M RE
en à AE FLE Me pa x T'Y: s
leureuses... Le succès de l'affaire est dû à la valeur incroyable de l'officier et du soldat. »
Le soir de la victoire, l'heureux et brillant général écrivait, sur le champ de baâtaille même, à M. Doreil, son ami :
L'armée, et trop petite armée du Roi, vient de battre ses ennemis. Quelle journée pour la France ! Si j'avois eu deux cents sauvages pour servir de tête à un détachement de mille hommes d'élite, dont j'aurois confié le commandement au chevalier de Lévis, il n’en seroit pas échappé beaucoup dans leur fuite. Ah! quelles troupes, mon cher Doreil, que les nôtres ! je n'en ai jamais vu de pareilles !.
Le trait suivant peut donner une idée de la valeur de ces troupes : « Au mois de juin 1758, n'étant pas trois mille au moment d'être attaqués à Carillon par vingt-quatre mille hommes, Anglais et Américains, nous n'avions pour défense qu’un retranchement fait en quinze heures avec des troncs d'arbres dont les branches formaient une fraise en avant. Cent cinquante volontaires, commandés par Duprat, capitaine au régiment de la Sarre, éclairaient la marche de l’armée anglaise, se repliant à mesure qu’elle avançait. Sortis des bois et à la vue de nos drapeaux : « Je vous les amène », dit Duprat. De toutes parts on l'invite à prendre le plus court en escaladant le retranchement dont on lui faciliterait le passage : « Non, non, s'écriet-il, à Dieu ne plaise que je leur en donne l'exemple ! » et, sous le feu de sept colonnes ennemies, il fait le tour pour entrer par les barrières. Ce début méritait d'ouvrir une action dont le résultat fut, après dix heures
1 Cette lettre, si charmante de simplicité, a été imprimée dans le Mercure de France, janvier 1760, p. 211.
aleur in-
général . Doreil,
attire ses eu deux de mille ment au oup dans que les
| valeur ant pas lon par ricains, ent fait ont les nt cin- \pitaine de l’arrançait, Je vous nvite à hement 'écrie- 2! yet, le tour t d’ouheures
dans le
de combat, la défaite complète des Anglais avec perte de six mille hommes, »
Le marquis de Montcalm demanda son rappel en France, pour toute récompense de la victoire qu'il avait remportée à Carillon ?; il était fatigué de la jalousie mesquine et du mauvais vouloir de M. de Vaudreuil * ; les intrigues qu'on tramait sans cesse autour de lui l'irritaient; le spectacle des désordres et des abus qu'il ne pouvait réprimer, étant « aussi subordonné » qu'il l'était, tout lui faisait vivement désirer de quitter le Canada; de plus, sa santé s'usait et sa bourse s'épuisait *.
Quelque temps après avoir été battu à Carillon, Abercromby envoya le colonel Bradsteet, avec 3000 hommes, attaquer Frontenac. Ce fort, ou, comme l’ap-
? Notice historique sur les sauvages de l'Amérique septentrionale par le citoyen BouGain vies, lue le 7 thermidor an VII. — Mémoires de l'institut (Sciences morales et politiques), t. III, p. 324.
? Lettre au ministre de la guerre, 12 juillet 1758. (Dépôt de la guerre.)
% « Il est dur pour un général bien intentionné, écrivait M. de Montcalm, de se trouver à 1500 lieues, de servir hors de son département et d’avoir toujours à craindre la nécessité de se justifier. » (Lettre au ministre de la guerre, 1°" août 1758).
*« Ma santé s’use ; le travail, l'inquiétude et le chagrin ne peuvent que l’altérer. Au milieu des succès, j'ai à craindre qu'on ne cherche à faire désapprouver ma conduite; et, si la fortune m'eût abandonné, on m’auroit peint comme coupable de mesures mal prises. » (Lettre au ministre de la guerre, 1°" août 1758.) — Les observations que M. de Vaudreuil eut le tort grave de joindre au rapport du marquis de Montcalm sur la bataille de Carillon justifient les appréhensions du général,
Le 11 octobre 1758, M. de Montcalm, écrivant à M. de Crémille, lui répétait ce qu'il avait dit au ministre de la guerre le 1° août: ‘ Ma santé s’use; ma bourse s’épuise ; je dois 10,000 écus dans une colonie où tous ceux qui sont en place ne mangent pas, pour l’ordinaire, leur bien. Cependant M. Houart, intendant, y a laissé aussi maladroitement que moi des dettes... »
me nee Let à as 4 vs
ML Tr Re - =
FES, ÉË res CE
6 2e. gt à de Em >