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duquel s’est vue une manifestation exceptionnel'e de vénératior :t de chagrin, à laquel'e prit part toute Ja Population, sans distinction de croyances.
Le Canadien - Français a singulièrement échappé aux atteintes de l'incrédulité. De Voltaire à Renan, l'impiété à fait des progrès joliment rapides en France, hélas ! Depuis Hobbes et Hume jusqu'à Bradlaugh, l'incrédulité a aussi gagné du terrain en Angleterre, deux fois hélas ! Depuis Volney jusqu’à Ingersoll, le même Cancer s’est aussi plus ou moins propagé dans quelques parties de l'Amérique du Nord, trois fois hélas ! Au milieu de toute cette contamination, le Canadien-Français est resté invulnérable : sa religion l'a sauvé. Il résulte de l’observaticn Personnelle de l’auteur qu'il faut sortir de la Province de Québec Pour se trouver en contact quotidien avec des esprits-forts qui affectent Pompeusement de ne croire à rien : une seule grande ville américaine en contient plus que toute la province Canadienne-française du Dominion. Je pourrais même, sans crainte de me tromper, comprendre dans ce calcul tous les Canadiens-Français qui
ont émigré dans les autres provinces du Canada ou dans les Etats voisins.
Quand on a vu, comme celui qui trace ces lignes, la royale splendeur du culte rendu à la Trinité sous les grandes voutes de leurs cathédrales ; les cérémonies fleuries et parfumées telles qu'elles se déroulent dans leurs églises paroissiales ; les exercices de dévotion plus modestes, mais non moins impressionnants, qui se pratiquent avec tant de décorum dans leurs petites chapelles ; les instructions religieuses qui forment partie du programme de tous les jours dans leurs collèges, académies et écoles primaires ; les œuvres de piété et de charité qu’accomplissent sans bruit leurs innombrables confréries ; la multitude d'hommes, femmes et enfants qui peuvent être vus presque à toute heure du jour se livrant à leurs pratiques de dévotion particulières dans les oratoires et chapelles, dans les églises et les basiliques—les uns priant pour l'heureux retour des absents, d’un père ou d’une mère, d’un époux ou d’une épouse, d'un fils ou d’une fille, d’un ami ou d’un voisin ; d'autres appelant les lumières d’en haut sur quelque âme dévoyée, égarée dans les sentiers
ténébreux ; celui-ci Suppliant la Divinité de lui enlever des épaules la croix qui l'écrase, ou de lui donner la force de la porter jusqu'au bout ; cet autre rendant grâces pour une faveur obtenue au pied du même autel : ici, des prières
pour l'heureuse consommation de quelque œuvre pieuse ; 1à des gens en deuil absorbés en de pathétiques intercessions pour que le repos éternel et la Iumière perpétuelle ne soient pas refusés à l'être chéri qui vient de leur être enlevé, sans oublier tous les autres fidèles défunts ;—quand on a vu tout cela, oh ! com
ment pourrait-on encore douter de la sincérité religieuse de ce peuple ? Faut-il s'étonner, dès lors, qu’il soit fier de sa race, étroitement attaché à sa religion ? fit peut-on trouver à redire s’il ressent profondément l'insulte et l'opprobre lancés à l’une ou l'autre ?
Mais, dira-t-on, toutes ces pratiques dévotieuses dont vous venez de parler n'ont d'autre Source que l'ignorance de la vérité, la frayeur de l'inconnu : à en croire certaines gens, tout cela ne dénote qu'une chose, Ja superstition, non le véritable esprit religieux. Et, Pour compléter leur pensée, ces contradicteurs citeront, avec de petites moues dédaigneuses,