‹ Le canal de Suez (volume 2)Chapitre 112 sur 152 · APPLICATION AUX PETITES DRAGUES DE COULOIRS DE 30 MÈTRES · texte numérisé non relu

APPLICATION AUX PETITES DRAGUES DE COULOIRS DE 30 MÈTRES

Le dragage des premières rigoles, exécuté avec des couloirs de 15 à 20 mètres, n'avait pas produit un cube de terre suffisant pour former convenablement les berges du canal qui, dans la traversée des lacs, devaient être constituées par de fortes digues. D autre part, dans les parties du canal où le terrain était au-dessus du niveau de l'eau, le dépôt des déblais produisait des cavaliers qui exigeaient le remaniement des terres.

Pour satisfaire à la double nécessité de renforcer les berges du canal et de continuer l'élargissement et l'approfondissement des rigoles à la traversée des terrains élevés, de manière à permettre à ces rigoles de recevoir les grandes dragues, les entrepreneurs, au commencement de l'année 1867, prirent le parti d'exhausser une douzaine des petites dragues de façon à pouvoir y adapter des couloirs de 30 mètres qui devaient permettre d'élargir les rigoles à 25 mètres avec une profondeur minimum de 1™,80.

Dans ces dragues surhaussées, l'axe du tourteau supérieur de la -chaîne dragueuse se trouvait à S"*, 30 au-dessus du niveau de l'eau.

L'équilibre du couloir et de la drague était obtenu par deux soufflages ou chalands en bois fortement liés entre eux et assujettis à la drague par deux fermes transversales. Le chaland du côté du couloir Yi-2. 16

DU DÉBUT DES TRAVAUX

avait 3 mètres de largeur sur 12 mètres de longueur avec pans coupés; sa surface était de 32 mètres carrés. Le chaland contre-poids avait également 3 mètres de largeur, mais 5 mètres seulement de longueur, soit une surface de 15 mètres carrés.

Dans le cas de la surcharge du couloir, le chaland à pans coupés tendait à s'enfoncer ; l'autre, qui était suspendu à une bigue avec deforts tirants en fer, tendait au contraire à s'élever et agissait alors par son propre poids. En cas de rupture du couloir, les rôles des chalands étaient inverses.

La construction de ces nouveaux couloirs était la même que celle des couloirs de 15 mètres. Leur pente était de 8 centimètres par mètre.

Pour obtenir le glissement des déblais, on avait ajouté à Tinstallation mécanique de la drague une pompe rotative débitant 50 à 60 mètres cubes à l'heure. Le rôle de cette pompe était : en premier lieu, de lubréfier par l'eau qu'elle débitait les parois du couloir et de diminuer ainsi le frottement des matières ; en second lieu, par le poids même de l'eau et la force vive qu'elle possédait à la sortie de la pompe,, d'entraîner les déblais, ainsi que cela se passait dans un courant d'eau rapide.

Cette installation des pompes rotatives fut une très heureuse innovation dont le succès permit de très bien augurer des bons résultats à attendre des grandes dragues à long couloir pour l'exécution rapide et économique du canal dans toutes les parties basses des terrains à traverser.

Pendant le fonctionnement de la drague, soit que les godets ne montassent pas égalenient pleins, soit que le glissement des déblais fût retardé sur quelques points du couloir, celui-ci se trouvait inégalement chargé. Malgré cette variation de la surcharge, l'ensemble de l'appareil ne subissait que des oscillations insensibles. L'installation, eu égard aux dimensions de la drague, était donc excellente.

Les attachements de trois années de travail des petites dragues à long couloir ont donné les résultats suivants :

Dans les terrains argileux et collants, qui nécessitaient l'emploi d'ouvriers pour le glissement des matières, le rendement moyen mensuel des dragues a été d'environ 7.000 mètres cubes; dans les terrains sablonneux, le rendement moyen mensuel a atteint ;i3.000 mètrescubes.

Grues à vapeur Combe

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