‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 44 sur 122 · PARTIS · texte numérisé non relu

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otage jusqu'à l'arrivée de nos Canadiens et François cy dessus mentionnés,

Nous nous obligeons, de notre côlé, à donner escorte pour ramener en sûreté les deux officiers qui nous pro: mettent nos Francois dans deux mois et demy pour le plus tard.

Fait double sur un des postes de notre blocus, ce jour, et an que dessus. Signé : James Mackay, G° WASHINGTON CouLox-ViLLIERS.

« Après la capilulation, dit M. Varin, les Anglois se sont mis à fuir, et ont abandonné jusqu'à leur paviilon. » Cette victoire ne nous avait coûté que 2 Francais tués et 70 blessés.

Louis XV ne déclara pas encore la guerre à l'Angleterre; mais il envoya des secours en Canada, sous le commandement du baron Dieskau, maréchal de camp.

On embarqua à Brest, en avril 1755, 6 bataillons d'infanterie comptant 3150 soldats et 209 officiers, et

guerre. Stobo fut obligé d'avouer et fut condamné à mort ; l’autre fut acquitté. Décidément, les lois de l'honneur n'étaient pas connues de ces milices virginiennes. — Voyez la pièce 9, à la fin de ce volume.

1 Le baron Dieskau était Saxon ; il avait été lieutenant-colonel du régiment de Saxe-Cavalerie et « ami intime du maréchal de Saxe. — Voyez les Mémoires de Diderot, X, 197.

M. Dieskau mécontenta tout le monde en Canada ; il traita ses troupes à l’allemande, et se livra etièrement à un M. Péan, personnage peu honorable, dont on parlera plus loin.

Avec le baron Dieskau partirent quelques hommes qui ont figuré honorablement dans la guerre d'Amérique ; l’un d'eux est M. André Doreil, commissaire des guerres. Il était malade et crachait le sang; il venait de perdre sa mère et sa femme, et laissait en France deux jeunes enfants et des aflaires en désordre ; malgré tout, cet homme intègre et dévoué obéit à l’ordre qu'il reçut et partit sans réclamer. Il sera question de M. Doreil à plus d’une reprise à propos de l’administration du Canada,

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appartenant aux régiments de la Reine, de Guyenne, Languedoc, Béarn, Bourgogne et Artois. Ces troupes étaient pleines d’ardeur. « Le zèle des soldats, écrivait un officier du régiment d'Artois', est si grand, que j'en ai rencontré, à Rennes, deux en poste’, et qui m'assurèrent devant un grand nombre de personnes qui s'étoient assemblées sur la place, qu'ils auroient fait toute la route comme cela, s'ils en avoient eu le moyen, pour prouver leur zèle pour le service du Roi. Tout le régiment pense de même: il est complet à quatorze hommes près. Il n'en a déserté que sept dans toute la route; et tous sept, s .dats de recrue engagés lepuis la nouvelle de l'embarquenient, et n'étant pas à leur apprentissage de désertion *, Tous les officiers sont ici, à la réserve d'un qui se meurt ; de sorte qu'officiers et soldats ont tous donné des preuves de la plus crande volonté, »

On a plaisir à voir ces braves gens, qui feront si bien leur devoir en Canada, partir avec autant d'entrain. Cependant la traversée n'était pas facile comme elle l'est aujourd'hui; c'était un long voyage, pénible et dangereux, pendant lequel presque toujours des épidémies décimaient cruellement les passagers, embarqués en grand nombre sur des bâtiments où les règles de l'hygiène moderne étaient inconnues.

‘ Le chevalier de Brienne. Lettre du 3 avril 1755, dans les Hwnoires du duc de Luynes, au 9 avril 1755.— Voy. aussi ces Mémoires à la date du 25.

* Le temps était affreux et les chemins détestables ; les fatigues de la marche avaient produit beaucoup de maladies dans les régi. ments qu'on avait dirigés sur Brest.

* Dans ces troupes levées par le racolement, et composées eu grande partie de gens sans aveu, les déserteurs étaient très nombreux. Pour beaucoup, la désertion était un moyen de regagner la prime d'engagement.

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