cette dernière question fut réglée. Déjà créé chevalier après les troubles de 1887-38, Sir Allan fut élevé à la dignité de baronet, En 1860, il fut élu conseiller législatif, et deux ans après les membres du conseil le choisirent pour leur président. La mort le surprit quelques mois après avoir été élevé à ce dernier poste. Nir Allan embrassa la religion catholique quelqnes jours avant de mourir.

Comme le colonel Taché était chef de l’administration, sa retraite amena naturellement la dissolution du cabinet. Le gouverneur s’adressa à M. John-A. McDonald, pour former une nouvelle administration. À sa demande, tous les ministres du Haut-Canada consentirent à garder leurs portefeuilles, de sorte qu'il n’y eut aucun chancement dans cette section de la province.

M. McDonald ne pouvait mieux faire que de s'adjoindre M. Cartier, le chef le plus influent, pour présider au choix des ministres du Bas- Canada. C’est ce qu'il fit. M. Cartier essaya d'amener une réconciliation entre les deux nuances politiques qui divisaient le Bas-Canada. Il offrit des portefeuilles à MM. Belleau et Sicotte, libéraux-modérés, également bien vus des deux partis. Âvec le consentement de M. Cartier, M. Kicotte fit des démarches auprès de M. À.-A.

Dorion, chef des démocrates, pour le faire consentir à accepter le portefeuille de secrétaireprovincial. M. Dorion déclina l'honneur ; il refusa un.compromis honorable afin de ne pas sacrifier ses principes ni ses opinions. Il fut forcé à cette conduite par des amis ambitieux. Il eut mieux fait de n’écouter que sa conscience, et d'accepter comme collècœues MM. Cartier et Sicotte, plutôt que d'opérer une union déplorable avec M. Brown, l'ennemi le plus acharné du Bas-Canada. M. Dorion subit les influences d'amis qui, de tout temps, ont fait tort à sa popularité. Il comptait trop sur certains libéraux, ‘partisans de la démocratie outrée, qui avaient prôné des principes en contradiction avec ceux de l'Eglise catholique. M. Dorion fit connaitre plus tard les raisons qui avaient dicté sa conduite. ‘‘ Je ne consentirai jamais, dit-il, dans son adresse aux électeurs de Montréal, pour l’honneur d’avoir un siége dans une administration quelconque, à sacrifier les opinions et les principes qui m'ont guidé jusqu'à présent, nl à me soumettre à l’humiliante nécessité de contredire mes votes, de reconnaitre que tout ce que j'ai précédemment blâämé était bien, que tout ce que j'ai approuvé était mauvais. Ni je le fesais, je serais indigne de votre confiance. Je me présente devant vous, ainsi que je le faisais en 1854. comme appartenant au parti libéral le plus avancé, celui qui a toujours proclamé les principes lez plus conciliants en fait d'union entre les citoyens des différentes origines, les plus larges en fait de liberté civile, politique et religieuse. ”

M. Dorion montrait une parfaite indépendance,

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une honnêteté peu commune et digne d’éloge.

Cependant, cette conduite lui fit tort, ainsi qu’à son parti; elle lui fit perdre l’occasion de monter au pouvoir, elle augmenta la séparation entre les partis. Les libéraux modérés se rallièrent au pouvoir, de sorte que le parti démocratique fut affaiblit de cette désertion, au point que les électeurs refusèrent d’élire plusieurs membres influents et capables. -

M. Loranger fut nommé secrétaire provincial, et M. Alleyn représenta dans le cabinet la race anglo-saxonne du Bas-Canada. Le ministère McDonald-Cartier, formé le 26 novembre 1857, se composait des noms suivants :

HAUT-CANADA

Hon. MM. J.-A. McDonald, premier ministre, procureur-général, H. C.

Wm. Cayley, inspect.-général des comptes,

# P-M. Vankoughnet, président du conseil exécutif,

Robert Spence, maitre-général des postes,

J.-C. Morrison, recevour-général.

Bas-CANADA.

Hon. MM. G..-E. Cartier, procureur-général, B. C. “ Louis-V. Sicotte, commissaires des terres, # N.-F. Belleau, président du conseil législatif, “°C. Alleyn, commissaire des travaux publics,

T.-J.-J. Loranger, secrétaire provincial.

M. John Rose, député du plus grand talent, remplaçca M. Dunbar Ross comme solliciteur-

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général du Bas-Canada, et M. Sidney Smith continua à occuper le même poste, pour le Haut- Canada. Les deux solliciteurs-généraux n’eurent pas de siége dans le cabinet.

Des membres bas-canadiens du précédent cabinet, il n’y eut que M. Cartier qui entra dans le nouveau ministère. MM. Taché et Lemieux se retirèrent lors de la dissolution ; M. Terrill avait donné sx démission un peu auparevant, et M.

Cauchon avait remis son portefeuille au milieu de la session de 1857.

L'avénement du nouveau cabinet fut très-bien accueilli. Les ministres offraient des garanties suffisantes de popularité; ils possédaient les éléments conservateurs de l’ordre et de la liberté. Ils appartenaient au parti libéral-conservateur, étaient les héritiers de la politique des administretions précédentes. Ce parti possédait le pouvoir depuis 1854, et avait doté la province des mesures les plus libérales et les plus populaires. Les membres du ministère McDonald-Cartier s’engageait à continuer la même ligne de conduite que leurs devanciers, tout en s’éloignant des principes démocratiques.

