‹ Le canal de Panama: explorations, comparaison des tracés étudiés, négociations, état des travauxChapitre 28 sur 74 · I. C'esl f · texte numérisé non relu

I. C'esl f

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I rsitnns envoyas d'Espagne pour rannemenl de ces 77. VnTri |>. 15-1.

lie l'hilippp V et non pas d'un décret de ses prédécesseurs desliiié à parer aux conséquences politiques de l'ouvcrUire d'une voie nuiritinie artificielle pour atteindre la mer du Sud.

En 1740, les jésuites Alvarez et Kscobar fondent les missions de Molineca, Balsas, Tucuti et Cupe. Nalburger, après une longue résidence à Yaviza. rebâtie depuis peu, relate (1749) les divisions et les mœure des tribus indiennes. Sirnancas, eu 1754, parcourt la côte du nord-est pour rendre compte à son gouvernement de l'accroissement des aven-

luriers étrangers. Ku 1757, Remnn décrit la pi'dvîiice deSaulu-Douiirigo dans le Uarieii méridional et les hameaux existant près des rivières du vcrsanL Allanti(|ue depuis le golfe d'I'ralia jusqu'à San-Blas. Chose singulière, toute cette contrée était alors habitée par des Français, épaves des boucaniers de l'Ile de la Tortue dont plusieurs étaient mariés à des Indiennes. Quatre ans après, le vice-roi la Cei-da fil faire l'hydrographie lie la cfite depuis Carthagène jusqu'à Porto-Bel!». En I7S0, Dotioso relève d'une façon assez précise fout le cours de l'Atrato. Il propose l'érection d'un fort sur rinr des rares émergencesdu delta, la loma de las Pulgas (aujourd'hui knita Vieja). pour garder le fleuve cl empêcher la contrcbandt'. En 1781, Ariza, le dernier gouverneur

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(le la Casiillp d'Or, s'appliqua au développement de la province soumise à sa juridiction; il essaya d'améliorer le chemin qui conduisait aux mines de Cana, bien que le terrible éboulenient des galeries en 1727 en eût singulièrement diminué l'importance. Cet actif administrateur, comprenant que c'était faute de connaître la contrée que la cour de Madrid la négligeait, chercha à centraliser tous les renseignements parvenus à sa connaissance ; il dressa la première esquisse cartographique du pays. Ce curiens document, retrouvé plus lard dans les vieilles archives du conseil des Indes de Séville. a été publié à Washington en 186fipar l'amiral Davis; il contient, outre des détails géographiques d'un dessin jiriniilif et peu correct, des indications statistiques sur les villages indiens et sur les forts occupés par les Espagnols. Le vice-roi de Bogota, l'arehevéque Caballero y Gongora. ordonna de reprendre possession de certains points de la côte nord du Darii'n occidental, entre autres de Mandinga, Conception et Carolina, il prescrivit aussi l'érection d'un fort près du rio Lara, affluent du Sabana, qui fut nommé Puerto-Principe. A la suite des reconnaissances de Morales en 1786 et des heureuses et rapides Iravei-sées de l'isthrae accomplies par Milla en 1788, le gouverneur Ariza fit commencer l'ouverture d'un sentier {Iroclia) pour assurer les communications entre Principe eltjarolina et par conséquent entre les établissements situés sur les deux mers. Murillo et Mata rectifièrent quelques points de la carte dressée huit ans auparavant, et Ariza fit en 1790 une description encore plus détaillée du pays qu'il administrait. Malheureusement les vice-rois successeurs de (iongora ne jugèrent pas à propos de continuer les efforts intelligents d'Ari/a pour la colonisation de cette belle région, et la même année un traité de paix avec les Indiens eu amena l'évacuation définitive. Ainsi, avant même les guerres de l'Indépendance sud-américaine, leDarien tout entier était loialemenlaliandonné. Pendant soixante ans, il fut si complètement oublié, qu'on eut, pour ainsi dire, à le découvrir de nouveau. Les explorateurs en chambre ou les faiseurs qui posaient à peine le pied pendant quelques heures sur un des points de la cote eurent alors beau jeu pour leurs élucubralions, et ils ne se firent pas faute d'étonner le public par d'impudents mensonges ainsi que nous le verrous tout à l'heure.

