DÉCOUVERTE DU MISSISSIPI
rapports des sauvages, que le pays s’étendait très loin à l'ouest et au sud, et que dans cette dernière direction il y avait un grand fleuve qu'on appelait Meschacébé, ou le Père Ges eaux.
Découverte du Mississipi. — Cavelier de la Salle.
Talon soupconnait que le Meschacébé devait se jeter dans le golfe du Mexique. Si cela était, il devenait fort important d'être les maitres da cours de ce grand fleuve, du pays qu'il traversait et de son embouchure ; car les possessions françaises auraient alors deux issues : une au sud, sur le golfe du Mexique, se reliant
à nos colonies des Antilles ; l’autre au nord, sur l’At- … lantique.
Les premières tentatives pour découvrir le Mississipi
. furent faites par Cavelier de la Salle; dès 1670, il descen- “ dit la Belle-Rivière, ou Ohio, jusqu'au Mississipi'. Sous . l'impulsion de Talon, un nouveau voyage fut entrepris , en 1673. Le P. Marquette et M. Joliet, accompagnés de . cinq Français et de deux Indiens, s’embarquèrent sur . la rivière des Renards, qui se jette dans une baie du * lac Michigan, puis parvinrent à la rivière Ouisconsin, « la suivirent et atteignirent le Mississipi. Ensuite ils … descendirent le fleuve, reconnurent le confluent du * Missouri, établirent des relations avec les Illinois, qui,
menacés par les Iroquois, sollicitèrent l'appui des Français; enfin, continuant leur voyage, ils arrivèrent
! Je dois ce renseignement à l’obligeance de M, P. Margry.
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au confluent de l'Arkansas. Ils avaient fait plus de 300 lieues sur le Mississipi; ils avaient reconnu la direction constante de son cours vers le sud; et il n’était pas douteux, pour ces intrépides voyageurs, que Île fleuve ne se jetât dans le golfe du Mexique. Ils étaient alors à 900 lieues de Québec, manquant de vivres et de munitions, et au milieu de pays et de peuplades absolument inconnus; ils prirent la résolution de revenir sur leurs pas, remontèrent le Mississipi et son affluent, la rivière des Illinois, et arrivèrent à Chicago, sur le lac Michigan. Le P. Marquette demeura chez les Miamis et les convertit; Joliet revint à Québec; mais Talon, auquel il voulait rendre compte du voyage, était parti pour la France, où il continua cependant de servir les intérêts de la colonie auprès du ministre.
Cavelier de la Salle résolut de compléter le voyage du P. Marquette et de Joliet. Ce gränd voyageur, qui allait découvrir et donner la Louisiane à la France, était de Rouen; il avait un esprit ardent, aventureux, très cultivé; il voulait s’illustrer par quelque entreprise et était fort protégé par Talon, par le gouverneur du Canada, M. le comte de Frontenac, et par le marquis de Seignelay.
Après de longs préparatifs et bien des difficultés vaincues, la Salle partit de Catarakoui en 1678, à la tète d’une expédition considérable ; il fonda le poste de Niagara, sur l'Ontario, le fort des Miamis, sur le Michigan, et le fort des Illinois, sur le territoire de cette nation, avec laquelle il s’allia. Il comptait sur l'appui de ce peuple, alors assez important, pour lier le Canada
avec les pays du Mississipi, et pour en faire en quelque ! :
sorte sa base d'opérations dans le voyage qu'il allait entreprendre vers le golfe du Mexique.
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