‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 86 sur 122 · LETTRE DU MARQUIS DE MONTCALM AU GÉNÉRAL WE£BB · texte numérisé non relu

LETTRE DU MARQUIS DE MONTCALM AU GÉNÉRAL WE£BB

Pour l'informer du massacre de quelques Anglais par les sauvages.

Le 14 août 1757.

Monsieur, la défense honorable du colonel Mourow' m'a déterminé à lui accorder et à sa garnison une capitulation honorable ; elle n’auroit pas souffert la moindre altération, si vos soldats n’avoient donne du rhum, si cetle troupe avoit voulu sortir avec plus d'ordre et exécuter ce que je lui avois fait prescrire, et si les Abénaquis de Panaouské, en Acadie, n'avoient cru avoir à se plaindre de quelques mauvais traitemens. Vous savez ce que c'est que de contenir 3000 sauvages de 33 nations différentes, et je n'en avois que trop de crainte, que je n’avois pas laissé ignorer dans ma sommation au commandant du fort. Je m'estime heureux que le désordre n'ait pas eu des suites aussi fâcheuses que j'étois en droit de le craindre ; je me sais gré de m'être exposé personnellement, ainsi que mes officiers, pour la défense des vôtres, qui rendent justice à tout ce que j'ai fait dans celte occasion. Je vous ferai conduire demain les prisonniers el vos officiers que j'ai rassemblés et repris des mains des sauvages ; ils seront escortés par 2 compagnies de grenadiers et 200 volontaires : ils seront conduits jusqu'au ruisseau qui est au milieu du chemin. Je vous prie d'y faire trouver un pareil détachement pour les recevoir, qui ramènera le détachement que je vous envoie pour la sûreté du sieur Hamilton.

Tous les blessés, parmi lesquels deux officiers, devant être à ma garde, sont partis avec un de mes chirurgiens et tous

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les secours possibles, pour se rendre à Montréal. J'ai dépêché un courrier à M. le marquis de Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France, pour reprendre des sauvages tous les prisonniers de votre garnison; et, lorsque je les aurai fait rassembler, ils seront envoyés, par un bâtiment armé en paquebot, pour leur plus grande sûreté, à Louisbourg ; le commandant de cette place les enverra à celui d'Halifax. Lorsque l'on aura rassemblé, conformément à la capitulation, le peu de Francçoiset Canadiens que vous pouvez avoir prisonniers depuis le commencement de cette guerre, je vous demande de les faire conduire à Halifax pour être échangés avec les vôtres que j'enverrai à Louisbourg. La communication de Carillon à votre frontière est toujours trop infestée de nos partis sauvages aux uns et aux autres pour qu'il y ait sûreté. J'ai gardé les prisonniers et vos officiers que j’avois rassemblés jusques à aujourd'hui, pour laisser calmer la fureur des sauvages. J'ai l'honneur de vous adresser des lettres pour Son Excellence milord Lawdon, à qui je rends compte de ce qui s’est passé. Je n’enverrai demain aucun parti sauvage à la guerre.

Dépôt de la guerre, vol. 3457, pièce 123.

LETTRE DÙU MARQUIS DE MONTCALM A MILORD LAWDON, GÉNÉRAL EN CHEF DES FORCES ANGLAISES,

Pour l’infornier du massacre de quelques Anglais par lés sauvages.

14 août 1757.

Milord, la défense honorable du lieutenant-colonel Mou-

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