MONUMENT CHAMPLAIN
A QUÉBEC
de modifications successives qui relèveront le niveau jusqu’à ce qu’il ait au moins atteint celui des systèmes scolaires de pays plus âgés et plus riches, Ils ne désespèrent nullement de voir le jour où les divers systèmes d’instruction publique du Dominien tout entier seront assez avancés pour qu’un Lavoisier canadienfrançais, un Doré Canadien-français, un LeBrun Canadien-français, fassent bonne figure aux côtés d’un Boyle Irlandais-canadien, d'un Millais anglo-canadien, d'un Burns Ecossais- Canadien, dans les sciences, dans les beaux-arts et dans les lettres,
Mais peut-être MY at-il pas, dans la physionomie morale du Canadien-Français, de trait plus expressif —expressif plutôt que saillant tout de même—que le dévouement à sa religion, état d'âme dont nous avons déjà esquissé les motifs dans un précédent chapitre. Le visiteur qui ne fait que passer sera peut-être plutôt frappé d'autres Caractéristiques, mais un contact plus intime avec l'homme ne tarde Pas à faire découvrir chez lui une singulière et impressionnante dose de religion—ne pas confondre avec la religiosité. Rien qui ressorte bruyamiment, d’une manière agressive, fi
même avec ostentation ; et pou:i1nt c’est d'un effet de rayonnement intense. ‘À mesure que vos relations personnelles atcc lui se prolongent, vous ne pouvez vous dérendre d'émotions de plus en plus profondes et obsédantes à la vue de cet homme qui croit implicitement, sans discussion, aux redoutables mystères du christianisme, qui se recommande en toute confiance au Bon Dieu, qui accepte sans murmurer tout ce qu’enseigne son église, à l’infaillibilité de laquelle il croit sans effort. Non qu'ilaime à disputer sur ces sacro-saintes questions ; il se contente de remplir les devoirs que sa foi lui impose. Il évite les controverses en matière de religion, à moins qu’il n’y soit forcé pour se défendre ; et il faut lui rendre cette justice, que, tout en croyant consciencieusement que le catéchisme qu’on lui a enseigné contient tout l'Evangile sans mutilation, ‘‘ la Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité,’ il concède volontiers aux autres le droit de croire aux enseignements de leur propre religion. Vous passerez des années en sa compagnie sans jamais le voir prendre l'initiative d'une dispute théologique. Cherchez tant que vous voudrez à lui engendrer chicane à propos de religion,
vous en serez quittes pour vos frais d'éloquence ; toute provocation de cette nature le laissera froid à moins, bien entendu, que, pour éviter le Scylla de la controverse, il n'ait d'autre alternative que de tomber dans le Charybde de la couardise. Mais, s’il n'est pas disputeur, il n’en est pas moins profondément religieux. Peut-être, jusqu’à un certain point, est-il si religieux parcequ’il n’est pas disputeur? A tout événement, comme c'est son esprit de foi qui Paraît être la base de ses nombreuses vertus, on peut penser que c’est ce même esprit de foi qui lui donne cette endurance pacifique, si remarquable par comparai- Son avec tant d’autres.
Ainsi,l’ Irlandais catholique du commun, pour ñe pas chercher plus loin, est beaucoup plus enclin à la controverse que son coreligionnaire canadien-français : il peut même professer un ultramontanisme plus bruyant; mais est-il plus vraiment religieux? Nul ne s'imposera plus de sacrifices pour ne pas manquer la messe du dimanche et tous les autres jours d’obligation, et pendant l'office divin il est d’une tenue assez dévote, assez exemplaire, pour faire la joie des plus sévères maîtres de cérémonie.
Mais l'instant d’après, il n’a pas plutôt franchi le seuil du temple qu’il est prêt à se mesurer avec le premier malheureux d’hérétique qui lui barrera le chemin. 11 ne sera peut-être pas le premier à attaquer, mais la provocation du regard bi-latéral qu'il jette en passant sur chaque infortuné protestant qu'il rencontre indique assez qu’il serait enchanté de trouver la moindre excuse pour entamer un petit bout de discussion à propos de religion. Il est possible après tout que le mobile de son attitude batailleuse soit autant la haine héréditaire du Saxon lui-même que la réprobation de son schisme, Par contre, le Canadien-Français, la messe dite, s’en va tout bonnement déjeuner ou diner en famille, puis il consacrera le reste de la journée à d’honnêtes récréations. On trouverait difficilement de plus beau type de l’Irlandais catholique, dans la classe sacerdotale, que le défunt Father Wm Burk, l'éloquent dominicain, ou peut-être mieux encore, le Rév.
Tom Maguire de controversale mémoire: du côté canadien-français, nous ne trouvons rien de mieux à citer que le Æafher Laurent, mort en 1901 à Lindsay, Ontario, regretté par tous ceux qui l'ont connu, et aux funérailles
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