De ce moment, s’opéra une union intime entre M. Cartier et M. J.-A. McDonald: c'était une seconde alliance LaFontaine-Baldwin. Tous deux avaient les qualités du véritable homme d'état, et étaient des chefs populaires dans leur province respective. Une longue et brillante carrière, comme chefs de plusieurs administrations, allait maintenant s'ouvrir devant ces deux hommes, dignes l’un de l’autre. M. Cartier se faisait surtout remarquer comme homme d'action et d'énergie; les difficultés ne ralentissaient jamais son cou-

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rage. Formé à l’école de M. Draper, M. McDonald avait le tact de l’habilité de ce chef illustre ; ses connaissances administratives et constitutionnelles étaient profondes, son expérience parlementaire était grande. Depuis son alliance avec les libéraux-conservateurs du Bas-Canada, il leur garda la plus grande fidélité. Lorsque l’on verra le Haut-Canada réclamer plus tard une représentation plus forte, il s’opposera à cet esprit de domination, et restera ferme dans ses convictions politiques, avec un petit nombre de partisans de l'égalité représentative.

M. Cartier avait été heureux dans le choix de ses collègues. Le nouveau président du conseil législatif, M. N.-F. Delleau, possédait des principes modérés, et était respecté de tous les partis. La ville de Québec l'avait choisi quelques années auparavant pour son premier magistrat. Entré en chambre en 1851, M. Kicotte s'était bien vite acquis la réputation d'homme habile, impartial et modéré. Ses qualités et ses talents lui avaient valu la présidence de l'assemblée législative, sous le cinquième parlement. M. Loranger était un orateur remarquable, avait la parole facile, des idées nobles et patriotiques.

Après avoir organisé le nouveau cabinet Sir Edmund Head ordonna, le 28 novembre 18517, la dissolution des chambres, et les élections générales se firent aux mois de décembre et de janvier suivants.

Les élections du Bas-Canada révélèrent l’estime et la confiance qu’on avait dans les membres de la nouvelle administration, et dans les partisans de la politique ministérielle. On repoussa les candidats démocrates ou libéraux, MM. Papin,

Holton, Doutre, Plamondon, C. Daoust, Fournier, Letellier et J.-B.-E. Dorion. Le parti démocratique, après avoir,en 1854, emporté une quinzaine de comtés, se vit réduit à M.A.-A. Dorion,son chef, à MM. Laberge, Bureau et trois ou quatre autres, au nombre desquels était M. Laframboise, nouveau député. L'alliance des démocrates avec le fanatique Grecrge Brown, leurs votes sur les écoles mixtes et sur les corporations religieuses, avalent été la cause de leur défaite. En faisant triompher les candidats libéraux-conservateurs, les électeurs voulaient encore résister à l'élément cleargrit Au IHaut-Canada, qui désirait leur abaissement. Le suffrage populaire portait encore sur la scène politique plusieurs nouveaux députés de talents remarquables : c’étaient MM. Langevin, McGee, Dunkin, Ouimet, LS. Morin, Rose, Starnes, Pope, Laframboise, Tassé et L. Archambault.

Dans le Haut-Canada la lutte fut très-vive, et bien que les partis réclamassent chacun la victoire, le ministère se trouva de fait en minorité de quelques voix. Trois membres du cabinet, MM. Cayley, Spence et Morrison, succombèrent dans la lutte, tandis que l’agitateur Brown triomphait dans deux divisions électorales, dont l’une était Toronto même, et faisait élire une vingtaine de ses adhérents dévoués. Parmi les autres membres d' l'opposition étaient quelques conservateurs outrés et les libéraux mécontents du ministère. tels que M. J.-S. McDonald, Merritt, etc.

Le résultat des élections fut donc de réduire à un nombre restreint l'opposition du Bas-

arnier, mocrahzaine n chef, autres, 2, nouavec le sur les ieuses, faisant ateurs, lément r abaïisore sur Léputés . Lan- Morin, e et L.

rive, et la vicinorité abinet, bèrent Brown s, dont ire une rmi les 1elques ontents Donald,

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Canada, et de faire surgir dans le Haut-Canada une majorité hostile à l’administraticn. (1)

Les cleargrits ou libéraux ne remportèrent d'aussi grands succès que parce qu'ils s'armèrent du programme des écoles mixtes, de la représentation basée sur la population, et qu'on sut exploiter les haines et les préjugés des masses contre le catholicisme. On étouffa tout sentiment d'animosité, pour s'unir contre le Bas-Canada. Ce fut une véritable lutte du protestantisme contre le catholicisme, et le fanatisme fut porté à son comble. La campagne de la représentation en rapport avec la population était commencée sérieusement, et M. Brown, qui la dirigeait, fut choisi le chef de l'opposition.

Au nombre des nouveaux députés du Haut- Canada, étaient MM. Buchanan, Carling, Mowat, Howland, Wallbridge et Hogan. On doit ajouter M. McDougall qui fut élu peu de temps après.

(1) Liste des députés élus pour le 6e parlement :

Argenteuil...................Sydney Bellingham. Bagot.,..,...,.,....,......, Maurice Laframboise, JOAUOË 0 eve sb dep fe see à . Dunbar Ross.

#eaubarnois.,,,.,.... ....... Gédéon Ouimet.

Bellechasse,,.,,,,,..,., 00540 Octave-C. Fortier. DérteR tuer ones Eugène-U,. Piché Bonaventure........ ÉHGUES .John Meagher.