HÉSIMÉ DES EXI'LUUAliO.NS. 125

Le pilote biscayeii Goyenetche avaîtsignalé dés la fin du dix-huitième siècle la pralicabilitè des communications entre la mer du Sud el l'Atrato par Cupica et le Napîpî ; maisles Espagnols étaient si défiants, qu'ils empêchaient plutùt qu'ils n'encourageaient les projets qui pouvaient faciliter l'accès de la côte ouest d'Amérique ou la connaissance des localités minières du Darien. Cependant le colonel Cancino, en 18*20, fait traîner un canot par cette voie et s'en sert pour descendre le Napipi et se rendre à l'Atrato; Talledo public alors une carte du Chico. Cochrane, en 1824, appelle de nouveau l'attention sur la région comprise entre le fleuve majestueux qui l'ari-ose et le Pacifique, il fait remarquer que, paru" 10' de latitude noril, les eaux des deux versants ne sont éloignées que de ZZG mètres l'une de l'autre. Trois ans après, Alvarez et Friend l'ont aussi de nouvelles reconnaissauces du même côté. Quant à la partie du Uarioii méridional qui avait été entièrcnient négligée depuis 1790, il en fut de nouveau question en 1846. Hellerl, qui en avait à peine aperçu les côtes, eut l'audace de prétendre que la Tuyra est navigable jusqu'au |)ied de la cordillère pour des petits navires calant 2 à 5 mètres d'eau.

1,0 docteur anglais Cullen affirme non moins iniperturbableinent avoir parcouru plusieurs fois, d'une mer à l'autre, de 1849 à 1851. le in)lal)le étranglement de 68 kilomètres entre le rio Sabana et la baie de Caledonia en franchissant un seuil 1res bas, 50 mètres au plus, prétcndait-il. Ses récits fantaisistes ont au inoins un bon côté, ils surexcitent les esprits. Gisburne est envoyé une première fois poui- les vérifier sommairement. Chose incroyable, cet ingénieur, dont on ne |>eut suspecter la bonne foi, est tellement abasourdi par l'exubéiance de la nature tropicale et elTrayé par l'aspect des Indiens, qu'il néglige les plus simples observations. Les caciques de Sassardi lui font faire une promenade dans la plaine couverte de forêts touffues a'étendant parallèlement à la céle, et, comme il n'a pas même suffisamment consulté la boussole, ils lui persuadent qu'il a travci-sé l'isthme. A sou retour en Angleterre, oji préparc uneex[iédition, sur son avis favorable, qui bientôt prend un caractère international. A la même époque (1852), le généreux Kelley organise, ii New-York, le départ successif des ingénieurs Trautwine. Laiie el Porter, pour examiner les affiueuls supé-

rieurs de TAtrato, le Quito et le Pato, ainsi que le Baudo et le San- Juan jusqu'au golfe de Ghira-Ghira.

Gependant, à la fin de 1853, l'Angleterre, les États-Unis et la France se mettent finalement d'accord au sujet de l'envoi de navires de guerre pour l'étude de la ligne Gullen-Gisborne. Ge dernier reconnaît bientôt loyalement qu'il a été mystifié. Le commandant du navire français, le lieutenant de vaisseau Jauréguiberry, aujourd'hui vice-amiral, arrivé en retard, ne se charge guère que de reconnaissances hydrographiques du côté Atlantique, aux environs de la baie de Galedonia.

Le commandant anglais Prévost part de la limite des marées du Pacifique dans le Sabana, près de l'emplacement du fort de Principe, et poursuit un nivellement qui constate des altitudes bien autrement considérables que celles quiavaient été signalées par le docteur CuUen. Plusieurs de ses hommes ayant été tués par les flèches indiennes, Prévost juge imprudent de poursuivre jusqu'à l'Atlantique. Le but principal de sa mission était d'ailleurs rempli, lui seul avait obtenu des résultats concluants contre la praticabilité de la route examinée, car le commandant américain Strain, parti de l'Atlantique, s'égara maladroitement dans l'intérieur et erra pendant trois mois, hâve de privations, de misère et de maladie dans les épaisses forêts si dangereuses pour ceux qui, n'ayant pas vécu dans leur intimité, ne savent pas s'y procurer les ressources qu'elles recèlent. L'infortuné Strain vit sa petite troupe périr presque tout entière de faim et de fatigue ; ils aboutirent enfin à Yaviza, sur le Ghucunaque, mais lui-même, trop durement éprouvé, mourut peu après à Golon-Aspinwall en rentrant à New-York.

