‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 43 sur 122 · ER SE RE PR CE · texte numérisé non relu

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M. de Villiers se conduisit avec énergie. Le fort de la Nécessité était défendu par 500 Anglais et 9 pièces de canon ‘; au bout de dix heures de combat, et malgré une pluie torrentielle, notre mousqueterie forca l’artillerie anglaise à cesser son feu. Les Anglais, qui avaient eu 90 hommes tués ou blessés à mort, et beaucoup de blessés légèrement, se décidèrent à capituler.

« Nous pourrions venger un assassinat, dit M. de Villiers à Washington, nous ne l’imitons pas. »

Voici le texte de la capituiation que M. de Villiers accorda au major Washington.

Capilulation accordée par M. de Villiers, capitaine d'infanterie, commandant les troupes de S. M. Très Chrétienne, à celuy des troupes angloises actuellement dans le fort de la Necessi!e qui avoit élé construit sur les terres du domaine du Ror*.

Ce 3 juillet 1754 à huit heures du soir, Scavoir :

Comme notre intention n'a jamais été de troubler la paix et la bonne armonie (sic) qui régnoit entre les deux princes amis, mais seulement de venger l'assassin qui a été fait sur un de nos officiers porteur d'une sommation et sur son escorte, comme aussy d'empêcher aucun établissement sur les terres du Roy mon maitre.

A ces considérations nous voulons bien accorder grâce à tous les Anglois qui sont dans ledit fort aux conditions cy après :

Art. I. Nous accordons au commandant anglois de se retirer avec toute sa garnison pour s’en relourner paisiblement

! Le récit de ce combat est tiré d’une lettre de M. Varin à l’intendant (Montréal, le 24 juillet 1754), et d'un extrait du journal de M. de Villiers. (Archives de la marine.)

? Cette pièce est conservée au dépôt des Archives de la marine et au Dépôt de la guerre, vol. 3393, pièce 102 bis.

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lort de dans son pays, et luy promettons d'empêcher qu'il lui soit

pieces fait aucune insulte par nos François et de mainlenir autant malgré qu'il sera en notre pouvoir tous les sauvages qui sont avec

l’artil- nous.

vaient ] Art, IL. 11 luy sera permis de sortir et d’emporter tout ce oup de qui leur appartiendra, à l'exception de l'artillerie que nous nous réservons.

M. de | Art. III. Que nous leur accordons les honneurs de la guerre, qu'ils sortiront tambour battant, avec une petite pièce de canon, voulant bien par là leur prouver que nous les traitons en amis.

Art, IV. Que, sitôt les articles signés de part et d'autre, ils amèneront le pavillon anglois.

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ÿ V1 A . , . anterie, Art, V. Que demain à la pointe du jour, un détachement & celuy Y françois ira pour faire défiler la garnison et prendre posses-

Vecessite À sion dudit fort.

p* | Art. VI. Que comme les Anglois n'ont presque plus de chevaux ny bœufs, ils seront libres de mettre leurs effets en cache, pour venir les chercher lorsqu'ils auront rejoint des

chevaux; ils pourront à cette fin y laisser des gardiens en tel nombre qu'ils voudront, aux conditions qu’ils donneront parole d'honneur de ne plus travailler à aucun établissement dans ce lieu icy ni en decà la hauteur des terres, pendant une année à compter de ce jour.

Art. VII. Que comme les Anglois ont en leur pouvoir un officier, deux cadets, et généralement les prisonniers qu'ils ont faits dans l'assassinat du sieur de Jumonville, et qu'ils promettent de les renvoyer avec sauvegarde jusqu'au fort Duquesne, situé sur la Belle-Rivière, et pour süreté de cet arlicle ainsy que de ce traité, MM. Jacob Wambram et Robert Stobo !, tous deux capitaines, nous seront remis en

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! Stobo profita de sa position d'otage pour faire le plan du fort Duquesne ; il l'envoya à ses supérieurs de la Nouvelle.Angleterre, avec des instructions détaillées sur la situation du fort Duquesne, sur les forces de la place, et avec invitation pressante de le venir attaquer le même automne. Une de ses lettres, datée du 28 juillet, fut saisie, Les deux officiers virginiens furent traduits au conseil de

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