Brant (Est)..,...........,,..David Christie.

rant (Ouest)...,... ..... +. Herbert Biggar.

Brockville,., one ps sosie . George Sherwood. Brome......., .........James-M, Ferres, Carleton....,..... sites A Wm.-F. Powell.

Chambly....,...,... ........ Louis Lucoste. Champlain ..…. do dé nove oies ...Joseph-Ed. Turcotte. Charlevoix....,.....,.,......Cléophe Cimon.

Chateauguay......,,.,., 42% Henry Starnes.

Chicoutimi et Saguenay.... ..David-Ed. Price. Compton,....,...............J0hn-Henry Pope,

La défaite des membres du cabinet fut un véritable échec et un embarras pour M. McDonald. Le premier ministre ne crut pas devoir s'adresser aux cleargrits, n1 donner sa démission. MM. Spence et Morrison ayant remis leurs portefeuilles, il choisit deux nouveaux collèvues dans le camp des libéraux modérés. M. Sidney Smith fut fait maître-général des postes, à la place de M. Spence, et M. John Ross remplaça M. Morrison comme receveur-général. M. Ross avait déjà été procureur - général, sous l'administration Hincks-Morin. Le ministère se trouva au complet par l'élection de M. Cayley, dans le comté de Renfrew.

Sir Edmund Head ox rit le sixième parlement à Toronto, le 25 février 1858, et pra l’assemblée législative de procéder à l'élection de son président. M. Henry Smith fut le seul candidat proposé à la présidence. Elu depuis 1841, 1l était

Cornwall Deux-Montagnes....

Dorchester .. ....]Jlector-L. Langevin.

Christopher Dunkin.

Dundas : James-Wm. Cook.

Durham (Est).... .......,..,Francis-H. Burton. Durham (Ouest).......... .... Henry Munro.

Elgin (Est)......., Leonidas Burwell.

Elgin (Ouest) ..... ....,..... George Macbeth. Essex....,.....,.....,.,......John MacLeod.

Frontenac......... Henry Smith. ET TT TT .....John LeBoutiller.

Glengarry TE RE CT Donald-A McDonald.

Grenville..,.... .... William Patrick, Grey....,..0e John Sheridan Hogan.

Haldimand ……. Wm.-Lyon Mackenzie .... ......John White.

Hamilton...... Isaac Buchanan.

Hasting (Noid).........,....George Benjamin.

Hasting (Sud).......,,.,...,, Lewis Wallbridge.

ut un McDodevoir ission.

portes dans Smith ace de Morri- It déjà ration |, comcomté

ement mblée présiat pro- ] était

un des plus anciens membres de la chambre, et avait l'expérience des affaires parlementaires. Dans son discours d'ouverture, le gouverneur recommanda à la considération des chambres l'assimilation des lois commerciales des deux Canadas, la modification des lois du jury, des lois municipales et électorales, des lois réglant l'intérêt, l'exploitation des pêcheries et lacolonisation. La discussion de l’adresse en réponse au discours du trône occupa les quinze premiers

jour de la session. M. Dorion proposa un':amen-

dement tendant à censurer le gouvernement de ne pas avoir recommandé le tarif à la considération des députés ; il voulait le rendre plus équitable et dans ce but, faire adopter les droits ad valorem. M. Dorion, de même que plusieurs membres de l’opposition, plaida en faveur du système des droits ad valorem, parce que le Bas- Canada le demandait. M. Cayley, l'inspecteur

Hochelaga....,...,,.,.... +. Jo8eph Laporte.

Huntingdon........ ......: R.-B. Somerville, Huron et Bruce ..... s.....John Holmes.

IDÉTPIIIE. espere QG étuss Charles Joseph Laberge.

Jacques-Cartier..,...... ......François-X. Tassé. Joliette,...,.,,,.......,.,.+J08eph-H, Jobin. Kamouraska,,,,.,.........,,Jean-Charles Chapais. Kent see ssssssse.sese 0e Archibald McKellar,

Kingston. ... suce, .….... L'hon. J.. A, McDonald, Lambton ......,... levis L'hon. Malcolm Cameron. Lanark (Nord)............... Robert Bell.

Lanark (Sud) .......,....,... Andr.w-W. Playfair. Laprairie. ... 6... L'h0n. T.-J.-J, Loranger. L'Assomption .eesee see es. LOUIS Archambault.

Laval,.,.,.., 50 ...... Pierre Labelle.

Lennox et Addington...,...., David Roblin. Leeds et Grenville (Nord)..... B.-R. Church.

Leeds (Sud)... Benjamin Teit, Lincoln... se... +... HOn. W.-H. Merritt.

L'Islet .. 000. 1°: . Louis-B. Caron.

828 SIR EDMUND HEAD. (1858 rs À us devt général répondit que déjà les deux tiers des arti- tout cles étaient soumis aux proportions de ce tarif ; dicn que le gouvernement voulait encore en aug- se ] menter le nombre et protéger les manufactures, déti sans nuire aux intérêts de la province ni dimi- M nuer le revenu. L’amendement de M. Dorion fut Si perdu par un vote de quarante contre soixante- PE dix-huit. a Au paragraphe concernant la franchise élec- NL torale et les élections contestées, M. Brown pro- né

posa d'ajouter, “ qu'il y avait une question plus déb: importante que toute autre, savoir, une représentation équitable du peuple dans le parlement, et que la chambre s'engageait à donner sa sériçuse P. attention à une mesure, qui établirait une repré-

En à repr sentation parlementaire basée sur la population, pi sans égard à la ligne de séparation entre le Haut pis à et le Bas-Canada. ”

par

Tous les membres du Bas-Canada se firent un

PT 0 | SPP TT Ne ...…..L'hon, Frs. Lemieux, London...,..,,..... Tr ,John Carling.