Mac Dermott et Galdwell ne font que d'insignifiantes excursions, mais en 1854, sur les conseils deHumboldt, deFitz-Roy et d'après les indications de Wood et d'IUingsworth, M. Kelley envoie Lane relever le cours du Truando, et Kennish mesurer la cordillère, en partant de la baie de Gupica. Ge dernier affirme qu'aux environs du torrent Paracuchichi la contrée perd son caractère montagneux, et il arrive au Truando par son tributaire le Nerqua, en franchissant un col de 200 mètres environ; aussi proposa-t-il, à son retour, l'exécution d'un canal de 75 kilomètres par TAtralo et le Truando aboutissant à la baie

IltiSLHt; DES KXnunATlUNS.

de ilunibuldl au miid de celle de Cupica. C'esl encore M. ivelley qui [u'ovoque par tous les nioyeus, auprès du cabinet de Washington, uue vérification officielle des travaux de ses ingénieurs, priiicipalenieal par cette dernière ligne.

MM. Micliler et Craven, devenus l'un génénil et l'autre cooimodore, furent envoyés dans ce but eu 185fï-57 par le gouveniemenl améritain. Leurs conclusions assez peu favorables, appuyées sur des obseï'vations d'une grande précision, démontrent la nécessité d'employer deux tunnels entre leTruando et le Pacifique. En 1860, le commandant de Marivault va mouiller à Sassardi ; il y recueille deux pauvres diables envoyés par M. Roger qui ne peuvent même pas lui rendre compte de la direction dans laquelle ils ont fait quelques hectomètres dans la forêt. La même année, M. Boui'diol coniuience courageusement un nivellement, pendant la saison des pluies, partant du Sabana, non loin de celui exécuté sons les ordres du cmnraandanl Prévost. Forcé par les intempéries et les dissensions continuelles du personnel, dont faisait partie un certain M. de Puydt, d'interrompre son ouvrage au liont de très peu de jours, M. Bourdiol ne parvient même pas jusqu'au ilhucunaque.

En 1865, M. de Puydt, ne tenant pas compte de la f;Llclicuse cxpé- Hence faite précédemment, retourne au Darien en pleine saison pluvieuse et sans instruments. Parti de r.\tlantiquc, il voit les trois personnes qui raccompagnent tomber malades i\ Tarcna et ne peut atteindre l'autre versant. Sou cuisinier parvient cependant jusqu'à Paya et lui donne une description un peu fantastique du chemin pai-couru. C'est ce (|ui explique sans doute les singulières erreui-s de fait ipi'on peut constater dans l'esquisse que publia M. de Puydt, erreui-s rectifiées par les expéditions qui suivirent. Malgré ces données inexactes ou bien insuffisantes, M. de Puydt dresse avec un aplomb imperturbable un projet parlant de Puerto Escondido, suivant le Tanela, puis les vallées du Pucro et de la Tuyra, en passant par une échancrure imaginaire de la cordillère à laquelle il attribue gratuitement une altitude des plus basses '.

I. Il s'agit du mémi? individu qui vient d'élre gravemenl coniproniis el condamné pour

|iji'lici|iali[)n à Li r^l eu lis saule affaire d'cfcroquerie de la colonie de Porl-brelon (Ocëanie).

