‹ Le canal de Suez (volume 2)Chapitre 2 sur 152 · Voir tome IV, p · texte numérisé non relu

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ENTREPRISE LÂSSERON ^

été commencés dans la seconde quinzaine de novembre 1862,

— alors que venait d'être achevée la rigole maritime de 15 mètres de largeur à la ligne d'eau et de 1°,50 à 2 mètres de profondeur ouverte entre Port-Saïd et le lac Timsah — et que la mise en eau de la dérivation jusqu'à Suez avait été inaugurée le 29 décembre 1863.

I. — Établissement hydraulique d'Ismaïlia et 1^^ distribution d'eau douce d'Ismaïlia à Port-Saïd»

(premier marché LÀSSCRON, du il JUILLET 1862)

La question de l'établissement d'une conduite d'eau de Timsah (ou Ismaïlia) à Port-Saïd fut mise à l'étude dès le mois de mai 1862 ^

Dans Tesprit des auteurs del'avant-projet, aussi bien que d'après les vues de la Commission internationale, la conduite d'eau primitivement projetée était certainement destinée tout h la fois à assurer Talimenlation en eau douce des chantiers entre les deux points extrêmes pendant toute la période des travaux et à assurer dans l'avenir l'alimentation de la future ville de Port-Saïd.

Il suffisait de se rendre compte, d'une part, des énormes dépenses et des constantes préoccupations qu'occasionnaient

— au moment des nouvelles études — les divers modes d'alimentation en eau douce des chantiers ; d'autre part, d'examiner les diverses combinaisons, autres que celle de la conduite d'eau, qui avaient été déjà étudiées pour l'alimentation de Port-Saïd, pour reconnaître l'utilité incontestable que présentait l'établissement aussi prochain que possible de la conduite d'eau et pour constater en même temps que

1. La conduite d'eau devant, à la traversée des lacs Ballah et du lac Menzaleh, être assise sur la digue Afrique du canal maritime encore peu consistante, n'aurait pu, sans de grands risques, être établie plus tôt qu'elle ne l'a été.

(Voir plus loin, page 20, pour plus amples détails à ce sujet.)

4 DISTRIBUTION d'eaD DOUCE d'iSMAÏLIâ A PORT-SAÏD

cette solution était véritablement la meilleure, la seule que Ton pût alors adopter.

premiers modes D'alimentation en eau douce

DES chantiers DU CANAL MARITIME

Avant d'entreprendre la description des dispositions qui ont été adoptées pour rétablissement de la distribution d'eau, nous rappellerons d'abord quels étaient, à cette époque, les divers modes d'alimentation en eau douce des chantiers et les prix moyens du mètre cube d'eau sur la partie du canal comprise entre le lac Timsah et Port-Saïd.

Dans l'étendue du seuil d'El Guisr (d'environ 14 kilomètres de longueur, d'El Ferdane au lac de Timsah, comportant 6 grands chantiers de terrassements), les différents chantiers, avant l'arrivée du canal d'eau douce à Ismaïlia, étaient alimentés au moyen de quatre puits situés à une distance moyenne d'environ 15 kilomètres des lieux de consommation et dont l'eau éfait transportée par des caravanes de chameaux : le puits principal était celui d'Abou Souer, situé dans le voisinage de Makfar, dans la région ouest du Seuil ; c'était ce puits qui fournissait de l'eau douce à tous les chantiers; un peu plus rapproché du Seuil était l'ancien puits de Néfiche, fournissant une eau saumâtre, honne pourtant pour les animaux et pour les constructions ; entre les ■deux, le puits de Saba-Biars donnant une eau douceâtre; enfin, non loin •d'El Ferdane, dans la région nord-est du Seuil on avait le puits d'Abou- Eurouq, fournissant de l'eau saumâtre également bonne pour les animaux. En outre, pendant les crues du Nil, une rigole dérivée du lac Maxamah et arrivant jusqu'à Bir-abou-Ballah sei^ait à l'alimentation du campement d'El Guisr (5® chantier du Seuil) ^ L'eau revenait sur les chantiers, compte tenu de toutes les dépenses, au prix moyen d'environ 15 francs le mètre cube 2. Indépendamment de son prix élevé,

1. Voir, au sujet de cette rigole, tome IV, p. 347 (chapitre concernant le canal d'eau douce de Zagazig au lac Timsah, — Exécution des travaux).

2. Les chameaux employés au transport de l'eau ne portaient — bien que la charge dite normale d'un chameau soit de 250 kilogrammes — que deux barils contenant chacun 60 litres à l'arrivée à destination. La distance parcourue par un chameau ne pouvait excéder 45 kilomètres dans une journée. Avec des puits situés à une distance moyenne de 15 kilomètres, le chameau faisait donc trois voyages d'aller et trois voyages de retour en deux jours, et, par conséquent, il apportait 180 litres d'eau par jour sur les chantiers. Le prix de la journée du chameau étant en moyenne de 2 fr. 50, le prix du mètre cube d'eau, pour le transport seulement, c'est-à-dire sans les frais acces-

2 fr. 50 soires, se trouvait être de ^ .^^ = 14 francs. Pour des distances un peu

moindres, le prix de revient du mètre cube d'eau restait le môme, le chameau ne faisant que le même nombre de voyages en deux jours.

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