‹ Le Canada sous l'Union, 1841-1867 [microforme]Chapitre 7 sur 76 · IS4R · texte numérisé non relu

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de piastres qui lui furent accordés (de 1841 à 1852) pour des chemins de colonisation, et on comprendra facilement pourquoi la culture y prit de si rapides développements, le commerce une si grande extension, et la population une marche ascensionnelle si considérable. Hevreusement le ministère qui s'était plu à favoriser une nationalité au préjudice de l’autre, avait terminé son existence, et avait été remplacé par un autre, dont la devise était de rendre justice égale à tous, sans distinction de races.

Ilétait de l'intérêt du ministère Lafontaine- Baldwin de favoriser l'établissement des natifs du pays, tout en protégeant l'immigration étranocre, La prospérité et la grandeur de la province dépendait de cette démarche. Ce qu'il fallait pour activer la colonisation, c'était surtout d’ouvrir de grandes rontes à travers la forêt, d’améliorer celles qui étaient déjà faites, de procurer des terres à des conditions faciles et à bas prix. C'était le moyen de ralentir l’'émigration de la population française aux Etats-Unis, où du moins de l'empêcher de prendre des proportions considérables,

C’est alors que des hommes de cœur et de patriotisme firent un appel chaleureux aux Canadiens et au gouvernement, en faveur de l’établissement des terres incultes ; ils démontrèrent les avantages qu'il y avait à rester sur le sol canadien, et indiquèrent les obstacles qui empêchaient les colons à se porter dans la forêt. Des prêtres remplis de zèle et de charité, entreprirent une croisade en faveur de l'œuvre. M. V'Reilly fut le premier qui fit connaître aux Canadiens, dans plusieurs écrits, combien il était

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urgent de diriger vers les cantoi.: Je surplus de la “population, “ Faisons en sorte, disait-il, de conserver aux Franco-Canadiens ce qui reste encore de terres non-achetées dans le domaine de la couronne......Que toutes ces terres soient à vous, Canadiens-Français, à vous à jamais, à vous dès maintenant. Alors seulemént vous aurez fait un premier pas dans la route qui vous puise assurer cette nationalité qui vous doit étre si chère. ”

Un autre missionnaire, M. Bédard, fit connaitre par ses écrits, l’état malheureux de ses compatriotes des cantons, et contribua à améliorer leur sort. De leur côté, les évêques du Bas-Canada engagèrent les membres du clergé à favoriser l'établissement des Canadiens dans les cantons comme Je moyen le plus propre à arrêter l'émigration. “ Vous n'ignorez pas, disait Mor Turgeon, combien est profonde la plaie nationale à laquelle cette association (du district de Québec) se pro: pose d'apporter un remède eflicace ; à savoir, le départ annuel de milliers de ; jeunes gens et d'un grand nombre de familles qui abandonnent les bords du Saint-Laurent, pour aller chercher lortune et bonheur sous un ciel qu'ils croient plus beau, et sur un sol qu'on leur dit plus fertile. Ces jeunes gens (vous ne le savez que trop) ne reviennent pas parmi nous, ou ne reviennent

que plus pauvres, souvent moins vertueux, t!

avec les débris d’une santé que la fatigue ou le vice à pour toujours altérée, Ces familles, au lieu de trouver le bien-être qu'elles espèrent, ne rencontrent chez l'étranger que durs travaux t!

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1848] LORD ELGIN. 55 l'absence des joies religieuses de leurs premiers ans et des jouissances du toit paternel. L’abondance même qu’un bien petit nombre peut atteindre, n'est qu’une faible consolation, quand on la compare à la paix, au contentement, à la franche et naive piété, à la suave politesse, qui caractérisent notre Canada.

* C'est un mal que nous déplorons tous que tte émigration continuelle, avec ses tristes et inséparables suites. Le temps est venu d’y porter reméde...... Que les Canadiens-Français contribuent, tous selon leurs moyens et sans délai, à l'œuvre de la colonisation, et'le succès ne sera plus un problème... ?

À la voix du clergé catholique, l'œuvre de la volonisation se poursuivit avec vigueur ; des associations se formérent dans les villes et dans beaucoup de campagnes, et engagèrent un grand nombre de familles canadiennes à se porter dans la forét pour la féconder de leurs travaux.

Le ministère La Fontaine-Baldwin se fit un devoir de seconder les vues des promoteurs de la colonisation, Il plaça à la disposition des Canadiens les meiileures terres de la couronne, et commença l'ouverture de plusieurs chemins. Il accorda gratis des lots de cinquante acres sur quelques grandes routes, et diminua considérablement le prix des autres. Les colons s'empresserent d'accepter ces avantages ; et, avec l’aide des sociétés de colonisation, et l’'encouragement du clergé, ils se dirigèrent, en 1848 et les années Sulvantes, en nombre considérable sur les terres nouvelles.

L'association de Montréal choisit le canton de

Roxton, pour asseoir les premiers établissements

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