A la fin de la même année, un autre rêveur, M. Anthoine de Gogorza,

sur la foi d'antiques documents d'ailleurs peu probants, voulut faire

vérifier l'existence d'un passage facile entre le Punusa, tributaire de

la Tuyra, et le Caquirri, affluent de l'Atrato. M. Jules Flachat, parti le

premier en simple reconnaissance, constata promptement que le thalweg

du Punusa ne saurait être utilisé. M. Flachat, rentré en Europe sans avoir

revu M. Anthoine de Gogorza, indiqua un peu légèrement comme digne

d'examen une ligne partant du Chucunaque et du rioChico ou de Yaviza

pour rejoindre le versant de l'Atlantique en se tenant toujours sur la

droite de la Tuyra dont il croiserait les principaux tributaires. Inutile

d'ajouter que rien n'est venu justifier plus tard cette manière de voir. Cependant M. Anthoine de Gogorza arrive à Panama et il expédie en

toute hâte M. Lacharme. Ce dernier, rompu aux climats les plus meurtriers et à l'existence des bois, fait une très bonne reconnaissance de la Tuyra, change, en s'inspirant avec raison des circonstances, les instructions qu'il avait reçues et, au lieu d'aller, comme M. Flachat, dans le Punusa, remonte le Paya, noue des relations cordiales avec les Indiens, et, conduit par eux, débouche dans le Caquirri ou Cucarica par un sentier assez facile suivant la crête de partage des eaux. Les cotes barométriques obtenues par M. Lacharme sont assez favorables pour lui permettre de proposer l'étude définitive d'un canal à écluses; mais, plus enthousiaste, M. Anthoine de Gogorza, en apprenant ces résultats qu'il met en œuvre et s'approprie fort habilement tout en exagérant beaucoup leur valeur, présente un projet de canal à niveau par les vallées du Paya et du Caquirri.

L'inanité de ce projet élaboré par un homme qui n'a jamais foulé le sol du Darien est aujourd'hui démontrée, mais il a servi à donner une impulsion nouvelle aux recherches et a été le point de départ de toute la série de laborieuses explorations faites sous ma direction qui ont finalement résolu le problême si longtemps cherché.

De 1870 à 1873 ont lieu les importantes expéditions du commandant Selfridge, l'un des plus solides et des meilleurs officiers de la marine américaine. Les Étals-Unis, qui étaient à peu près assurés dans le principe d'obtenir du gouvernement colombien des conditions spécialement avantageuses, ne marchandèrent ni les hommes ni l'argent.

RÉSUMÉ IlES EM'LOnATIÛNS.

Tro

Irots navires iJe guerre furent mis sur les doux mers à la disposition du commandant Selfridgc avec des vivres cliuisis, des insiruments nombreux et précis, un équipement spécial des plus complets, des canots à vapeur, des appareils lélégraphitjues de campagne et surtout un étal-major dévoué et intelligent : MM. Lull. Scliulze. Collins. Sullivan, Coulten, Taussig, etc., les docteurs Maak et Peligrue, l'ingénieur Barnes, des dessinateurs, un photographe et deux ceut quatre-vingts marins pour exécuter ses ordres ou protéger ses opérations. Outre les hommes de couleur, qui servaient de guides, do machelerns, de piroguiers, l'expédition employa aussi, quand cela fut possible, une multitude d'ânes pour le transport des vivres. Aucun détail n'est négligé, les escouades se remplacent et viennent se reposer alternativement A bord des navires qui servent de base d'opéi'alion. Aussi les résultats scientifiques obtenus sont-ils considérables sans qu'aucune maladie grave atteigne le chef ou les subordonnés.

Avec des ressources aussi étendues, le commandant Selfridge put opérer sur plusieurs points à la fois, il fait étudier la vallée de l'Aglaseniquequi se déverse dans la baie de Calcdonia et celles du Morti et du Sucubti, affluent du Chucunaque,de façon à n'avoir plus à revenir sur les fausses indications du docteur CuUen. Les cols les |)lus bas se trouvent à 548 et 582 métrés d'altitude. Grâce aux forces dont il dispose, les Indiens n'osent pas l'attaquer, et cette région si difficile est enfin mise hors de cause avec certitude. Des observations astronomiques très précises sont faites sur les côtes à Sassardi, au golfe d'Uraba, dans la Tuyra maritime pour résoudre les erreurs qui s'étaient glissées dans les longitudes des cartes espagnoles du siècle passé.

