‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 20 sur 122 · COLBERT ET L'INTENDANT TALON · texte numérisé non relu

COLBERT ET L'INTENDANT TALON

nommer l'évèque de Québec aussi bi:n que les autres évèques de France, on transigea; la nomination de l'évèque resta au Pape, mais l'évêque dut prêter serment au roi de France. Le premier évèque de Québec fut l'abbé de Montigny, Francois de Laval, de la maison de Montmorency.

De la propriété en Canada.

Dès l'origine de notre établissement à la Nouvelle- France, la propriété y fut soumise au régime féodal. C'était le roi qui octroyait les seigneuries à des personnes qu'il voulait récompenser; leur étendue variait de 2 à 10 lieues carrées. Les seigneurs, ne pouvant cultiver ni mettre eux-mêmes en valeur d'aussi grandes concessions, étaient forcés de les distribuer à des colons ; ils se contentaient « d'établir leur fief » en bâtissant un manoir et un moulin banal, et percevaient les droits féodaux sur leurs sujets auxquels ils avaient concédé des terres. Les lots accordés aux colons étaient ordinairement de 90 arpents, et la redevance de 1 ou 2 sols par arpent. Le colon donnait un demi-minot de blé pour la concession, il était obligé de faire moudre son grain au moulin seigneurial et de livrer la quatorzième partie de la farine pour droit de mouture; il devait à son seigneur, chaque année, une journée de corvée ou 40 sols ; il était tenu d'entretenir les chemins jugés nécessaires. Le seigneur avait le droit de prendre sur les terres de ses sujets tous les bois dont il avait besoin; enfin le colon payait à son maitre un douzième

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