‹ Le Canada sous la domination française [microforme]Chapitre 95 sur 122 · USE · texte numérisé non relu

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pour le bien et par zèle pour le service du Roi. Quand M. de Vaudreuil auroit de pareils talents en partage, il auroit toujours un défaut originel : il est Canadien. Cette qualité tire plus à conséquence que je ne puis le dire. M. le marquis de Montcalm connoît à présent à fond ce que comporte le pays mieux que M. de Vaudreuil; il sait la manière de traiter avec les sauvages, de se les attacher et de les faire agir suivant les circonstances. ils le connoissent, l’aiment, le respectent et le craignent. C’étoit une erreur populaire d’imagiuer qu'il falloit M. de Vaudreuil en Canada uniquement à cause des sauvages. Il seroit fort à souhaiter que M, Duquesne y fût resté jusqu’à présent ; agissant de concert avec M. le marquis de Montcalm son ami, ils auroient fait de grandes choses. Au surplus, cette place, qui peut être bien remplie, exige un officier général de terre et non un marin. M. de Vaudreuil n'est ni l’un ni l'autre. La guerre se fait à présent ici comme en Europe, et les fonctions de gouverneur général ne regardent en aucune façon la marine; aussi n'est-ce que depuis une trentaine d'années que la colonie est gouvernée par des marins, quoique avant ce temps-là, la guerre ne se faisoit pas comme aujourd’hui. Que vous serez sans doute bien surpris, Monseigneur, el tout le royaume le sera, de n’apprendre la nouvelle du grand événement qui vient de se passer, peut-être qu’à la fin d'octobre. La frégate Z4 Valeur, choisie pour la porter, est commandée par le capitaine Canon, fameux corsaire de Dunkerque; il est prêt à partir depuis quinze jours, et je ne serois pas surpris quand il ne seroit expédié que dans un mois. C'est avec la même lenteur que tout se fait ici; le vaisseau qui porta la nouvelle de la prise de Chouegen, en 1756, dont la conquête fut terminée le 14 d'août, ne mit à la voile que le 22 septembre; il y eut à peu près le même retard l’année dernière pour faire partir la nouvelle de la ! prise du fort Guillaume-Henry. On vient m'assurer que M. Péan, capitaine aide-major de Québec, doit passer en France sur cette frégate ; si cela est, il sera chargé de porter $ la nouvelle à M. de Moras. Je prendrai toutes les mesuré |

PIÈCES JUSTIFICATIVES 277 | and M.de | possibles, Monseigneur, pour que vous puissiez la recevoir Li uroit tou- ? en même temps, et peut-être auparavant. Cela donnera lieu Hit 1 ualité tire à une autre lettre secrète que j'aurai l'honneur de vous écrire Ne | narquis de la veille du départ du capitaine Canon. Voilà, Monseigneur, il À te le pays un détail de choses bien fortes et bien importantes que je qu # de traiter dépose dans le sein de mon respectable ministre avec ni e agir Sul- pleine confiance, me flattant que je ne serai point com- de | nt, le res- promis et qu'il me saura gré de mon zèle, qui est en j fl ire d'ima- vérité à toute épreuve. Je suis, etc. 4! niquement k ‘t r que M. Dépôt de la guerre, vol. 3498, pièce 191. — Original signé.

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LETTRE DE M. DE BOUGAINVILLE, AIDE DE CAMP DU MAR- QUIS DE MONTCALM, AU MARÉCHAL DE BELLE-ISLE, MINISTRE DE LA GUERRE,

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la fin d'oc- | Pour lui donner avis du rétablissement de l'entente

» est com À entre MM. de Vaudreuil et de Monicalm. 44 4 e de Dun- | 4 s, et je nc # | à dane Un | A Montréal, le 10 août 1758. :