Le commandant Lull, préludant aux beaux travaux qu'il devait accomplir plus tard, se charge surtout de la partie hydrographique. L'Atralo est relevé jusqu'à Quibdo. Un de ses affluents, le Perancho, et le Peranchito, dont les sources sont voisines de celles du Cué. tributaire rie la Tuyra, sont l'objet de nivellements excellents iioureuivis au milieu d'incroyables difficultés. Le commandant Selfridge fait même une rapide reconnaissance personnelle du Cacarica ou Caquirri et du village indien de Paya; mais, ne parlant pas l'espagnol et ne pouvant s'entendre avec s

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130 LK IIANAL ItK l'A.NAMA.

lion barométrique Isolée qui accuse pour Paya i

cousidérahle que la réalité, il ne poursuit passes recherclieset nie laisse

l'honneur de découvrir, cinq ans apics (2S décembre 1876), le col de

Tihule, le plus abaissé de tout leDarien. Cette notable dépression a une

centaine de niètresde moins que celle trouvée par le commatidaiil Sel-

fridge entre le Peranchitn et le Cué, qu'il nomme à tort Mono.

Nous avons déjà vu qu'à cette époque le commaudani Selfridge explora aussi le versant nord dp l'isthnie de San-Blas, où, malgré son audace, il fut effrayé par la longueur du tunnel à construire.

Désireux de contrôler tout passage donnant le plus léger espoir, cet intrépide et savant officier fait examiner la route du Tanela indiquée par M. dePuydt, et il ne peut cacher son mécontentement en cooslatant que l'élévation du terrain, bien avant même d'atteindre le prétendu col de 46 mètres, signalé par cet ingénieur belge, est déjà de 2i2 mètres. Aussi le commandant Selfridge dit-il à bon droit, en parlant de ce tracé fantastique, digne pendant de celui de Cullen : « La petite histoire de M. de Puydt se trouve ainsi jugée à sa valeur réelle. » Le commandant Selfridge se décide alors à chercher parmi les tributaires de gauche de l'Atrato, en amont du Truando. Le Napipi lui paraît présenter des conditions favorables par suite surtout du peu de distance {50 kilomètres) entre le Pacifique et l'Atrato, ce (leuve si large et si profond, qu'une frégate cuirassée, une fois la barre franchie, pourrait le remonter aisément pendant prés de 300 kilomètres. 11 s'assure des débits du Dnguado, du Cuia et du Bojaya, débouche par un col de '2ÔJ mètres d'altitude dans la quebrada de Limon, un peu au sud du la baie rie Cupica, et propose finalement comme conclusion de ses patientes et consciencieuses investigations un avant-projet de canal avec un tunnel de kilomètres et 22 écluses du golfe d'Uraba â l'anse de Chirichiri par l'Atrato et le Napipi.

Sur les instances du commandant Selfridge, le gouvernement américain envoya encore en 1875 une expédition commandée par le lieuteoant de vaisseau Collins ayant sous ses ordres MM. Sullivan. Ealon, Paine, etc., pour étudier les détails de cette dernière ligne. Ainsi que nous le verrons plus tard et malgré les améliorations proposées par M. Collins, elle ne fut classée qu'au second rang par la commissiou

RESUME nSS EXPLORATK

supérieure il« Washington, mais au Congrès international de Paris, en 1879, le commandant Selfridge y introduisit des modifications réduisant beaucoup le nombre des écluses. 11 réussit de la sorte à faire prendre en sérieuse considération un tracé certainement digne d'intérêt, ne fût-ce que par la compétence de son auteur et la valeui" des services rendus par lui au grand problème du percement de l'isthme américain.

Les plus récentes explorations au Darien, comme ailleurs, sont dues à l'initiative de la Société du Canal interocéanique présidée par le général Etienne Tûrr. Le comité de direction dont je faisais partie avec lui comptait en outre MM. Ch. Cousin, N. Lescanne-Perdous, E.Uampon cl le baron J. de Reinach, qui n'ont jamais cessé de se dévouer à la réussite de notre glorieuse entreprise. Le savant Littré, M. Octave Feuillet, le général^ Davoust duc d'Auerstaedt, le général Allavènc, MM. Kelley, de Sabla et Sarmiento, le comte de Camondo, Isaac Perdre, les ingénieurs Chobrzynski, Lelimann et Svedelius, MM. Reclus, Verbrugghe et G. Viot figuraient au nombre de ses principaux actionnaires. C'est autour de ce dernier, nommé secrétaire général, que, grâce à son inébranlable confiance dans l'œuvre et dans ceint (jui seul alore la menait au succès, se rallièrent les plus lièdes. Son enthousiasme communicatif et à jet continu, sa parole sympathique, réchauffèrent souvent le zèle des découragés ou des sceptiques et rendirent ainsi de grands services dans les phases diverses par lesquelles notre affaire si complexe a dû successivement et fatalement passer.

