‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 109 sur 122 · FIXES · texte numérisé non relu

FIXES

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dit, au camp, jugeant par le grand feu de mousqueterie que l'affaire étoit engagée, s’y porta; mais il rencontra en chemin l’armée qui rentroit avec désordre dans son camp. Il assembla sur cela un conseil de guerre, dans lequel ii fut jugé nécessaire de quitter le camp de Beauport, dont la com. munication des vivres étoit interceptée par la position de l'armée ennemie, et de se retirer à Jacques-Cartier.

Il est nécessaire d'observer qu'on avoit fait remonter les bâtiments arrivés de France jusqu'à 18 lieues au-dessus de Québec, pour les mettre à l'abri d'être brûlés par les ennemis; et c’est de cet endroit qu’on faisoit descendre, à mesure que la consommation s’en faisoit, les vivres nécessaires pour l'armée.

M. le marquis de Vaudreuil envoya, le 13 septembre, jour même qu'il évacua le camp, une instruction à M. de Ramezay ‘. Le 15, ce commandant, qui éloit resté dans sa place le jour de l’action, assembla un conseil de guerre où il fut décidé, sur les assurances qu'il donna, que, par les comptes qu'il s'étoit fait rendre et par les recherches qu'il dit avoir fait faire avec exactitude chez les différents particuliers, il n’y avoit des vivres que pour trois ou quatre jours au plus; d’ailleurs sans espérance de secours de l’armée, dont on n’avoit point eu de nouvelles depuis l'affaire, il fut, dis-je, décidé de capituler aux conditions les plus honorables aux armes du Roi.

La communication avec l’armée n'étant pas rompue, j'ouvris l'avis de faire sortir de la place un détachement d'élite de sa garnison pour aller rejoindre l’armée ; mais je fus le seul de mon avis. Les ennemis profitèrent de ces deux jours pour se relrancher dans leur nouvelle posilion, et ils commencèrent à travailler aux batteries à environ 300 toises du corps de la place.

Le 16 de ce mois, un détachement de cavalerie qui étoit venu à la découverte dans l’ancien camp de Beauport, nous

* Lieutenant de roi de Québec, c’est-à-dire commandant la place de Quékec.

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fit donner de vive voix des espérances de secours tant en vivres qu'en troupes; car la garnison de Québec, peu nombreuse pour son enceinte, étant d'ailleurs composée pour la plupart de milices et de matelots, ne mettoit pas cette place à l'abri d'un coup de main.

Je fus dépêché à M. le marquis de Vaudreuil par M. de Ramezay pour presser ce secours, après avoir exigé de moi ma parole d'honneur d'être de retour dans la même nuit ; mais ayant appris, à 3 lieues dans le chemin, avec certitude, que M. le marquis de Vaudreuil étoit de sa personne à 10 ou 12 lieues, je ne crus pas pouvoir aller et revenir dans le temps qui m'avoit été prescrit. C’est pourquoi je pris le parti d'écrire à M. le marquis de Vaudreuil et de lui faire passer ma lettre par un cavalier d'ordonnance, avec ordre de la communiquer à M. de Bougainville, qui s’étoit tenu avec son corps à 3 lieues de Québec, pour rassembler les débris et les traîneurs de l’armée. Ce dernier écrivit à M. de Ramezay en réponse, et lui indiquoit dans Québec des endroits où il pourroit trouver de la farine à différents particuliers. M. de Ramezay avoit aussi recu après mon départ une lettre de M. de Vaudreuil qui lui promettoit du secours. Ces deux lettres, qu’il ne communiqua à personne, ne changèrent rien dans le parti qu’il avoit pris de capituler, et ce n’est qu’au voyage que j'ai fait à l’armée après la capitulation que j'en ai appris le contenu. De retour cependant à la ville le 16 au soir, je rendis compte à ce lieutenant de roi de la lettre que j'avois écrite à M. le marquis de Vaudreuil, dans laquelle je lui faisois part de la situation critique de la place, et de la résolution où l’on étoit de capituler le 17, si le secours ne paroissoit pas à &Gix heures du matin, mais qu’on pourroit peutêtre retarder jusqu’au soir.

