‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 22 sur 122 · RAR RE RE · texte numérisé non relu

RAR RE RE

COMMERCE u|

diens, Il est facile de comprendre commert les traitants anglais parvinrent à prendre pour eux la plus grosse part de la troque des pelleteries ; ils furent encore aidés par la liberté qu'ils avaient de vendre de l'eau-devie aux sauvages. De plus, les Anglais savaient se conformer aux goûts des Indiens ; ils leur fournissaient des étoffes et des marchandises telles qu'ils les voulaient, et les faisaient exprès pour eux ; tandis que tout ce que nous vendions aux sauvages venait de France et était fabriqué d'après des règlements précis et invariables, toujours en plein désaccord avec les goûts et même avec les besoins des Indiens. La compagnie des Indes, pour faire un énorme bénéfice de 700 °/, sur le castor, payait peu ses troqueurs, qui ne pouvaient donner aux sauvages que 2 francs par livre de castor, tandis que le troqueur anglais, plus libre, payait 3 et 4 francs, et nous faisait ainsi une concurrence difficile à soutenir.

Il n'est que trop évident que ces erreurs économiques ont constamment paralysé les progrès de la colonie et préparé sa chute. Achetant sans cesse à la métropole et lui vendant fort peu, le Canada était sans numéraire; on y suppléa par « les billets de caisse et les cartes », que l’on convertissait en lettres de change qui étaient acquittées en France par le gouvernement. Sous le règne de Louis XV, pendant la guerre de 1755, les embarras du Trésor empêchèrent le payement de ces lettres de change ; la monnaie de carte se déprécia, et il en résulta une augmentation de prix considérable sur les vivres et les marchandises, et une misère générale pour les colons et l'armée.

Une cause de ruine pour la colonie, dont il faut dire un mot ici, fut le droit qu’avaient obtenu tous les fonctionnaires, de tout grade et de tout ordre, de faire le

commerce des vivres et des marchandises dont la colonie ou l'armée avait besoin, afin de compenser, par les bénéfices qu'ils obtenaient, l’insuffisance de leurs traitements. Les fonctionnaires s’associaient entre eux et avec quelques marchands privilégiés, pour acheter et revendre au gouvernement ainsi qu'aux colons, au taux qu'ils fixaient, et rendaient ainsi impossible toute concurrence qui aurait pu faire baisser les prix. On concoit, dans un pareil état de choses, ce qui peut arriver, si les fonctionnaires ne sont pas d’une exacte probité; aussi, aurons-nous à raconter, à partir de 1754, les actes les plus coupables, à propos des spéculations de l’intendant du Canada.

Les colonies anglaises étaient régies par des lois meilleures et par des idées plus libérales ; aussi étaientelles plus riches et plus peuplées que la Nouvelle- France; en 1688, on y comptait déjà 200,000 habitants.

Depuis un siècle que le Canada a cessé d’appartenir à la France, et qu'il est soumis au régime de liber‘é commerciale dont jouissent les colonies de l'Angleterre, sa population s'est élevée de 80,000 habitants à 2 millions. Il compte aujourd’hui environ 4 millions d’hectares cultivés ou en pâturages; les produits de son agriculture montent à 5 ou 600 millions de francs; les forêts donnent un revenu de 50 à 60 millions; les pêcheries et la chasse rapportent plusieurs millions ; le commerce extérieur s'élève à plus de 700 millions.

Le commerce du Canada dépasse aujourd'hui 700 millions de francs, importations et exportations réunies. C'est avec l'Angleterre et les Etats-Unis que se fait la plus grande partie de ces transactions ; le Canada leur achète des cotonnades, des lainages, des fers ouvrés, des farines, du thé, du sucre, etc., et leur vend des produits agricoles, du poisson, des bois et des navires. Le commerce de la France avec son ancienne colonie, commerce qui n’est pas sans

» Tele \ le C P clai pole cess SYS Cau:

tant Fra:

de & forn con

Pe mail sure bler Cais iro( tuèr dan

* cais - port | aus

> quelq 4 Quar

î ù pe

la colo- , par les rs traie eux et heter et ons, au le toute prix. On ui peut e exacte artir de s spécu-

des lois étaientouvelleabitants.

partenir e liber‘é cleterre, à 2 mil- 1s d’hecde son nes ; les | les pêons ; le illions !.

illions de ngleterre s transac- , des fers :s produits erce de la pas sans

Page 1