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dette. Peut-il y avoir rien de plus arbitraire et de “ plus déraisonnable? En vérité la légalité d’un tel “ procédé peut être mise en question; car j'apprends “ qu'aucune partie de la dette contractée par la Provin- “ ce supérieure n’a été sanctionnée par le gouvernement “de ce pays. Je dois déclarer de nouveau que tout “ cela vient d’une intrigue mercantile.”
Eneffet le Haut-Canada devait à cette époque un million à la maison Baring de Londres, et se trouvait incapable de faire honneur à ses affaires. Mais le parti mercantile en Angleterre y était vivement intéressé, et poussé par lui, l'aristocratie vota la mesure quoiqu’avec regret.
Maintenant le Haut et le Bas-Canada ne constituent qu'une seule province. Un Conseil Législatif et une Chambre d'Assemblée y sont établis avec pouvoir de faire des lois sujettes à la sanction de Sa Majesté ou du gouverneur. Il doit y avoir session du conseil et de la chambre dans chaque année.* L’orateur du Conseil Législatif est nommé par la majorité des conseillers, et pour être conseiller 1l faut avoir trente ans, être sujets britanniques par naissance ou naturalisation. Chaque membre du conseil est élu pour huit ans, avec le loisir de résigner. Les membres de la Chambre d'Assemblée élisent un orateur à leur première réunion après chaque élection générale, et tout membre des deux chambres doit prêter serment. Quand un bill est passé par les chambres, il doit être présenté au gouverneur qui lapprouve ou non, ou le réserve à la sanction de Sa Majesté. Dans ce dernier cas, il est loisible au souverain, de rejetter ou d’admettre le bill, dans les deux années après sa réception.
La clause XLI de laloi 3 et 4 Vic. chap. 35 qui disait que les procédés des deux chambres devaient se faire seulement dans la langue anglaise, a été abolie par le statut 11 et 12 Vic. chap. 56. Une clause établit que tout bill tendant à révoqner une des dispositions de Pacte du parlement 14 Geo. 3 devra être soumis à l’assentiment des chambres d'Angleterre. Le parlement impérial se réservait le droit d’étabiir des réglemens pour la navigation, d'imposer des droits pour régler le commer-
* 3 et 4 Victoria, chapitre 25
ce entre le Canada et les pays étrangers, le produit net devant être appliqué à l’usage de :: province. Les pouvoirs et autorité conférés au gouverneur conjointement avec le conseil exécutif par la 31 Georges {11 furent maintenus.
C’est le 10 février, 1841, que fut proclamée l’Union du Haut et du Bas-Canada, et alors commença l’ere du gouvernement responsable que l’Angleterre, pendant de si longues années, avait refusée à la race française de cette partie du pays et qui avait été l’objet constant des désirs des défenseurs de nos libertés politiques. Jusquelà, dans les principes de notre droit publie et constitutionnel, la maxime que le gouvernement ne doit être constitué qu’en vue de Putilité commune et non pour l'avantage principalement des fonctionnaires publics avait été violée, A l'avenir les administrateurs devaient avoir des rapports multipliés et fréquens avec le peuple, non pour braver l’opinion publique et s’en jouer, mais pour connaitre les besoins et les vœux des gouvernés. Par l’obstination maladroite du Bureau Colonial, le gouvernement constitutionnel avait d’autant plus mal fonctionné en Canada depuis 1791 que le Conseil Exécutif s'était éloigné davantage des vues et des désirs du corps représentatif; en voulant opprimer et anéantir notre race, on s'était écarté aussi du but de son institution, Combien plus terribles auraient été les conséquences d’un tel oubli des principes constitutionnels en Angleterre ; et cependant on faisait un reproche à nos hommes d'Etat de manquer de loyauté, de vouloir secouer le joug de la Métropole, parcequ’ils réclamaient pour leur pays les priviléges auxquels a droit tout citoyen anglais, et qui ressortent de la constitution même qui régit depuis de longues années l’Empire Britannique.
Il est vrai que, dans les premiers temps de PUnion batarde des deux Canadas, il ne fut point permis aux Canadiens de ressentir les bienfaits du gouvernement constitutionnel, car le gouverneur d’alors semblait avoir une mission spéciale à remplir avant toute autre, celle d’éloigner les Canadiens du gouvernement, et l’affreuse corruption qu’employa Lord Sydenham dans les élections sera à jamais une tache pour son administration. Ce n’était pas assez de violer les règlès de la plus stricte justice, d’opérer une réunion des provinces contrairement aux vœux de tout un peuple, de l’obliger de payer des dettes énormes qu’il n’avait point contractées ; on
semblait vouloir lui faire éprouver davantage le joug de la Métropole, en lui étant toute lueur d’espérance dans la participation des affaires publiques. Mais les évènements futurs devaient déjouer les prévisions de l’Angleterre sur le sort de la nationalité française en Canada,
Les principaux membres qui furent élus dans les élections qui suivirent l’Union étaient, parmi les Canadiens-Français, MM. D.B. Viger, Quesuel, Morin, E.P. Taché, T. Boutillier et Cuvillier. M. Lafontaine qui avait dû céder à la violence dans le comté de Terrebonne fut élu par l'influence de M. Baldwin dans le 4e Riding d’'York. Plus tard l’on verra le Bas-Canada, par une conduite qui lui fait honneur, reconnaitre le service rendu à M. Lafontaine, et élire, pour le comté de Rimouski, Robert Baldwin, cet autre grand homme d'Etat qui travailla avec une si énergique persévérance pour les libertés populaires. Parmi les noms Canadiens-Anglais on remarquait MM. Ogden, Daly, Neilson, Dunscomb, Christie, Black et Aylwin.
Voici la liste des divers ministères qui se sont succédés depuis PUnion, en 1841.
lo, Parlement.*
Ministère Draper, 1841 «6 Lafontaine-Baldwin, 1842 20. Parlement.
Ministere Draper-Viger, 1844 Le Sherwood-Badgley 1846-47 30. Parlement.
Ministère Lafontaine-Baldwin, 1848 40. Parlement.
Ministère Hincks-Morin, 1851 “ MeNab-Morin, 1854 5o. Parlement.
Ministère MceNab-Taché, 1855 se Taché-MacDonald, 1856 60. Parlement.
Ministère MacDonald-Cartier, 1857 ch Brown-Dorion, 1858 ‘6 Cartier-MacDonald, 18584 70. Parlement.
Ministère Cartier-MacDonald, 1861 L McDonald-Sicotte, 1862
“On eat qu'ux Parlement se compose de quatre anu'es