QUATRIÈME PARTIE
Historique des négociations politiques et privées relatives à l'isthme américain.
Ainsi que nous l'avons vu, le percement d'un canal interocéanique avait préoccupé à diverses reprises le gouvernement espagnol alors qu'il dominait d'une façon absolue les vastes espaces, s'étendant depuis la Californie et le Mexique jusqu'au Chili et aux Pampas de la Patagonie, colonisés par les fils des hardis conquistadores y ces grands aventuriers dans le bon sens du mot, auxquels revient l'honneur d'avoir subjugué la plus grande partie du Nouveau Monde.
C'est ainsi que le conseil des Indes d'abord et ensuite les Certes eurent à s'occuper de cette importante question, mais un sentiment religieux malentendu et étroit faisait considérer comme sacrilège, à la cour d'Espagne, l'idée de vouloir parfaire l'œuvre de Dieu. L'esprit d'entreprise privée n'était pas alors assez développé pour que des concessions fussent recherchées et obtenues. L'État eût été seul assez puissant pour oser se risquer dans une si grande affaire. C'est sous ses auspices que furent faites les premières recherches déjà mentionnées. Plus tard, on prétendit que Philippe II (assez hostile, il est vrai, à tout ce qui pouvait faciliter l'accès des dépendances lointaines de la monarchie) avait menacé de la peine capitale toute personne qui voudrait essayer d'établir un canal entre les deux océans; mais je pense avoir prouvé (pages 122 et 123) qu'il ne s'agissait que d'une mesure fiscale, rendue en 1719 par Philippe V, interdisant sous peine de mort l'entrée
non gardée de l'Alralo dans le but d'éviier la contrebande et de p
téger les revenus de la douane à Carlhagéne.
Mîranda, en 1797, proposa à William Pill de s'emparer de l'islb américain en vue de son futur percement, mais le grand miais anglais, trop occupé de ses luttes contre la rérolulion française dominé par les inquiétudes que lui causait la gloire naissante de Boi parte, ne prêta qu'une attention médiocre à ce projet hasardé.
Malgré l'étroit esprit d'exclusion dont était encore animée l'Espagi au commencement de ce siècle, vis-à-ris de ses colonies, une loi « Gortèsdel814, rendue à l'instigation de Charles 111, ordonnait auvii Boi du Mexique, Bevilla-Cigedo, de s'occuper de rexcavation d'un cai entre les deux mers par la roule de Tehuantepec. Celte loi resta let morte par suite sans doute de la promptitude arec laquelle toute l'An rique espagnole secoua à cette époque le joug si lourd de la métropo mais il en résulte que c'est au sujet du Tehuantepec que commence série des actes officiels dont il reste trace dans les archives des chî celleries pour l'ouverture du canal américuin.
lorsque le grand Bolivar se fut assuré que la concession qu'il av accordée, en 1825, au baron Thierrj", pour l'ouverture d'un cana! Panama ne pouvait amener aucun résultai pratique, il fit exécui directement les études doni nous avons parlé parLloyd; mais il n*< plus le temps d'en faire consacrer les résullals, d'ailleurs incomple par une loi autorisant la création, entre l'Allanlique et le Pacifiqi d'un canal ou tout au moins d'un chemin de fer.
La même année 1825, à la suite de la propagande faite par Lacen Canaz, qui représentait alors la fédération des républiques de l'An rique centrale à Washington, proposa par une note officielle la coo[ ration de son gouvernement avec celui des États-Unis pour poussai l'ouverture d'un canal à travers ce qui était, à l'époque, la province Nicaragua. La note proposait aussi d'assurer aux deux nations, par ■ traité, les avantages devant dériver de ce canal. Le ministre d'É Clay ne (it pas grand cas du traite proposé, mais il chargea le repi sentant des Étals-Lnis au Centre-Amérique, Williams, de faire toul li's investigatious relatives au projel par le Nicaragua. Grâce à l'i flueiice d(! ce dernici', un contrat fut signé en 1S26, par lequel le go