Lotbinière...,,,.,.......,...J)ohn O’Farrell. Maskinongé,.., .... ....... . Louis-H. Gauvrean, Mégantic...... ...,.,....... Noël Hébert. Middlesex (Est)........ ...... Marcus Talbot. Middlesex (Ouest)........... .John Scatcherd. Missisquoi.,.....,...........H.-H, Whitney.

Montcalm...,.,....,.,.....,,Joseph Dufresne.

Montmagny........,.........J08eph-0. Beaubien.

Montmorency................[L'hon. Joseph Cauchon Montréal (cité).........,.,,..Antoine.-A. Dorion.

LR PURES ....... John Rose.

Le ss... Thomas-D. McGee.

Napierville......,.,,.,....... Jacques-0. Bureau. Niagara..........,.......,...J0ohn Simpson. Quéi Nicolet...,.......,,...,.....J0seph Gaudet. Ren Norfolk........ ......... Walker Powell, Ric} Northumberland (Est)........John-R. C'arke. Ric!

Northumberland (Ouest)......Sidney Smith.

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devoir de voter contre cette motion injuste envers leurs constituants. La plupart des Haut-Canadiens se déclarèrent favorables à ce principe. Ils se plaignaient de n'avoir qu’un nombre de députés égal à celui du Bas-Canada, lorsqu'ils comptaient deux cent à trois cent mille âmes de plus, et qu’ils contribuaient pour une plus grande part au revenu public. Trente-deux députés votèrent pour la motion Brown. Plusieurs membres marquants donnèrent, cependant, un vote négatif parce que le temps n’était pas venu de débattre cette question ; M. John-H. Cameron. Buchanan et Malcolm Cameron, étaient du nombre de ces derniers.

Pendant plusieurs années, la question de la représentation repartie d’après la population divisera les partis politiques, en excitant la rivalité entre le Haut et le Bas-Canada. Soulevée d’abord par M. Papineau, jamais abandonnée depuis, bien

Ontario (Nord,....,........... Joseph Gould.

Ontario (Sud)........... .... Oliver Mowat.

Outaouais (cité)............. . Richard-Wm. Scott. Outaouais (comté)......,.,... . Denis-E. Papineau. Oxford (Nord) ....,,..,..,...George Brown.

Oxford (Sud).......,.... ... 5, Connor, PO sis eau de ct ......James-C. Aïkins PO ae brnicer derdicidus Thomas-M. Daly.

Peterborough............ .... Thomas Short.

Pontiac...,...... 50... Edmund Heath. POS, Tes ont: cos Joseph-E. Thibaudeau.

PROG de sv es Ep trer vues Henry-W, McCann.

Prince-Edouard...,....,.....W.-C, Dorland.

Québec (cité)........ .. ... L'hon. C. Alleyn.

Re, RTE EE ... G.-H, Simard.

sf ss... Hyppolyte Dubord. —

Québec (comté)........ .....Charles Panet, Renfrew...,,...,,.....,.,....John-L. MacDougall.

Richmond et Wolfe. 000 W.-B. Webb.

Richelieu...,,,.,....,,.......Jacques-F. Sincennes.

ue'faiblement soutenue, elle primera désormais dus les débats parlementaires, et répendra l’agitation au’ sein des chambres et dans le gouvernemènt le malaise et la faiblesse. La confédération seule devra mettre un terme à cet état de choses. M: John-S. McDonald proposa une motion censurant la manière dont le ministère avait administré les deniers publics par le passé. M. McDonald était d’avis que puisque le ministère se trouvait en minorité dans le Haut-Canada, le dévoir du premier ministre était de donner sa démission. Son amendement ne réunit que quarante Voix. M. Cauchon déclara qu'il n’avait pas confiance dans l’administration McDonald-Cartier ; il vota cependant pour l'adresse parce qu'elle contenait plusieurs choses importantes qu'il approuvait. M. Gralt se montra favorable à l'administration, au principe des droits ad valorem et à une confédération des provinces. M. Mail-

Rimouski,.,.......,.,........M, G. Baby.

Rouville........,,,,4:.. .... T.-E, Campbell, C. B. Russell,.........,,,...,.....G.-B.-L. Fellowes, Saint-Hyacinthe...,..,.,..... . L'hon. L.-V, Sicotte. Saint-Jean...,.......,.......François Bourassa. Saint-Maurice. ..,.,..........1L,-L,-L, Desaulniers. DROTOI, ss dse pos ect ,L’hon. L.-T., Drummond.

Sherbrooke.........,....,,..Alexander-T, Galt. Simcoe (Nord).......,......,Angus Morrison.

Simcoe (Sud).......,,......,7,-R, Ferguson.

Soulanges..,,..., .,.....,,,D -A. Coutlee.

Stanstead....,.. CRT RE ...H.B,. Terrill.

Stormont..........,,. ,..... William Mattice. Témiscouata,...,. ,....,.., ... Benjamin Dionne, Terrebonne........ .....,... Louis-S. Morin.

