‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 82 sur 122 · PAULMY · texte numérisé non relu

PAULMY

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Nous sommes au moment, Monseigneur, de commencer uos opérations et d'agir offensivement sur la frontière du lac Saini-Sacrement; le manque de vivres nous a empêchés de les commencer plus tôt, et nous ignorions aussi de quel côté les ennemis dirigeoient leurs forces. Il paroît qu'ils ont formé le projet de faire le siège de Louisbourg; ils nous donnent en même temps quelques inquiétudes pour Québec; il nous sera facile de nous opposer à ce dernier et d'y porter nos forces, mais pour Louisbourg, nous ne pouvons y faire passer que de faibles secours ; il doit tout attendre de nos forces navales d'Europe $Si les ennemis s'étoient portés du côté de la Belle-Rivière, je devois y marcher avec un assez gros corps de troupes, mais, comme ils ne font aucun mouv2ment sur celte partie, nous assemblons nos plus grandes forces pour agir sur les frontières de la Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-York; nous avons quantité de sauvages de toutes les nations. Je partirai dans deux jours pour me rendre au lac Saint-Sacrement ; je trouverai M. de Bourlamaque au camp de Carillon; M. de Montcalm me joindra dans peu de jours avec les dernières troupes. Je vais d'avance tout disposer et faire passer de l'artillerie et des bateaux dans le lac Saint-Sacrement. Si les circonstances nous permettent de faire le siège du fort George, je commanderai le corps de troupes qui fera l’avantgarde et qui sera en observation pour couvrir le siège; il sera composé de tous les sauvages, des Canadiens et des meilleurs marcheurs des troupes de terre et de celles de la marine. L'incerlitude du sort de ma lettre fait que je n'ose pas entrer dans de plus grands détails.

J'espère que cette expédition me mettra à portée de mériter de nouvelles grâces du Roi; je ne les attends, Mouscigneur, que de vos bontés et de votre protection.

Dépôt de la guerre, vol. 3457, pièce 77. — Original.

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