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sauvages quelle avoit été leur délibération; ils lui répondirent qu'ils ne pouvoient marcher. M. de Beaujeu, qui étoit bon, affable, et qui avoit de l'esprit, leur dit : « Je suis déterminé à aller au-devant des ennemis. Quoi! laisserez-vous aller votre père seul? je suis sûr de les vaincre. » Ils se décidèrent alors à le suivre. Ce détachement étoit composé de 72 hommes de troupes, de 146 Canadiens et 637 sauvages. La rencontre s'est faite à 4 lieues du fort, le 9 de juillet, à une heure après midi. L'affaire a duré jusqu'à cinq. M. de Beaujeu a été tué à la première décharge. Les sauvages, qui l’aimoient beaucoup, vengèrent sa mort avec toute la bravoure imaginable ; ils obligèrent l'ennemi à prendre la fuite après une perte considérable. Cela n’est pas extraordinaire : leur facon de se battre est bien différente de celle de nous autres Européens, laquelle ne vaut rien en ce pays. Les Anklois se mirent en bataille, présentèrent un front, à qui? à des rommes cachés derrière des arbres, qui, chaque coup de fusil, en cuibuicicat un ou deux, c’est ainsi qu'ils défirent entièrement les Anglois, et cela presque tous de vieilles troupes qui avoient passé l'hiver dernier. On fait monter la perte des ennemis à 1500 hommes. M. Braddock, leur général, y a été tué et quantité d'officiers. On leur a pris 13 pièces d'artillerie, beaucoup de boulets et de bombes, cartouches et poudre, et farine, 100 bœufs, 400 chevaux tués ou pris. tous leurs chariots pris ou cassés. Si nos sauvages n0 s'étoient pas amusés à piller, il ne s’en seroit pas retourné un. Il y a grande apparence qu'ils ne tenteront plus rien pour cette partie, puisqu'’en se retirant ils ont brûlé un fort qu'ils avoient établi pour leur retraite. Nous avons perdu 3 officiers, dont M. de Beaujeu, 25 soldats, Canadiens ou sauvages, environ autant de blessés.
Extrait de la pièce 106, vol. 3405, archives du Dépôt de la guerre.
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la guerre.