Troïs-Rivières...,............, Wm.-M. Dawson.

Teronto....., ...,%, +°°°....(eorge Brown.

ss oooo soso os. ce .J0hN-B, Robinson, Vaudreuil ......,.,.......,.1/hon. R.-U. Harwood. Verchères,..... 6e soso... L'hOn, GE, Cartier.

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Mai-

colm Cameron promit aussi son concours au ministère. D'un autre côté, MM. McGee, Foley et Mownt se prononcèrent décidément contre la politique ministérielle.

Le ministère commanda une majorité assez forte; maïs elle lui venait du Bas-Canada, les membres de cette province lui étaient presque tous dévoués. Sur chaque div ‘sion ministérielle, il se trouva en minorité de quelques voix dans le Haut-Canada. M. John A. McDonald avait donc ccitre lui une majorité hostile ; il n’en continua pas moins à se maintenir au pouvoir, sans chercher les moyens propres à obtenir une majorité.

Les élections contestées occupèrent un grand nombre de séances de la chambre ; il yen avait trente-trois. Jamais la fraude et la corruption n'avaient été exercées sur une aussi grande échelle. Les comtés de Lotbinière, de Russell,

Victoria........ sos +.....J0hn Cameron.

Waterloo (Nord). 00. 000 M.-H. Foley.

Waterloo (Sud) ....,..,......, William Scott.

WOAM os sasoes de xs: ..…. Gilbert McMicken.

Wellington (Nord) .... ... .. Charles Allan.

Wellington (Sud) ........,...David Stirton.

Wentworth (Nord)...... ……….. William Notman, Wentworth (Sud) .........,.,Joseph Rymal.

Yamaska,.......sce......., IgnAC6 Gill,

York (Nord),..,,.,..........,J08eph Hartman.

York (Est)........,..,, ..... Amos Wright.

York (Ouest)..,.....,...,.. . Wu.-P. Howland.

Plusieurs députés furent élus pendant la session de 1558 : M. Wm. Cayley (comté de Renfrew) à la place de M. John-L. McDougall ; M. Wm. McDougail (Oxford-Nord) à la place de M. Brown, qui avait deux siéges ; M.O.-R. Gowan (Lecds et Grenville) à la place de M. Church, décédé ; M. A.-P. McDonald (Middlessex- Quest) à la place de M. Scatcherd, décédé.

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d'Oxford et la ville de Québec se distinguaient par le nombre fabuleux de faux votes qu'on y avait données (1). 11 était évident que la loi électorale de 1849 et de 1855 était impuissante à empêcher d'aussi grands désordres. Pendant la session, on y apporta des changements considérables, et l’on pourvut à l'inscription des électeurs. Plusieurs députés auraient désiré établir le vote au scrutin, et faire la votation le même jour dans tous les comtés. La mesure ministérielle, sans aller aussi loin, apportait une amélioration sensible ; elle empêchait tout citoyen de voter, à moins qu’il ne füt qualifié, et que son nom ne fût enrégistré sur la liste des électeurs. Elle fut approuvée par une grande majorité.

M. Sicotte, commissaire des terres, prépara et présenta à la discussion des membres, un projet de loi destiné à la conservation et à l’exploitation des pêcheries. Cette excellente mæure accordait aux pêcheurs des primes d’encouragement jusqu'au montant de quatorze mille piastres. Elle passa à une forte majorité, et ne reçut de l'opposition que de quelques députés du Haut-Canada, parcequ’elle tendait à favoriser les

(1) La paroisse de Saint-Sylvestre, comté de Lotbinière avait enregistré 2780 voix. M. O’Farrell, député de ce comté, dut remettre son siége pendant la session de 1858. M. Caron céda aussi le sien à M. C.-F. Fournier péndant la même session.

L'élection d'Argenteuil fut modifiée en 1860; M. Bellingham, céda sa place à M. Abbott, qui avait la majorité des voix légales.

La ville de Québec avait enregistré 16,000 votes. Ce ne fut qu'à la session de 1860, que l'élection des membres de cette viile, MM. Alleyn, Dubord et Simard, fut déclarée nulle. Ces membres purent denc siéger trois années avant que la contestation de leurs élections fût réglée. C'était une grande preuve que les comités parlementaires ne sont pas un tribunal convenable pour le réglement des élections contestées. On n’obtiendra justice que lorsque ces questions seront portées devant les tribunaux judiciaires.

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Canadiens-Français, dans l'exploitation d’une industrie jusqu'alors trop négligée.

Les pêcheries qu Canada sont considérées comme les plus importantes du monde entier.

Cependant cette industrie n’a été jusqu’à présent exploitée que par un petit nombre de Canadiens des districts de Québec et de Gaspé. Ce sont en grande partie les étrangers qui en font leur profit. M. Charles Robin de l'ile Jersey, est le premier qui fit le grand commerce de poisson dans la Paie des Chaleurs ; il s'établit d'abord à Paspébiac, ensuite à Percé et à d’autres endroits. Parmi les autres grands propriétaires de pêcheries, on remarque MM. Jean LeBoutillier, David LeBoutillier, J. & E. Collas et David Têtu.

Les pêcheries de la Gaspésie, des îles de la Magdeleine et de la côte du Nord prirent de la valeur d'année en année. De 1854 à 1864, le produit se doubla. Le rapport du ministre des pêcheries pour 1871, en porte le produit à $1,110,000 dans la province de Québec. La population du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse y trouve une source de revenus beaucoup plus considérables ; le produit de cette dernière province dépasse cinq millons (1).

