‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 58 sur 122 · SE IL · texte numérisé non relu

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Perte de Louisbourg. — Victoire de Carillon.

1758. L'armée du Canada 2: composait au mois de mai 4758, à l'ouverture de la campagne, de 5781 soldats. Pour écraser cette poignée d'hommes, Pitt donna au nouveau général qu’il envoyait en Amérique, à sir Abercromby, 22,000 soldats et 28,000 miliciens, et fit organiser un corps de réserve de 30,000 miliciens. Des troupes aussi nombreuses semblaient assurer la victoire à l'Angleterre; aussi lord Chesterfield écrivait-il à son fils, le 8 février : « ILest très certain que nous sommes assez forts en Amérique pour manger les Français tout vifs au Canada, à Québec et à Louisbourg, si nous savons faire usage de nos forces avec habileté et vigueur. »

Malgré la disette, la rareté des munitions et la disproportion du nombre, le Canada ne désespérait pas de: la lutte : « Nous combattrons, écrivait M. de Montcalm; nous nous ensevelirons, s’il le faut, sous les ruines de la colonie. »

L'Angleterre se prépara à envahir le Canada par trois points ; Louisbourg devait être attaqué par 16,000 hommes ; le fort Carillon par 20,000 hommes; le fort Duquesne par 9000 hommes. Les opérations commencèrent par le siège de Louisbourg.

Dans les premiers jours ”. juin, l'amiral Boscawen, parti de Halifax avec 24 vaisseaux, 18 frégates et 150 transports, débarqua dans l'ile Royale 15,600 soldats, 65 pièces de canon de gros calibre et 42 mortiers;

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cette armée était aux ordres du général Amherst. La garnison de Louisbourg comptait 2900 soldats !, 1200 sauvages et environ 2500 miliciens, soit du Canada, soit de Louisbourg même, en tout à peu près 7000 combattants. Un de nos meilleurs officiers de marine, M. de Beaussier, était parvenu à faire entrer à Louisbourg une escadre de 3 vaisseaux et 2 frégates, qui amena toutes les provisions nécessaires ?. Le gouvernement avait pourvu à tous les besoins de la colonie et des troupes ; mais il n’y avait à Louisbourg que 5 vaisseaux hors d'état de lutter contre la flotte de Boscawen maîtresse de la mer ; de sorte que, par siège ou par blocus et famine, les Anglais devaient prendre Louisbourg, la marine française étant par sa faiblesse hors d'état de lutter contre les flottes de l'Angleterre. On commençait dès lors à subir les conséquences de notre intervention dans les luttes de Frédéric le Grand et de Marie-Thérèse; dès 1758, la mer était aux Anglais, et la défense de nos colonies désormais impossible.

Les fortifications de Louisbourg, malgré les représentations du gouverneur de la place, M. de Drucour, étaient en mauvais état et incomplètes; une partie était écroulée. « Rien en ce pays, dit M. La Houlière, ne tient contre les rigueurs des saisons. La terre de Louisbourg, quand elle est sèche, n'a pas plus de consistance que la tourbe et Ja cendre; l'air

! Sur lesquels 2040 seulement étaient en état de combattre. — Les détails de ce siège sont extraits : d’une lettre de M. de Drucour, du 26 juillet (Dépôt de la guerre, Canada, 1758, pièce 172), du rapport de M. La Houlière, adressé au ministre de la guerre le 6 août 1758 (Dépôt de la guerre, vol, 3499, pièce 13), et de l'excellent ouvrage: Lettres et Mémoires pour servir à l'histoire naturelle, civile et politique du cap Breton, etc.

? Mémoires du duc de Luynss, 26 juin 1758.

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