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pense du Canada, on veut tout garder. Comment abandonner des positions qui servent de prétexte à faire des fortunes particulières ?
Les transports sont donnés à des protégés. Le marché du muuitionnaire m'est inconnu comme au public ; on dit que ceux qui ont envahi le commerce sont de part. Le Roi a-t-il besoin d'achats, de marchandises pour les sauvages ? Au licu d'acheter de la première main, on avertit un protégé qui achète à quelque prix que ce soit; de suite M. Bigoi les fait porter aux magasins du Roi, en donnant 100 et même 150 pour 100 de bénéfice à des personnes qu'on a voulu favoriser. Faut-il faire marcher l'artillerie, faire des aflûts, des charrettes, faire des outils ? M. Mercier, qui commande l'arlillerie, est entrepreneur sous d'autres noms; tout se fait mal et cher. Cet officier, venu simple soldat il y a vingt ans, sera bientôt riche d'environ 6 ou 700,000 livres, peut-être un million, si ceci dure. J'ai parlé souvent avec respect, sur ces dépenses, à M. de Vaudreuil, à M. Bigot ; chacun en rejette la faute sur son collègue. Le peuple, etfrayé de ces dépenses, craint une diminution sur le papier-monnoie du pays; mauvais effet; les vivres en augmentent. Les Canadiens qui n'ont pas part à ces prolits illicites trahissent le gouvernement; ils ont confiance au général des François ; aussi quelle consternation sur un bruit ridicule qui a couru cet hiver qu'il avait été empoisonné. Nous avons été chassés du fort Duquesne à la fin de novembre ; on pouvoit espérer que cette opération eût été différée par les Anglois jusqu’en avril ; mais les ennemis savoient par leurs sauvages et nos déserteurs l'ordre trop public de M. de Vaudreuil d'abandonner. On ne m'a jamais fait part ni des instructions ni des nouvelles qui avoient rapport aux opérations de guerre dont je n’ai pas été chargé ou M. le chevalic: de Lévis. Si j'ai donné souvent mon avis, même par écri, c’'a élé sur ce que j'apprenois comme le public. Malgré tout ce que l’on écrira, les sauvages des Pays-d’en-haut commencent à s’ébranler et à traiter avec les Anglois; les Cinq-Nations sont mal disposées. Le seul M. de Vaudreuil a voulu persuader à la Cour qu’elles étoient