Espérons que les Canadiens s’empareront de cette belle industrie, et ne se la laisseront pas enlever par les étrangers. Il faut se convaincre que les pêcheries du Golfe sont d’une impor-

(1) Le produit total des pêcheries de la Fuissance du Canada, en 1571, s’est élevé à $7,591,000, reparties comme suit : Nouvelle- Ecosse $5,103,000, Nouveau - Brunswick $1,185,000, Québec $1,110,000, Ontario $193,000 En 1871, il y avait une augmentation d’un million de piastres sur l’année précédente. On estime à 87,000 le nombre de personnes qui se livrent à cette industrie dans les provinces réunies,

tance immense, d’unerichesse incalculable. Elles seront plus tard, comme le remarque M. Mitchell, dans son rapport de 1870, la principale ressource du Canada, lorsque le bois de construction, qui a fait jusqu'ici le grand revenu de la province, aura été ruiné. Lerr valeur réunie est de dix-sept millions de piastres, et cette valeur peut être beaucoup augmentée. On estime que les pêcheries emploient cinq millions de capitaux, procurent du travail à des milliers de Canadiens, et peuvent fournir une pépinière de hardis marins.

Le traité de Washingtor, passé en 1871, concède pour dix ans aux Etats-Unis l’accès aux pêcheries canadiennes ; il accorde en même temps la libre navigation du Saint-Laurent et des canaux de la Puissance. Cetraité a été ratifié par le parlement fédéral à la session de 1872.

Pendant la session de 1858, l’acte de judicature du Bas-Canada reçut uncore quelques modifications, suggérées par M. Cartier. Un acte important pour la ville de Guébec, &t qui était l’œuvre de M. Alleyn, autorisait l'imcorporation d’une compagnie de commissaires, pour surveiller les intérêts du hâvre de cette ville. La loi du jury, dans le Haut-Canada, fut amendée et refondue ; les changements apportés réduisaient sensiblement les frais énormes occasionnés par l’ancienne loi. Les actes relatifs aux institutions municipales de cette province furent en partie abrogés, et remplacés par une nouvelle loi. Un autre acte important pour le Haut-Canada abolissait, en certains cas, l'arrestation des individus dans les affaires civiles, et établissait de meilleures dispositions pour prévenir la fraude. Cette

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loi tendait à assimiler les lois commerciales des deux Canadas. L'opposition fit une lutte continuelle à ces mesures du ministère, parce qu'elles étaient présentées par un cabinet qui n'avait pas la confiance du Haut-Canada.

Le tarif reçut quelques modifications ; les droits furent augmentés sur plusieurs articles d'importation, il en fut de même des: droits d’accise.

Une discussion longue et animée s’engagea sur la politique financière du gouvernement ; M. Cayley eut de mauvais moments à passer pour la défendre contre MM. Brown, Cauchon, etc.

Le ministère essuya une défaite lors de la troisième lecture du bi! du tarif; il fut obligé de retrancher les clauses qui imposaient un droit de tonnage sur les navires d'outre-mer.

Au nombre des allocations publiques, se trouvent les sommes suivantes: canal Welland $50,000, douane de Québec $100,000, fonds de colonisation $100,000, chemin de Témiscouata et autres chemins $52,000, aide additionnelle aux écoles $160,000, milice $102,900. M. Dorion proposa de discontinuer le paiement de la milice volontaire après 1858; sa motion, qui équivalait à l'abolition du système volontaire, fut rejetée à une majorité de huit voix.

La législature encouragea l'établissement d’une ligne de bateaux à vapeur pour le transport régulier des malles à Gaspé et dans les provinces maritimes. Une première allocation de #10,000 fut accordée dans ce but. Le Lady. Head commença ses voyages réguliers entre Québec et les ports maritimes, dans l’été de 1858. Une égale somme de $#10,000 fut allouée pour le prolonge-

ment de la route postale au lac Supérieur et à la Rivière Rouge.

Un projet de loi destiné à régler le taux de l'intérêt, fut introduit par M. Benjamin. Il permettait aux banques de prêter à sept par cent, et maintenait l’intérèt de six, lorsqu’aucun autre taux n'était fixé par les parties. Après une longue discussion, cette mesure reçut le concours de la majorité des deux chambres ; elle ne devint loi que par l'unanimité des membres du Haut- FF. presque tous les Bas-Canadiens s'y opposèrent ; ils étaient persuadés qu’elle favoriserait les banques et les capitalistes, au détriment de la classe agricole. MM. Cauchon, Langevin, Dunkin et Chapais soutinrent une chaude discussion contre les conséquences de la mesure, tandis que MM. Cartier, Rose et Sicotte lui donnèrent un vote favorable.

Un autre projet de loi fut présenté par M.

Benjamin, pour incorporer les orangistes et leur donner par là une existence légale. La majorité de la chambre, après avoir consenti à la première lecture, en renvoya la deuxième à six mois. On reprocha à plusieurs Canadiens, entre autres à MM. Cartier, Sicotte et Loranger, d’avoir voté l'introduction d’un bill incorporant une société secrète.

L'assemblée législativo fut encore appelée à voter sur la question de la représentation. M. Malcolm Cameron proposa l’introdugstion d’un projet de loi destiné à changer les limites des divisions électorales et cela d’après le chiffre de la population. Les ministres du Haut-Canada, à l'exception de M. Spence, et quelques autres membres ministériels votèrent contre.

