‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 49 sur 122 · RE ES · texte numérisé non relu

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tout àge furent cernés et arrêtés par l’armée anglaise ; on les embarqua pour les déporter à la Nouvelle-Angleterre ; mais l'embarquement se fit dans le plus grand désordre, et beaucoup de familles furent dispersées. On cite un notaire qui mourut, à Philadelphie, de désespoir de ne pouvoir retrouver ses enfants. Les terres, les maisons et les bestiaux des Acadiens furent confisqués au profit de la couronne, qui les distribua à de nouveaux colons. Les malheureux Acadiens s’établirent en petit nombre à la Nouvelle-Angleterre; beaucoup sur les rives du Saint-John, à la frontière du Maine, quelques-uns à la Louisiane, à Bayou-la-Fourche (Donaldsonvilie); d’autres allèrent en Guyane; enfin quelques-uns vinrent dans les landes du duché de Châtellerauit, habiter un canton qui prit le nom d’Acadie’. «Il n'y a pas d'exemple dans les temps modernes, dit M. Garneau, de châtiment infligé sur un peuple paisible et inoffensif, avec autant de calcul, de barbarie et de sang-froid, que celui dont il est ici question. »

Nous avions été plus heureux à notre droite, dans la vallée de l'Ohio.

Le général Braddock marchait avec 2000 hommes contre le fort Duquesne. A 3 lieues du fort, après avoir passé la Monongahéla, son armée rencontra, le 9 juillet, les troupes françaises commandées par M. de Beaujeu, et composées de 600 sauvages et de 250 Canadiens et soldats. M. de Beaujeu mit ses Canadiens, tous adroits tireurs, au centre, et déploya en demi-cercle ses sauvages aux deux ailes. Le combat s'engagea et dura cinq heures ; nos tirailleurs firent reculer l'armée anglaise, malgré son artillerie. Braddock battit en retraite, en désordre; alors les sauvages chargèrent l'ennemi à

nl ; ‘ . , us Mémoires du marquis d'Argenson, édit, Jannet, LV, 255.

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