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verts au lieu du débarquement et mis sans affectation au premier bureau de poste comme lettres de particuliers ; j'ai cependant dit au capitaine Canon que si, sans être aperçu de M. Péan, il peut, au moment de son arrivée en France, se charger de toutes nos dépêches pour la Cour, d'ouvrir les paquets et d'en faire le triage. Je prends toutes ces précautions, Monseigneur, pour que vous soyez informé aussilôl que le ministre de la marine, que vous puissiez informer le Roi, et pour éviter l'interception ou le retard de nos dépèêches au bureau de la marine, chose qui est déjà arrivée. Nous vous supplions, Monseigneur, de donner quelques marques de bonté et de satisfaction au capitaine Canon, et de lui procurer quelque grêce s’il est possible.
A l'égard de M. Péan, c'est un officier vendu à M. de Vaudreuil et à M. Bigot, qui depuis que nous semmes en Canada n’a pas fait une campagne et a toujours été constamment occupé auprès d'eux de la partie des subsistonces, pour laquelle il a éte d'autant plus utile qu'il y est intéressé, Il va porter la nouvelle d'une action où il n'étoit pas, et dont il est sans doute chargé de parler fort en détail; sa mission s'étend vraisemblablement plus loin encore. Il passe en France sous prétexte de prendre les eaux de Barèges pour des douleurs à un bras ; je crois qu'il en a besoin, mais je suis convaincu qu'on ne l’auroit pas laissé aller cette année sans quelque raison particulière. Au surplus, Monseigneur, c'est un officier qui doit vous être suspect par ce que je viens de dire, et parce qu'il a fait une fortune si rapide depuis huit ans, qu'on lui donne deux millions.
M. le marquis de Montcalm ne cesse de m'écrire, Monscigneur, pour me réitérer ses instances de vous représenter ia nécessité de la paix cet hiver ; sans quoi les choses restant sur le même pied où elles sont, les Anglois auront le Canada l'année prochaine. Nous sommes comme des malades à l'agonie, de qui la providence et l'habileté du médecin prolongent les jours de quelques instants. Je compte. Monseigneur, que toutes les lettres par lesquelles j'ai l'hinneur de vous rendre compte en toute confiance, et par devoir, des particu-
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age larités dont il est essentiel que vous soyez informé, seront
euh tenues dans le plus graud secret. Je suis, etc.
‘ance, Dépôt de la guerre, vol. 3499, pièce 28. — Original chiffré.
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