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À mesure que la session avançait, le ministère McDonald-Cartier rencontrait, dans la plupart de ses projets de loi, une opposition de plus en plus forte. Dans le Bas-Canada, il avait pour adversaires MM. Cauchon, Drummond et Lemieux, ci- devant ministres, et plusieurs autres députés, tels que MM. Chapais, Langevin, etc, qui l'avaient d’abord soutenu. D'un autre côté, l'opposition du Haut- Canada devenait plus forte et plus menaçante, et M. McDonald se trouva plusieurs fois dans une minorité de dix à douze voix. C’est alors que l’opposition reprocha au ministère de gouverner sans avoir l'appui d’une majorité. Dans le Haut-Canada, elle chercha à soulever l'opinion publique contre lui, et invoqua avec ardeur la double majorité, plutôt dans le but de renverser le ministère que dans celui de faire triompher ce système.

Cette question pour ainsi dire <onstitutionnelle, était difficile à résoudre ; elle était devenue une question de parti. On l'avait discutée lonœuement dans la presse avant la session ; elle fut ensuite le sujet de débats, lors de la discussion de l’adresse, et dans plusieurs autres circonstances.

Presque tous les députés étaient favorables à la double majorité, mais ils différaient sur la manière d'en entendre la pratique. Plusieurs de ceux qui invoquaient le principe, n'y croyaient pas, tandis que d’autres, opposés à la théorie, étaient plus disposés à la respecter. C’est ainsi que M. Brown, partisan outré de la représentation répartie d'après la population, ne pouvait être sincère, en votant la double majorité.

La constitution de 1840 avait un caractère fédéral ; elle établissait une égale représentation pour le Haut et le Bas-Canada, lorsque chaque province était peuplée de races différentes, et avait des lois, des usages, une langue et une croyance différentes. C’est pour conserver ce caractère si parfaitement tranché entre deux groupes de nationalités rivales, qu'il y avait dans le ministère un égal nombre de membres pour le Haut et le Bas-Canada, un procureur-général, un solliciteur-général particulier à chacun d'eux. On ne pouvait conserver ce caractère que pai la double majorité. Ce principe, d’abord foulé aux pieds par le ministère Viger-Draper, avait été suivi, depuis 1848, par tous les gouvernements. Les chefs du Haut-Canada Baldwin, Hincks et MceNab l'avaient reconnu indirectement, et avaient donné leur démission pour se conformer au principe de ne pas gouverner une province par la majorité de l’autre.

L’admission sans réserve d’un principe de cette nature présentait toutefois des inconvénients incontestables. Par exemple, dans les questions d'intérêt général, on s’exposait à chanser souvent d'administration ; il était également impossible de l’étendre aux petits détails de l'administration. Ce principe ne pouvait rigoureusement être mis en pratique que dans les grandes questions d'intérêt local.

Plusieurs membres du Bas-Canada reconnaissaient que, depuis que M. Brown commandait à une majorité fanatique, la double majorité avait cessé d’être un principe de protection. En le mettant en pratique, on donnait à cet ennemi des catholiques le pouvoir de les dominer et de les tyranniser.

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Les débats sur la double majorité reprirent une vigueur nouvelle avec la motion suivante de M. Thibaudeau : ‘Que c'est l'opinion de ja chambre que toute tentative de législation affectant une section de la province, contrairement aux vœux de la majorité des représentants de cette section, serait pleine de dangereuses conséquences pour le bien-être de la province, et donneralt lieu à beaucoup d’injustices. ” M. Cauchon proposa un amendement à peu près sem,lable, et se prononça fortement pour la double majorité.

M. Drummond dit que tant que le principe fédrral existerait dans le cabinet, le gouvernement devait être appuyé par une double majorité ; que les membres du Bas-Canada ne faisaient pas preuve de générosité, en voulant gouverner le Haut-Canada contre sa volonté. Il était d'avis que le temps était venu de former un gouvernement, qui commandât une majorité dans les deux sections de la province. M. John-$. McDonald avoua que les ministres n'étaient pas tenus de donner leur démission devant une majorité accidentelle, mais ils devaient le faire quand cette majorité s’affirmait fréquemmert. La double majorité devait être adoptée immédiatement, sinon le Bas-Canada se verrait imposer malgré lui la représentation basée sur la population.

M. Morin déclara que le but de l’opposition était de s'emparer du pouvoir, avec l’aide de ceux qui étaient mécontents d’avoir perdu ce pouvoir. Quelle confiance, dit-il, pouvait-on reposer sur ceux qui voulaient la représentation basée sur la population, et qui invoquaient en même temps la double majorité.

M. Loranger était d'avis que la question de la

double majorité devait être tenue sous silence. Comment la majorité du Bas-Canada pouvaitelle agir de concert avec celle du Haut-Canada, qui voulait les écoles mixtes et une augmentation de la représentation ? Admettre en principe qu'il faut la majorité des deux sections sur les questions générales, ce serait s’exposer à changer très-souvent de gouvernement. Alors une petite majorité l'emporterait sur une grande ; et dans le cas actuel, quand le gov vernement n'a qu'une minorité de trois voix dans le Haut-Canada, et qu'il est appuyé par presque tous les membres du Bas-Canada, ce serait une minorité insignifiante. qui l’emporterait sur la grande majorité totale,

MM. McGee, Langevin, Chapais et Ouimet votèrent pour les motions de MM. Thibaudean et Cauchon, qui furent cependant rejetées à une majorité des deux-tiers des membres présents.