Parmi tous les projets mis en avant, nous écart;^mes d'abord ceux qui nécessitaient des écluses; nous fûmes donc conduits à ne nous occuper que du territoire des États-Unis de Colombie, où l'on pouvait espérer encore trouver une route avantageuse pour un canal à niveau. Ce n'est que dans le cas où nous aurions reconnu l'impossibilité absolue d'un tel tracé que nous nous serions contentés d'un canal â écluses. Ce pays, si admirablement situé, est en outre moins soumis aux pressions el aux inHuences étrangères que les républiques du Mexique et de l'Amérique centrale, et, malgré quelques dissensions intestines, aujourd'hui bien calmées, il s'est toujours montré libéral, juste et ferme dans les relations inlenialionales ou dans les tiaités relatifs aux coniniunica-

loi LK CANAL DE PANAMA.

lions interocéaniques. Cependant le gouvernement central de Bogota ayant en 1867 donné certains privilèges spéciaux à la Compagnie du chemin de fer de Panama jusqu'à la ligne idéale qui joint le cap Tiburon à la pointe Garachiné, ce n'est qu'au sud et à l'est de cette ligne qu'il y avail lieu de commencer de nouvelles recherches, et ce fut en effet dans la région du Darien méridional que le Congrès colombien autorisa, le*20 mai 187G, le Pouvoir exécutif à signer avecle mandataire du général Tûrr, a Bogota, le contrat devant servir de base aux études que j'étais appelé a diriger. Les lacunes qui, parla force des choses exb* taieni dans les travaux sérieux déjà exécutés, des traditions, un peu vagues il est vrai, et les indications d'esprits aussi clairvoyants que ceux dellumboldt el de l'amiral Fitz-Bov, attiraient tout d'abord Tattention sur cette partie si peu connue de l'isthme américain, dont la suiw face entiùremenl couverte d'épaisses forêts vierges mesure enviroir 2 millions d'hectares. Comme on a pu le voir plus haut, nousn'hésitflmes pas à entreprendre dans la suite d'autres explorations en dehors de cette région, soit à San-Blas, soit à Panama, mais, quoique couronnées d'u9 succès relatif seulement, nos études, de 1876 à 1878, dans les bois touf^ fus et solitaires du Darien méridional, paraissent mériter un développement spécial. Indépendamment des 600 kilomètres de nivellements exécutés, des véritables découvertes géographiques que nous y avons faites el des renseignements nombreux recueillis, les expéditions i la télé desquelles j'ai eu l'honneur d'être placé ont eu le mérite de couleur définitivement les dernières et chimériques espérances entretenue^ avec plus ou moins de bonne foi au sujet de cette contrée mystérieuse el de débarrasser ainsi la question si compliquée du canal interocéanique de toutes les suppositions et de tous les malentendus qui Tencombraient encore avant nos travaux.

Arrivé à Panama en novembre 1876, le pei'sonnel de la Commission se coni|)()sail de :

MM. LixiEN N. H. ^VvsE, liiMilonanl d»* vaisseau, coiiunandant flo Fexpt'dition, spécîalemenl

oliaiyi* (U'< s»M'vicos astronomiques el hydmtrraphiqnos, elt*. ; A. HEr.i.us, lieiileiianl de vaisseau:

(K Hixio. eapilaiiie d'élat-niajor. oITicier d'urdoiinance honoraire du roi d*I1alie, secré-

tain* d«' la (]onnnis>iou :

nfiSlMÉ IIES EXIM.0HAT10>.S.

f. CïLiM, ingénieur en dirf des Ponis el Chaussées, rliargé des i^liide» <Jr nivrllnti

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