‹ Le canal de Panama: explorations, comparaison des tracés étudiés, négociations, état des travauxChapitre 46 sur 74 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

La présente élude de ce vaste sujet, peut-être trop minutieuse, mais au moins rigoureusement impartiale, consécutive à une expérience bien longue et bien chèrement achetée des solitudes impénétrables du grand isthme américain, s'est imposée à moi comme un devoir vis-à-vis des miens pour sauvegarder les droits moraux imprescriptibles, si méconnus pourtant en Europe, que j'ai eu le bonheur d'acquérir à la solution du problème le plus ardu de notre époque et à la recherche duquel quatre siècles environ se sont épuisés.

Lors d'un banquet ofiiciel à Panama, en 1880, et dans un excès sans doute exagéré de reconnaissance pour mes efforts, un ministre de Colombie, emporté probablement par son éloquence ou par son imagination, m'a prédit que le temps viendrait où l'on me dresserait une statue à l'entrée du canal de jonction des deux mers en ma qualité d'initiateur et de promoteur du Bosphore dû à mes plans, et, disait-il, à ma persévérante énergie. Je n'en demande certes pas tant, mais j'ai voulu en publiant ce volume, qui est avant tout un livre de bonne foi et de convictions profondes, marquer avec une exactitude scrupuleuse les rôles et les responsabilités de chacun, tout en essayant, par la même occasion, de me faire rendre justice, particulièrement en France, où ma participation prépondérante à la réussite de cette glorieuse entreprise a été un peu trop éclipsée par les personnalités financières du lendemain.

Puissé-je, comme consécration suprême de mes travaux, avoir la joie et l'honneur de commander le premier navire qui passera directement de la mer des Antilles au vaste Océan découvert par l'infortuné Balboa, car, comme le dit si magistralement un grand poète, Théophile Gautier, dans les stances immortelles de Ténèbres :

Il est beau d'arriver où tendait son essor, Dt» trouver sa iMNiut*', d'aborder à son monde. Et, quand on a fouillé, d'exhumer un trésor;

De faire, du plus creux de son âme profonde.

Rayonner son idée ou bien sa passion,

D'être l'oiseau cpii cliante et la foudre qui gronde;

D'unir heureusement le rêve à l'action.

D'aimer et d'être aimé, de gagner quand on joue.

Et de donner un trAne h son ambition.

APPENDICE

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