‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 23 sur 122 · DÉVELOPPEMENTS DES MISSIONS · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENTS DES MISSIONS

Tels ont été les résultats de la liberté commerciale pour le Canada.

Peu de commerce, pas d'industrie, une population clair-semée, pauvre et exploitée par de funestes monopoles, la propriété soumise au régime féodal, les concessions de terre accordées difficilement et d’après un système peu favorable à la colonisation, toutes ces causes réunies arrêtèrent le développement du Canada tant qu’il demeura sous la domination française. La France ne posséda jamais qu'une colonie hors d’état de se suffire à elle-même,et de pouvoir résister aux formidaLles attaques que l'Angleterre allait diriger contre elle.

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Développements des missions.

Pendant ce temps, le gouverneur, M. de Courcelles, maintenait la paix avec les Indiens et prenait les mesures les plus sages pour éviter que rien ne vint troubler la bonne intelligence qui existait entre les Français et les sauvages. Trois soldats rencontrèrent un chef iroquois chargé de pelleteries; ils l’enivrèrent et le tuèrent. On les découvrit et on les mit en prison. Pendant qu'on instruisait leur procès, trois autres Francais enivrèrent et massacrèrent six Indiens Mahingans

: porteurs de pelleteries. Les deux nations s'allièrent . aussitôt et nous attaquèrent pour venger ces crimes.

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+ quelque importance, se fait par l'entremise de la marine anglaise.

Quant au mouvement maritime entre la France et le Canada, il est

| à peu près nul.

M. de Courcelles, afin d'éviter la guerre, se porta aussitôt à Montréal, où dans ce moment un grand nombre d’'Indiens étaient rassemblés. Il fit casser la tète, en leur présence, aux trois soldats, promit de faire tuer de la même façon les autres assassins, indemnisa les tribus de ce qu'on leur avait volé et décida les Irdiens à demeurer en paix. M. de Courcelles, qui l'avait toujours pris sur unton és haut avec les sauvages, et qui par la les avait accoutumés à le respecter, entreprit de résoudre une autre difficulté. La guerre allait éclater entre les Iroquois et les Outaouais, et cette guerre entre tribus pouvait troubler la paix dont la colonie avait besoin et que le gouverneur voulait maintenir. M. de Courcelles déclara aux deux nations qu'il ne souffrirait pas qu'elles se fissent la guerre ; qu'il traiterait, comme il venait de traiter les trois soldats assassins, ceux qui refuseraient de s’accommoder à des conditions raisonnables ; qu'on eût à lui envoyer des députés ; qu'il jugerait leurs griefs et rendrait justice à qui de droit, On lui obéit, et la paix fut rétablie entre les tribus.

A la faveur de la paix, les missionnaires continuaient la prédication chez les sauvages, et attiraient à notre alliance un grand nombre de tribus, les Algonquins, les Montagnais‘, les Micmacs et les Abénaquis. On développa les missions établies chez les Hurons; les Jésuites allèrent prècher la foi aux nations qui habitaient les rives du lac Supérieur, et commencèrent à avoir les premiers aperçus sur la géographie des parties centrales et occidentales de l'Amérique du Nord. On établit de nombreuses missions chez les Algonquins de

* La tribu des Montagnais est encore la plus considérable de tout le Canada ; elle a été préservée, par le catholicisme, des vices et de la misère qui ont fait disparaître les autres nations indiennes.

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