L'opposition, battue sur la question de la double majorité, dirigea ses attaques sur celle du siége du gouvernement. Après le choix fait par la reine de la ville d'Outaouais pour ètre Ja capitale, le. ministère déclara qu'il exécuterait la décision royale; c'était la loi du pays, et il était décidé à commencer les travaux des édifices publics. Beaucoup de députés étaient mécontents de ce choix, et de la détermination du ministère. M. Dorion, de Montréal, proposa, comme amendement à une question de subsides, une motion par laquelle 11 désapprouv: ait le choix d'Ontaouais fait par la reine. Considérée comme une motion de non-confiance, elle fut rejetée à une majorité de dix-huit voix.

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Jorité venait principalement du Bas-Canada.

tèrent chacun une motion concernant la question de la capitale. M. Piché proposa en amendement : “ Que dans l'opinion de cette chambre, la cité d'Outaouais ne doit pas être le siége du gouvernement de cette province. ” Cette motion, malgré la ferme attitude des membres du ministère, fut adoptée sur une division de soixante-quatre contre cinquante (1). Plusieurs députés, qui avaient voté pour demander à la reine de choisir la capitale, refusèrent d'approuver sa décision.

M. Brown ait que ce vote montrait évidemment que la chambre désapprouvait la conduite du gouvernement. Il proposa l’ajournement de la chambre, donnant à sa motion la portée d’un vote de non-confiance. M. McDonald accepta le défi. La motion de M. Brown fut rejetée par soixante et un contre cinquante: c'était une preuve que le ministère possédait encore la conliance de la majorité des représentants. Il se retira cependant du pouvoir, parce que cette ma-

(1) Pour : MM. Aiïkins, Baby, Beaubien, Biggar, Bourassa, Brown, Bureau, Burwell, Cauchon, Chapais, Christie, Cimon, Clark, Connor, Coutlée, Desaulniers, Dionne, Dorion, Dorland, Dubord, Foley, Fortier, Fournier, Gaudet, Gauvreau, Gould, Harwood, Hébert, ilogan, Iowland, Tobin, Labelle, Laberge, Langevin, Lemieux, Donald A. McDonald, John S. McDonald, Mackenre, Mattice, McDougall, McGee, McKellar, Morin, Mowat, Munro, Notman, Ouimet, Panet, Piché, Walker Powell, Price, Robinson, Ross, Rymal, Short, Sivard, Somerville, Stirton, Tassé, Thibaudeau, Turcotte, Wallbridge, White et Wright .—64.

Contre: MM. Alleyn, Archambault, Bell, Bellingham, Benjamir, Buchanan, Burton. John Cameron, Campbell, Carling, Cayley, procureur-général Cartier, Cook, Daly, Dawson, Drunimond, Dufresne, Dunkin, Fellowes, Fergusson, Ferres, Gill, Gowan, Heath, Holmes, Lacoste, Laporte, LeBoutillier, Loranger, McBeth, procureur-général MeDonald, MeCann, Morrison, Papineau, Patrick, Playfair, Pope, William F. Powell, Robin, solliciteur-général Rose, R. W. Scott, Wm. Scott, Sherwood, Sicotte, Simpson, Sincennes, Sidney Smith, Talbot, Terrill et Tett.-—50,

La conséquence du vote sur le siége du gouvernement fut que le ministère donna sa démission le 29 juillet. Les ministres, dit M. McDonald, avaient cru que, puisque la reine avait exercé sa prérogative à la demande de la législature, ils n'avaient qu'à exécuter la décision de la reine, qui était la loi du pays. Nul gouvernement, quelque fut sa position, ne pouvait éviter de s’y conformer. La chambre s’est déclarée contre la loi. Ils pensaient que l'influence du gouvernement diminuerait beaucoup après cette décision, s’ils conservaient leurs charges. Ils avaient raison d'agir ainsi, parce que plusieurs membres ministériels leur avaient retiré leur appui sur cette question.” |

Sir Edmund Head s'adressa à M. George Brown, comme le chef le plus influent de l'opposition, et le chargea de former une adininistration. Il lui fit connaitre qu'il ne devait pas compter sur une dissolution du parlement. M. Brown, après s'être consulté avec ses amis, entreprit imprudemment la formation d’un ministère, qu'il savait d'avance ne pouvoir réunir la majorité des deux chambres. Il choisit ses collègues du Faut-Canada parmi les libéraux modérés et les cleargrits. Il désigna M. A.-A. Dor'on, chef de l’opposition du Bas-Canada, pour former la partie du cabinet dans cette section de la province.

M. Dorion, après s’étre adjoint MM. Holton et Laberge, partisans démocrates, voulut avoir le concours des libéraux modérés. M Sicotte refusa un portefeuille, mais MM. Drurnmond et Lemieux, ex-membres du cabinet McNab-Morin, et M. Thibaudeau acceptèrent. Les membres du

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HAUT-CANADA

Hon. MM. George Brown, inspecteur-général,

‘° John-$. McDonald, procureur-général,H.C.

James Morris, président du conseil législatif,

M.-H. Fole y, maître-général des postes, Oliver Mowat, secrétaire-provincial, À CRE RS.

S. Connor, solliciteur-général, H. C.

BAs-CANADA.

MM. A.-A. Dorion, commissaire des terres,

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