‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 57 sur 122 · LA FAMINE · texte numérisé non relu

LA FAMINE

un quart de livre de pain par jour... La livre de cheval vaut 6 sols; on oblige ceux qui sont en état d’en manger de prendre de cette viande par moitié... Le soldat a demi-livre de pain par jour ; pour la semaine on lui donne 3 livres de bœuf, 3 livres de cheval, a livres de pois et 2 livres de morue. » Depuis le 4er avril, la famine augmentant, on ne donna plus au peuple que 2 onces de pain. Tout était d'une « horrible cherté! ». Au mois de mai, il n'y avait presque plus de pain ni de viande; la livre de bœuf valut alors 95 sols; autant la livre de farine ; « et cependant, dit M. Doreil, ils prennent leur mal en patience ».

Pendant ce temps *, chez l’intendant Bigot, on passait le carnaval, jusqu’au mercredi des cendres, à jouer « un jeu à faire trembler les plus déterminés joueurs ». M. Bigot y perdait plus de 200,000 livres au quinze, au passe-dix, au trente et quarante. Pendant qu'on jouait à Québec, chez M. Bigot, on jouait aussi à Montréal chez M. de Vaudreuil. Le roi avait cependant défendu les jeux de hasard; mais ses ordres étaient ouvertement violés, malgré les représentations du marquis de Montcalm, que ces scandales indignaient, et qui craignait de voir toutes les ressources de ses officiers s’engloutir dans « ces jeux de hasard poussés à l'excès ».

Enfin il arriva à Québec quelques bâtiments chargés de farineet de vivres, qui avaient échappé aux innombrables corsaires anglais ; la famine diminua d’intensité,

Tous ces détails sont extraits des pièces 70, 85 et 105 contenues dans le volume : Canada, 1758, au Dépôt de la guerre. La pièce 70 est une lettre de M, Doreil, du 30 avril. — Notons en passant que la livre de poudre valait 4 livres.

? Lettre de M. Doreil, du 26 février 1758.

LA

Se La ge raser Dam g pen an pe he a er Enr

ner

fi be k

PR De Pont Pare

Page 1