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Altesses Royales sont passées dans la province française du Canada ? Dans quelle partie d’Ontario, dans quelle partie du Dominion tout entier, l’héritier présomptif et sa royale com- Pagne ont-ils reçu plus belle et plus joyeuse bienvenue ? Où leur at-il été présenté des adresses mieux tournées, empreintes de plus de loyauté ? Quiconque, après avoir lu les détails de cette réception dans la province de Québec, tels que relatés par la presse quotidienne des principales villes dn Canada, persistera à traiter ce peuple de déloyal, :£ritera lui-même d’être appelé insensé, ou quelqu'autre gros mot encore plus dur.
Déloyaux, les Canadiens-Français ! Dites donc, est-ce sir Adolphe Caron ou sir Henri Joly de Lotbinière, l’ancien premier ministre de sa province, aujourd’hui lieutenant-gonverneur de la Colonbie Britannique, comme tel un des représentants de Sa Majesté au Canada ? où encore M. Monk, le distingué et pcpulaire chef des conservateurs de Québec aux communes ? Sir Antoine Aimé Dorion était-il déioyal? Etaient-ce des déloyaux que sir E. P. Taché, l’ancien éloquent orateur du Conseil Législatif ? ou son révérendissime frère
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l'illustre archevêque de Saint-Boniface, l’habile et heureux médiateur de 1870 entre le Souvernement d'Ottawa et les insurgés métis ? ou sir N. F. Belleau ? ou sir Georges Cartier, l’ami et collègue de sir John A. Macdonald ?
Et que d’autres noms illustres se pressent sous notre plume ! Franchement, il est pénible de se voir obligé de particulariser ainsi pour défendre nos compatriotes canadiens-français con tre une imputation aussi absurde, aussi disgracieuse, aussi insolente que celle-là, accusation répandue ça et la par des gens dont la plupart ne peuvent être que des irréfléchis et des ignares, de méchants envieux, ou des fanatiques pétris de préjugés. Mais pour celui qui, comme l’auteur de ces pages, a été l’objet de tant de bontés de la part des Canadiens-Fran- Sais, et qui a appris à les connaître, cette tâche, si oiseuse qu’elle soit, sera une véritable jouissance, s’il peut réussir à convaincre ses lecteurs qu'entre tous les Canadiens nuls ne professent une plus sincère loyauté envers le roi d’Angleterre que ceux de la province de Québec, si injustement calomniés.
Malheureusement, il ne manque pas d’entêtés qui, s'étant habitués à l’idée contraire, y
tiennent mordicus et ne veulent entendre aucune des raisons plus haut énumérées. Il ne faut pas aller loin pour trouver des exemples de cet état d'esprit. Tous les jours, quand on cite à ces obstinés la plus récente, et non la moins éclatante des nombreuses marques de loyauté du peuple de Québec : son attitude pendant la guerre d’Afrique ; quand on lui montre le Canadien-Français s’enrôlant volontaire, allant au Transvaa!, tombant sur lechamp de bataille, expirant dans la poussière du veldt, ils nous répondent froidement que les Canadiens-Français en général, le premier ministre du Dominion en particulier, n’ont guère montré d'enthousiasme au premier moment et ont mollement secondé le gouvernement métropolitain lorsque le brave, mais fanatique peuple Boer jeta le gant à l’Angleterre en envahissant le Natal et la Colonie du Cap. Mais voyons, soyons de bon compte : n’y avait-il pas aussi bon nombre des nôtres qui manquaient d’enthousiasme au même moment ? Tout le peuple anglais lui-même, tous les ,hommes d'Etat d’'Angi:terre, étaient-ils alors bien chauds pour la politique sud-africaine du gouvernement Salisbury ? Ce regretté et patrio-
HOX. CHARLES LANGELIER,
(ANCIEN SECRÉTAIRE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC), SHERIF DU DISTRICT DE QUEBEC,
BDANDURAND, C.R.,
HOX.