Le 17, jour où j’appris que M. de Ramezay avoit recu les deux lettres ci-dessus sans les avoir communiquées, et sur l'ordre qu’il me donna de me tenir prêt d'aller à dix heures du matin proposer ia capitulation, je protestai devant tout le monde de l'avis que j’avois donné au conseil de guerre, puisque les choses changeroient de face; et je proposai de

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tant en k faire par moi-même des recherches plus exactes pour trouver Hi: 1 nom- î de la farine; on ne parla donc plus de capitulation jusqu'à pour la 5 quatre heures du soir; mais dans ce temps les ennemis ayant s e place fait un mouvement dans leurs gros vaisseaux, faisant mine de venir s’embosser au nombre de 6 vis-à-vis la basse ville, À : M. de | on fit arborer le drapeau du côté de la rade et de la terre. Je il de moi ë le fis arracher, ne croyant pas qu'on eût changé d'avis ; mais 1 > nuit ; je recus dans l'instant un ordre par écrit d'aller capituler, et IE 2 titude, le mémoire me fut remis en conséquence. J’avois cependant ï à 10 ou | fait entendre à M. le marquis de Vaudreuil qu'on attendroit 4! ans Île le secours jusqu’au soir; aussi ne sonrgeai-je dès lors qu’à id: e parti faire naître des difficultés pour tirer les choses en longueur, :l passer me retranchant sur le peu de pouvoirs que j'avois en sortant L l a CoM- de Québec ; je gagnai par là jusqu’à onze heures du soir, que j ec son le général anglois me prescrivit pour avoir la réponse. Je 1 s et les rentrai donc dans la ville et rendis compte à M. de Ramezay “ }k Zzay en des difficultés que j’avois fail naître ; mais je reçus un se- } s où il . cond ordre par écrit pour y retourner à onze heures du soir, M. de le secours n'ayant pas paru encore dans ce temps. M. de la ttre de Roche-Beaucourt', commandant la troupe à cheval, entra 1 s deux | peu de temps après mon départ pour la capitulation, que À nt rien j'avois ordre de finir, avec 60 chevaux portant chacun un qu’au sac de biscuit et promettant du secours. j'en ai ; La présence de M. le chevalier de Tévis, qui venoit de reu soir, joindre l'armée, avoit ranimé la confiance et le courage des ’avois | troupes. Il leur avoit inspiré des sentiments de vigueur qui lui ÿ je lui donnoient espérance de secourir la place, et effectivement il h réso— marcha en avant et détacha M. de Bougainville pour se jeter parois- dans Québec avec quelques troupes d'élite. M. de Ramezay h | peut- ne jugea pas à propos de faire rompre la capitulation qui k étoit entamée, laquelle fut signée le lendemain 18. Ce com- N 4 cu les ë mandant, qui craignoit peut-être d'être enlevé de vive 1 et sur | force, auroit pu, suivant qu'il lui avoit été proposé ieures k par M. de Fiedmont, officier d'artillerie, et par moi, aban- "à out le donner la basse ville séparée de la baute par des coupures, d” ierre, Ë sai de 1 1 Aide de camp du marquis de Montcalm. !

et renforcer, par les troupes qu'il en auroit tirées, la haute ville, qui se trouvoit dégarnie de monde dans bien des parties par sa vasle circonférence. Get officier, qui n’a jamais vu la guerre que dans un bois, ignoroit la facon de défendre un poste; il y a du moins lieu de le présumer, car il n’acquiesca pas à cet avis etil se retrancha sur les ordres qu'il avoit de M. le marquis de Vaudreuil de ne pas risquer à se laisser emporter l'épée à la main.

Il est vrai que la plupart des miliciens et matelols cor sant la garnison de Québec étoient de la plus mauvaise volonté. Les mauvais propos que les officiers de ces troupes tenoient m’avoient emporté au point de tomber sur deux de ces officiers à coups d'épée. Ils ne menaçoient de rien moins que d'abandonner leurs postes et de le faire abandonner à leurs troupes. On peut juger par là de leur mauvaise disposition. Plusieurs s’étoient même déjà évadés et [avoient] déserté.

Dépôt de la guerre, vol. 3540, pièce 99.

LETTRE DE M. DE MONTREUIL AU MARÉCHAL DE BELLE-ISLE, MINISTRE DE LA GUERRE,

Sur la bataille de Québec.

Au camp de la pointe-au-Tremble, ce 22 septembre 1759,

Monseigneur, l'échec que nous avons eu le malheur d'essuyer, le 13 de ce mois, sur les hauteurs de Québec, a été occasionné par la surprise d'un poste entre l’anse des Mers et celle du Foulon, à la distance d'un demi-quart de

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