‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 48 sur 122 · VICTOIRE DE LA BELLE-RIVIËÈRE · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE LA BELLE-RIVIËÈRE

hommes, assiéga les forts Gaspareaux et de Beauséjour, qui défendaient l'isthme de la presqu’ile acadienne. Le premier de ces forts n'était retranché qu'avec des pieux très écartés et n'avait que 19 hommes de garnison; les remparts du second, gardés par 400 soldats, étaient en très mauvais état.

Les Anglais s'emparèrent sans coup férir des deux forts, qui ne firent aucune résistance ‘. On explique cette conduite de nos troupes en disant que les soldats étaient des Acadiens qui n'osaient pas se battre contre le roi d'Angleterre, leur souverain, de peur d'être fusillés s'ils étaient faits prisonniers. Quant aux officiers, ils appartenaient aux troupes de la colonie et ne comptaient ni parmi les plus braves ni parmi les plus honnêtes.

Après avoir été enlevé par l'ennemi, Beauséjour devint le fort Cumberland et assura aux vainqueurs le libre passage de l’isthme acadien.

En même temps les Anglais prirent la résolution de chasser de l’Acadie toute la population française, sur laquelle ils ne pouvaient pas compter. On somma les Acadiens de prêter serment de fidélité au roi d'Angleterre et de se reconnaitre ses sujets. En bons Français qu’ils étaient, les Acadiens refusèrent de renoncer à leur nationalité, et, en leur qualité d’honnèêtes gens, ils ne voulurent point prêter un serment qui répugnait à leur conscience. Alors 7000 habitants de toutsexe et de

Ÿ M. de Villeray, qui commandait le fort des Gaspareaux, capitula sans attendre l’attaque. M. Vergor ou Vercors-Duchambon, qui commandait à Beauséjour, se défendit un peu. En 1757, on traduisit ces deux officiers devant un conseil de guerre pour rendre compte de leur conduite peu honorable : ils furent acquittés. (Dépôt de la guerre, Canada, 1757, pièce 176,) M. Duchambon était ami et complice de l’intendant Bigot.

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