SCÈNE D'HIVER
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Canadiens-Français ne Saurait être considérée comme un symptôme insignifiant.
On devrait Peut-être dire politesse plutôt que Courtoisie ; il ne faudrait Cependant pas néces-
comme une manière d Comme si vous étiez chez vous ”,au prix même de quelque sacrifice de ses Propres habitudes ou de ses goûts Personnels. Voilà ce qui fait de votre rencontre avec un Canadien-Français, ne fût-ce qu’en Passant ou dans Ja plus ordinaire des circonstances, une chose dont on aime à se Souvenir. Vous l’avez trouvé si obligênant, que, lorsque adieu, vous regrettez
au revoir.
autant d’instinctive qu’extrêmement sen- ; c’est ce que semblent oublier trop
souvent les étourdis qui ont la mauvaise habitude de penser tout haut et de faire des remarques, sinon intentionnellement blessantes sur son compte, irjustes et désobligeantes tout de même, et par conséquent irritantes.
À propos de politesse, le Canadien-Frauçais rappelle à notre souvenir le Highlander du temps passé, type familier aux lecteurs des séduisants romains de Scott, si franchement recupié d’après nature par ce brillant auteur, et avec tant de talent, qu’en le lisant on éprouve une sorte de regret de n'être pas venu au monde du temps des Stuarts. Quel que soit son état de fortune, le vrai Highlander est toujours gentleman jusqu’au bout des ongles. Ce trait de ressemblance atavique entre lui et le Canadien-Français n’a rien d’absolument surprenant, car l’un et l’autre, nous dit-on, appartiennent à la branche celtique de la grande famille des nations aryennes. Le merle blanc—le comble des paradoxes ornithologiques pour les naturalistes—n'est vraiment pas plus introuvable que l'impolitesse chez les Canadiens-Français ou la grossièreté chez le Highlander. A propos, ne serait-il pas intéressant de vérifier le degré de parenté qu'il
Peut y avoir entre Ja racine du mot ‘ kelt '’ (Celte) et celle du nom d’une certaine partie lu costume national des Montagnards d’ Écosse ? La consonnance des deux mots ‘: Keltic'’ et ‘Gallic’' ne prêterait-elle Pas également à de curieuses » n'est-elle pas suggérée par ce distique connu :
“With the garb of old Gaul and the fire of old Rome, From the heath-covered mountains, from Scotia we come, ’’ Un fait assez bizar:
impossib
que pas de familles canadiennes-françaises, très fières de s'appeler Macdonald, Macintosh etc., comme de vrais Montagnards d'Ecosse. L'origine de ces étrangetés, pour être moins ancienne, n’en est pas moins intéressante : c'est tout simplement qu’un certain nomhre de ces intrépides gaillards en petite jupe qui, sur les Plaines d’Abraham, ne reculaient pas d’une semelle sous le feu des régiments français, se sont par la suite avoués vaincus Par les charmes des sœurs et des filles de l'ennemi de la veille, et leur
valeur en amour est attestée par une multitude de mariages de ce genre. Ainsi s'explique même le grand nombre de Canadiens-Frangçais qui ont la chance de porter de vieux noms irlandais, comme O'Brien, O’Donahue, etc. Ces noms ne seraient pas plus difficiles à franciser que celui de Pat. O’Reilly, cet émigré irlandais qui débarquait à New-Vork il n’y a pas très longtemps, épousait une Américaine, s’affiliait à ces messieurs de Tammany Hall, amassait une immense fortune, s’en allait ensuite passer une année en France avec sa famille, et rentrait enfin à New-Vork sous le nom de Patrique Orelay, avec l’accent sur la dernière syllabe, s'il vous plaît. Eh bien, vous, braves gens qui croyez à la possibilité de fondre les detix races en un peuple homogène, que dites-vous de cela? Notez que ces familles que nous venons de mentionner sous des noms écossais ou irlandais sont aujourd’hui tout ce qu’il y a de plus canadien-français. Il nous semble entendre quelque bon vieux John Bull nous rétorquer : ‘‘Eh bien, quoi ! fallait-il s'attendre à autre chose, puisque les ancêtres de ces familles n'étaient que des Irlandais ou des Ecossais, c’est-à-dire des cousins de ‘‘ mangeurs
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