SOUMISSION DES PAYS-D EN-HAUT
Amérique. Je n'hésite cependant pas un instant à approuver et à honorer sans réserve les principes du gouvernement de Louis XIV à cet égard.
Soumission des Pays-d'en-haut.
L'intendant Talon sut mettre à profit, pour l'augmentation de la puissance de la France, les progrès et les découvertes des missionnaires dans les Pays-d’enhaut. Il avait formé le dessein de prendre possession de toutes les terres au nord et à l’ouest du Canada. Les peuples qui habitaient ces régions étaient de race algonquine, et fort préparés par les missionnaires à notre alliance. L'agent que Talon employa pour mettre ses projets à exécution fut un voyageur, Nicolas Perrot, homme d’esprit et habile, depuis longtemps au service des Jésuites qui l'avaient apprécié; il parlait les langues américaines et était très estimé des sauvages, sur lesquels il exerçait une grande influence. Perrot visita les tribus du nord et de l’ouest (1670), et invita leurs chefs, ou, comme on disait alors, leurs capitaines, à se trouver au printemps suivant à une grande assemblée qui devait se tenir au Sault-Sainte-Marie, et à laquelle le Grand Onontlio! des Français enverrait un de ses ca-
Ce nom d'Onouthio, qui veut dire grande montagne, s’appliquait au gouverneur du Canada comme au roi de France, et venait du second gouverneur de la Nouvelle-France, M. de Montmagny (Mons Magnus), dont les Indiens avaient traduit le nom par Ononthio. Ononthio devint un titre qu’ils donnèrent à tous les gouver-
» neurs du Canada et au roi.
58 DÉVELOPPEMENTS DE LA COLONIE rap
pitaines pour leur faire connaître ses volontés. De \r d
nombreux députés de toutes ces nations vinrent au rendez-vous qui leur avait été fixé. Le KR. P. Allouez, # il 3 qui avait fondé les premières missions de l'ouest, fit aux Indiens un discours en algonquin, dans lequel, « après avoir donné à tous ces sauvages une grande idée de la puissance du Roi, il tâcha de leur persuader qu'il ne pouvoit rien leur arriver de plus avantageux que de mériter la protection d'un tel monarque, ce qu'ils obtiendroient en le reconnoissant pour leur grand chef. » Les Indiens acceptèrent. On planta une croix et un poteau auxquels on attacha les armes de # France, et. après avoir chanté le Vexilla etl'Æxaudiat,
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; , im « on mit tout le pays en la main du Roi et tous les il x Ra C habitans sous la protection de Sa Majesté. » Les sau- + ; . ar vages reconnurent pour leur Père le Grand Ononthio re D
des Français; on se fit de riches présents, et la céré-
RP à N( monie finit par un 7e Deum et par un grand festin.
Peu après, et pour assurer cette prise de possession, pe on construisit le fort Frontenac, à Catarakoui, au point ne où le Saint-Laurent sort du lac Ontario. Tout en fon- dit] dant la première étape vers l’ouest, on occupait une « Di bonne position pour brider les Iroquois s'ils venaient w ee à recommencer la guerre. L'importante ville de Kings- ciné ton s'élève aujourd'hui tout à côté du fort Frontenac. : d ; Toutes les grandes cités de l'Union ont été bâties » Po comme celle-ci, sur l'emplacement des forts que les Fe fondateurs de la colonie française avaient établis dans à fs
les positions les mieux choisies.
La prise de possession des pays de l'ouest fut le signal de nombreux voyages entrepris pour explorer ces contrées et pour étendre en même temps le domaine de la France. On ne connaissait alors que le cours du Saint-Laurent et les cinq lacs; mais on savait, par les
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