CONCLUSIONS
m LUC lia 11 dises, représeiilaiil un bien plus graïul nombre eiiL-orc de mèircs cubes, pour chacun desquels, selon le mode de jaugeage délinilir que j'ai ri^ussi à faire adopler par le gouvernement colombien, la loi 28 de 1878 autorise la perception de 10 francs.
Nui ne saurait prédire avec précision aujourd'hui ce qui arrivera dans un avenir plus éloigné, mais, en présence des Iransfor mations et do ragrandissenieni prodigieux du matériel naval après l'aclièvement du canal de Suez', et en dépit de l'abaissement notable du prix des frets, il est toutefois permis d'affirmer que le percement de l'isthme américain aura des résultats littéralement incalculables et dont la base mathématiquement établie par le contrat de concession, avec une prévoyance dont on me saura gré un jour, ne sera jamais sujette à aucune iiilerprétation. L'entreprise, nonobstant les sommes considérables si inutilement dépensées, sera donc largement rémunéralrice et, au fur et à mesure de l'angmenlation des profits, on pourra réduire, ainsi que nous l'avons déjà dit, le droit de passage établi; celle réduclinn arrivera bientôt à dépasser 50 pour 100 sans compromellie. nous en sommes certains, la prospérité riuancicre de la grande Compagnie du canal interocéanique.
Quel que soit d'ailleurs le prix du transit, le commerce n'a i)as à s'en préoccuper, car, à l'exemple de Suez, du moment que les traversées sont raccourcies et n'ont plus lieu que dans les parages hospita- 1161*5, raequiltemenl dos droits de péage est couvert par la diminution des assurances contre les risques de nier et sur le fret. Les négociants bénélicient donc en entier de l'économie d'intérêts sur les capitaux employés et surtout de la rapidité et de la niuUiptication dos Iraiisaclions.
Les avaries produites par les grosses mers du cap llorn et les mauvais temps des latitudes froides seront évitées; de nombreuses viclimcs pourroni donc être arrachées à la misère et à la mort; enfin les relations, devenues plus faciles et par suite agrandies, feront inévitablement monter à beaucoup de centaines de millions les économies réalisées. En se tenant strictement aux calculs déjà indiqués, abstraction faite
I . I.e loiiiing« niojKa dos biliiiitiiils qui uni paasé par le canal de Sufi. h iin^niirrr oiiii^i- 4|>rv->roiiver[ure {18l}9-70), éluil du 1000 lotiiioaux; W \o»mgt^ mu)<;ii puiir l'aiiiiLr IB'H a élé de ïiOO luutieaui, c<^lui <lc 188i a iilldnl S501I luiiiieuux.
des développements spéciaux probables, l'épargne annuelle du commerce universel atteindra, à la fin de ce siècle, la somme fabuleuse de 2 milliards de francs.
Qu'il me soit permis en terminant d'exprimer ma vive reconnaissance envers ceux qui, à divers degrés, ont participé ou aidé à nos rudes labeurs. Je remercie spécialement tous mes collaborateurs dans l'isthme du précieux concours qu'ils m'ont donné. Bixio, Brooks, Musso, Lacharme, Celler, Pouydesseau, etc., sont morts à la peine avant d'avoir vu luire le jour du succès; puisse le témoignage bien sincère de l'affection que la plupart d'entre eux avaient su inspirer à tous pendant de pénibles épreuves être un adoucissement à la légitime douleur de leurs proches! Je prie aussi MM. Sosa et Verbrugghe d'agréer publiquement l'expression de l'estime que m'ont inspirée leur persévérance éprouvée, leur dévouement absolu et toutes les solides et brillantes qualités qui les distinguent. J'ai enfin et surtout l'agréable devoir de rendre tout particulièrement hommage une fois encore au mérite exceptionnel, à l'indomptable énergie et à l'aptitude universelle de mon vaillant camarade et ami, M. le lieutenant de vaisseau Armand Reclus. Cet intrépide officier a été de beaucoup mon principal collaborateur technique et m'a remplacé, de la façon la plus habile, dans le commandement du gros de l'expédition sur le terrain chaque fois que j'ai dû m'absenter pour remplir les autres parties de la mission si complexe qui m'incombait. Avec de tels aides, non seulement on fait beaucoup de besogne, mais on se rappelle presque avec plaisir les fatigues, les privations et les dangers auxquels on a été exposés ensemble et qu'on a supportés gaiement, les yeux fixés sur la grandeur du but poursuivi avec une persévérance qui, à défaut d'autres mérites, aurait dû nous valoir, sans conteste ni récriminations, tout au moins la bienveillance du monde scientifique et la sympathie des hommes de progrès et d'initiative.
L'exécution du canal interocéanique, conformément aux conclusions et aux plans que j'ai présentés de concert avec M. Reclus, a été, pour nos excellents collaborateurs et pour nous, la plus belle et la plus noble des récompenses.