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Monseigneur, des tracasseries excitées entre les chefs par des subalternes intéressés à tout brouiller, pouvoient produire un refroidissement entre eux toujours préjudiciable au plus grand bien des affaires. M. le marquis de Montcalm m'a envoyé ici avec ordre de lever toute difficulté, dissiper tout soupcon, donner toutes les explications, rétablir enfin entre M. le marquis de Vaudreuil et lui la bonne intelligence intérieure ; car l'extérieure a toujours subsisté ; et il a tâché que la colonie, l'État et le service ne souffrissent jamais de sa

part de discussions particulières. M. le marquis de Vaudreuil m'a paru dans les meilleures dispositions du moude à cet égard. Je n'ai pas eu de peine à le convaincre de la droiture des intentions de mon général. Il m'a assuré qu’il vouloit anéantir jusqu'à la trace de tous les rapports passés, qu'il donneroit toujours à ceux qu'on lui pourra faire encore la valeur qu'ils méritent, et qu'il désiroit vivre avec M. le marquis de Montcalm, non seulement avec la confiance parfaite duc à sa place, à ses talents et à son expérience, mais encore avec l'amitié qu'on ne peut refuser à l'excellence de son cœur et à la droiture de ses intentions. Les mêmes gens qui ne peuvent attacher à leur personne que cette existence vile et basse que donnent quelquefois les tracasseries entre les gens en place, les intrigants qui les font naître, qui d’ailleurs ont peut-être un intérêt pécuniaire et de concussion à ce que les conseils d’un homme, citoyen aussi intègre que juge éclairé, ne soient pas crus en tout, chercheront sans doute encore à tracasser ; ils essayeront de rompre ou d’altérer l'union qui me paroit aujourd'hui parfaitement et de bonne foi rétablie entre nos chefs. J'ai pris la liberté d’en avertir M. le marquis de Vaudreuil, qui m'a assuré qu'il n’auroit jamais ou ne croiroit jamais avoir aucun sujet de plainte contre M. le marquis de Montcalm, qu'il ne s’en expliquât sur-le-champ directement avec lui-même. C'est le moyen que le levain ne fermente pas et que la cordialité subsiste. Je suis en droit de vous assurer, Monseigneur, que de son côté mon général aura toujours la plus grande attention pour que rien ne la puisse rompre, et que même il continuera à faire toutes les avances qui lui paroîtront à cet égard nécessaires. Il m'a ordouné de vous rendre compte de ma commission ; elle est, je crois, remplie, et je repars pour l'armée. J'ai été flatté qu'il ait bien voulu me la donner, mon désir unique étant d'être employé continuellement et en tout genre à tout ce qui peut être utile au bien du service. Je suis, elec.

Dépôt de la guerre, vol. 3499, pièce 24, — Original.

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LETTRE CONFIDENTIELLE DE M. DOREIL AU MARÉCHAL DE BELLE-ISLE, MINISTRE DE LA GUERRE,

Pour le meltre en garde contre les manœuvres de M, de Vawdreuil el de M. Péan.

À Québec, le 12 août 1758.

Monseigneur, enfin la frégate va partir demain, si le vent le permet ; il est temps ; nous voici au trente-cinquième jour du grand événement dont elle va porter la nouvelle ‘. Je dois avoir l'honneur de vous prévenir, Monseigneur, que M. Péan, capitaine aide-major de Québec, est chargé de la porter à M. de Moras, et toutes les dépêches de M. le marquis de Vaudreuil et de M. Bigot?, au grand regret du capitaine Canon, qui avoit compté sur cette commission. J'ai pressenti ce dernier pour l’engager à devancer M. Péan à la Cour et à vous apprendre la nouvelle en même temps qu'à M. de Moras; il m'en a donné sa parole d'honneur; en conséquence, Monseigneur, je lui remets à la main une lettre pour vous, dont je lui ai donné lecture pour l'engager davantage à me tenir parole. Je lui remets de plus un ou deux paquets pour vous, Monseigneur, et pour M. de Crémille, et autant pour M. de Moras, afin qu'il soit autorisé à prendre des chevaux de poste sans retardement ; j'ai mis le surplus des dépêches de M. le marquis de Montcalm et des miennes dans des paquets avec plusieurs lettres particulières pour être ou-

‘ La victoire de Carillon.

? À partir d’ici toute la dépêche est chiffrée.

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