ÉTUDES DE 1868 ET
avant-projet de pharb pour le port de port-saïd
(juillet 1868)
Pendant la période de construction du Canal, le port de Port-Saïd — ainsi qu'il a été expliqué précédemment, n'a été éclairé que par un feu fixe de 10 milles de portée, placé à terre à peu de distance en deçà de Tenracinement de la jetée Ouest et élevé à 19™,80 au-dessus du niveau de la mer. Considéré dès l'origine comme provisoire, ce feu était installé au sommet d'une tourelle en charpente.
Tant que le massif de la jetée Ouest n'eut pas dépassé l'îlot en fer garni d'enrochements établi à 1.000 mètres environ du rivage, la portée du feu avait paru suffisante. Mais la jetée devait avoir une longueur totale de 2.500 mètres qu'elle atteignit effectivement vers la fin de 1868. Or, en même temps que le massif d'enrochements de la jetée s'avançait vers le large à partir de l'îlot, les arrivages de jour et de nuit se multipliaient dans le port, et la Compagnie était vivement sollicitée par les navigateurs de remplacer pour les manœuvres de nuit l'éclairage devenu insuffisant du port par un éclairage plus puissant signalant non seulement l'entrée du port mais aussi ses atterrages, indépendamment des feux de port des extrémités des jetées.
A ce moment, la côte d'Egypte sur la Méditerranée, en outre
du feu insuffisant de Port-Saïd, ne présentait que le phare à feu fixe
d'Alexandrie élevé de 55 mètres au-dessus du niveau de la mer, d'une
.portée d'u'£.e vingtaine de milles et entretenu par le Gouvernement
' égyptien.
Le Gouvernement égyptien avait bien fait connaître son intention <l'établir deux autres phares entre Port-Saïd et Alexandrie, mais rien vi-2. 18
274 ÉCLAIRAGE DE LA CÔTE MÉDITERRANÉENNE d'ÉGTPTE
n'était encore fixé sur le choix définitif de leur emplacement et encoremoins sur Tépoque de leur construction.
Dans tous les cas, la Compagnie jugea indispensable de s'occuper immédiatement de l'éclairage de Port-Saïd au point de vue spécial désintérêts du canal, et dès les premiers mois de 1868, elle prescrivit aux ingénieurs de faire Tétude d'un projet de phare dont le feu serait, bien entendu, mis en concordance avec ceux que devait établir le Gouvernement égyptien.
L'étude prescrite par l'Administration fut produite par les ingénieurs en juillet 1868.
Descnption de V avant-projet. — Le phare projeté comportait les principales dispositions suivantes :
L'emplacement choisi pour rétablissement du phare était le point d'intersection de Taxe du canal avec le premier grand alignement de la jetée Ouest du port, de manière à indiquer à la fois deux directions : le point ainsi déterminé se trouvait à terre, sur la rive Afrique, au Sud des bassins du port; le soi, formé de sable recouvert d'une mince couche d'argile paraissait devoir offrir une bonne base pour les fondations.
Le phare de Port-Saïd devant, d'après le projet d'ensemble de M. Larousse, croiser son feu, à l'Ouest, avec le feu de la pointe de Damiette distant d'environ 30 milles, à l'Est avec le feu du cap Bouroun, situé à environ 40 milles, on proposait de lui donner une portée de 20 milles. Pour une pareille portée et un feu fixe, l'appareil devait être de premier ordre.
En ce qui était de la hauteur du feu, comme la passerelle d'un bâtiment à vapeur, élevée d'environ 6 mètres au-dessus du niveau de la mer, a un horizon d'à peu près 5 milles, le foyer du phare projeté devait, de son côté, avoir un horizon d'environ 15 milles, ce qui exigeait de le placer à une hauteur de 54 mètres au-dessus du niveau de la mer ^ .
On proposait d'adopter pour la tour du phare une charpente en fer identique à celle du phare récemment construit, dit des Roches-Douvres, avec cette seule différence que le fût ne serait pas garni de plaques : la construction serait à claire-voie sur toute sa hauteur à partir de 10 mètres au-dessus du soubassement jusqu'à la chambre supérieure. II serait toujours facile plus tard et peu dispendieux de fermer les parois extérieures si on le reconnaissait nécessaire.
La base en maçonnerie serait fondée sur une couche de béton coulée sur le sable au-dessous de la terre argileuse.
Les dépenses étaient estimées comme suit :
Francs
Construction de la tour 250. 000
Soubassement en maçonnerie (environ 450 mètres). 27.000 Appareil d'éclairage 53.000
Estimation totale 330.000
On jugeait préférable d'adopter un phare en charpente de fer à claire-voieplutôt qu'une construction en maçonnerie par les motifs suivants : on n'avait
i. On sait que la formule donnant la distance d d'horizon d'un point situé à une hauteur h au-dessus du niveau de la mer est la suivante : c?^ = t-tt'
formule dans laquelle R est le rayon de la terre (rayon moyen 6.367 mètres).
sur place ni bons matériaux ni bons ouvriers pour faire une maçonnerie soignée comme celle qu'exigeait un semblable édifice ; la construction d'un phare en fer serait plus rapide et Ton avait à Port-Saïd d'excellents ouvriers pour les travaux d'assemblage d'ouvrages en fer ; la pression sur le sol serait notablement moindre ; enfin la tour en maçonnerie coûterait environ, au moins,. 280.000 francs, tandis que la tour en fer n'était estimée que 250.000 francs.
En produisant leur projet de phare pour Port-Saïd, les ingénieurs faisaient remarquer que le même type de phare pourrait être adopté pour chacun des quatre autres phares du projet d'ensemble d'éclairage de la côte d'Egypte, en sorte que la dépense totale d'exécution de - ce projet, en calculant sur une dépense maximum de 350.000 francs par phare, ne dépasserait pas le chiffre de 1.750.000 francs,