AUTRE RELATION DE LA BATAILLE DE LA BELLE-RIVIÈRE
Les ennemis avoient trois corps d'armée : l’un étoit destiné pour les Trois-Rivières, où ils ont échoué; le corps étoit de 3000 hommes, commandés par le général Braddock. Leur intention étoit de faire le siege du fort Duquesne; ils avoient beaucoup d'artillerie, beaucoup plus qu'il n’en faut pour faire le siège des forts de ce pays. La plupart ne valent rien, quoiqu'ils aient beaucoup coûté au Roi. M. de Beaujeu, qui commandoit dans ce fort, prévenu de leur marche et fort embarrassé de pouvoir, avec le peu de monde qu'il avoit, empêcher ce siège, se délermina à aller au-devant de l'ennemi; il le proposa aux sauvages qui étoient avec lui, qui d’abord rejetèrent son avis et lui dirent : « Quoi! mon père, tu veux done mourir et nous sacrifier! les Anglois sont plus de 4000 hommes et nous autres nous ne sommes que 800, et tu veux les aller attaquer! tu vois bien que tu n’as pas d'esprit; nous te demandons jusqu’à demain pour nous déterminer. » Ils tinrent conseil entre eux : ils ne marchent jamais qu'ils ne fassent de même. Le lendemain matin, M. de Beaujeu sortit de son fort avec le peu de troupes qu'il avoit, et demanda aux
La
F Ben g re PR COS TE marne RUE Los Ta ages À
El