LV. CA^AL llL l'A>AMA
un pont-caiinl pour li-aiichir la Tuyra, divers pouceaux, el ealm par un court tunnel pour éviter des Iranciiées trop profondes.
Au milieu de beaucoup de résultats d'iutùrét purement scieutilique, obtenus par les études nouvelles auxquelles je m'étais plusspécialcmcut consacré, il fut nécessaire cependant de faire ressortir les cotes exceptionnellement favorables du Tiati. Le piquet 1091 bis, situé au niveau de l'eau de cotte rivière, était à ôl^.QSti d'altitude seulement, bien que sa distance à l'Atlantique fût beaucoup plus cuurle que celle qui sépare de cet océan tout autre point des affluents de la Tuyra ou du Chucunaquc ayant une élévation similaire.
Convaincu que, par la nature du terrain, la brièveté du parcoui-s. le canal direct par les vallées du Tupisa et du Tiati serait plus satisfaisant que celui par la Tuyra et le Caquirri, avec les modilications que M. Celler jugeait les meilleures, j'insistai sur ce que ce tracé aurait l'avantage, fort apprécié par les marins et les hommes pratiques, d'être complètement à nivçau et ne présenterait qu'un cube relativement restreint de terres à enlever, si l'on se résolvait à percer un tunnel. Ce souterrain ne saurait effrayer le génie industriel moderne, il ne devait guère revenir qu'à une vingtaine de millions de francs le kilomètre, grâce à une disposition spéciale que j'avais imaginée, permettant de réduire sa section tout eu facilitant la navigation aux plus grands navires et en supprimant les causes d'avaries. L'exploitation et l'cu- Ireticn d'un canal dans ces conditions auraient été à coup sûr peu coûteux.
Les 000 kilomètres de nivellement, les nombreuses reconnaissances et les travaux astronomiques et hydrographiques que nous avions exécutés, achevaient de déchirer le voile qui abritait les mystères d'une contrée en grande partie inexplorée.
La somme de travail produite par la Commission, au milieu de circonstances sauvent très pénibles, était supérieure à toute attente. Les personnes sans parti pris nous rendirent justice à cet égard; elles voulurent bien se rappeler les privations, les obstacles, les fatigues et les dangers qu'il avait fallu surmonter pour poursuivre nos opérations. C'est à cause de celle expédition surtout que la Société de géographie de France me décerna sa médaille d'or dans la séance solennelle du
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18 avril 1879, honneur auquel je fus d'autant (tins sensilde qu'il me fui conféré par l'un des chefs les plus illustres de notre marine, le vieeaniiral de la lloncière Le Noury.
Malgré leur imperfection, les résultais obtenus étaient encourageants et ne pouvaient que contribuer puissamment à la réalisation de la magnifique conception à laquelle nous avions consacré nos efforts persistants. Le succès de celte colossale cnlreprisp devait être, pour la majorité de ceux qui prirent part à l'expéditioti de 1876-77, la plus belle et la plus noble des récompenses.
Aussi à la suite de l'examen approfondi des travaux de lu (limimissiun cl du très volumineux rapport' que M. de Lesseps voulut bien présenter de ma part à l'Académie des sciences, le comité de direction décida l'envoi à ristlinic d'une expédition complémentaire, dont il me (it l'honneur de me conlier une seconde fois le commandement, et composée d'une grande partie de mes collabora teure de la précédente exploration, entres autres de mon alter ego M. Reclus. Voici par quelles nobles et encourageantes paroles mes collègues du couiité terminaient les instructions sommaires jointes au pouvoir et procuration m'accréditant à Bogota, auprès des ministres compétents.
< Vous aurez à subir encore beaucoup de privations, à lutter contre mille obstacles et à surmouler des difficultés de tous genres. Votre tâche est aussi complexe que délicate, mais vous nous avez déjà appris à compter sur votre savoir, votre habileté el votre infatigable éiLcrgïe, et nous sommes convaincus que nul n'est plus apte que vous à ia mener à bon terme. L'enviable, mais périlleux honneur de résoudre définitivement le plus gigantesque jirobléine de notre époque vous reviendra en très grande partie et votre nom sera désormais glorieusement attaché à l'œuvre féconde ([ue nous poureuivons ensemble. >
Grâce à la nouvelle expérience acquise. les préparatifs de dépari se Qrentencore plus rapidementque la première fuis. Indépendammeutdes amies, conserves, vivres, niédicamenlsel objets de campement, la Commission était pourvue, comme ou 187(1, d'instruments très soignés :
I. Rapport fur la Hudet de la commiuian înlernatio/iale de iiithme du tiarien, par Lucien N. B. Wjse, commandant de PeipéJiliùn de l87li-77; clu'ïCIiaiï, 30. rue Kcrpêrp, Paris,
Isa LK CA.\AL DK l'ANAMA.
niveaux à bulle d'air ou d'Égault, lachéomèlrcs, compas de relèvements, chronomètres de poche, baromètres à mercure et holostériques, boussoles, thermomètres, chaînes, mires, niveaux d'eau, cercies de Borda, sextants, horizons artiliciels, goniomètres, longues-^'ues. jumelles, loupes, outils, cartes, iocbs, etc.... Pour diminuer les probabilités d'erreur des angles azïmutaux, M. Richer avait apporté, sur ma demande, un heureux perfectionnement à un tachéomètre très portatif construit par lui. La lunette anallatique avait des dimensions plus restreintes que celle des grands modèles, la portée des visées était l'éduite, ce qui n'est pas un inconvénient dans la région si boisée que nous avions à explorer, et la sladia donnait un mètre par centimètre. Cet instrument, fort exact, léger et d'un manieineni commode a rendu de grands services.
La Commission quitta Saint-Nazaire le 7 novembre 1877, à bord du Lafayettc; le 27 celui-ci relâcha à Sabanilla, d'où j'annonçai la continuation de nos travaux à M. le ministre de l'intérieur et des relations extérieures à Bogota. Deux jours après, uous arrivions à Panama. Le 1" décembre, M. l'ingénieur Sosa, nommé une deuxième fois, ù ma grande joie, délégué du gouvernement colombien, se mit à ma disposition; le 5, M. L. Verlirngghe, venant du Brésil par le détroit de Magellan et le Pérou, se joignit à la Commission. M. ringéuicur Lacharme seul manquait au rendez-vous; il fut retardé à Cartagena, avec quelques-uns des ouvriers éprouvés dont il disposait, par une circonstance indépendante de sa volonté. Pour ne pas perdre un temps précieux à l'attendre, nos préparatifs étant terminés, je résolus, ainsi que je l'ai déjà dit', d'employer les quelques semaines que nous avions devant nous à explorer à nouveau l'isthme de San-Blas.
En finissant les études déjà mentionnées, la Commission revint par terre à Panama, à travers d'épouvantables bourbiers, et repartit à nouveau le 29 décembre, cette fois avec M. Lacharme, pour le Darien méridional. Elle arriva à Yaviza le 2 janvier 1878 ; le 5, j'allai à Pinogana avec MM. Sosa et Verbrugglie pour recruter des travailleurs (piroguiers, porteurs et mackeleros) parmi les meilleurs chercheui-s de caoutchouc que nous avions employés, lors de la première expédition.