Erreur I Le devis aurait dû dire « du cent-vingtième
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lui amenait environ 150 ouvriers anglais, quelques charpentes, une certaine quantité de vieux matériel de chemins •de fer et un premier approvisionnement de charbon. La mise en train de l'organisation des chantiers de Tentreprise eut donc lieu vers le milieu d'avril. Or, ainsi qu'il est expliqué plus loin, M. Âiton, à la suite de difficultés nombreuses soulevées par lui au sujet de l'interprétation et de l'exécution de son contrat d'entreprise, suspendit définitivement les travaux au milieu d'octobre. L'entreprise n'a donc fonctionné effectivement que pendant environ six mois, et, pendant cette période de travail, le cube total des déblais exécutés, constaté suivant le mode de mesurage prescrit par le cahier des charges, n'a été que de 149.848 mètres <;ubes.
Disonsde suite, — ainsi qu'il est expliqué plusloin, — que la résiliation du marché qui suivit la cessation des travaux «t qui avait été d'abord notifiée judiciairement à l'entrepreneur par acte du 22 novembre, fut finalement réglée à l'amiable par une convention entre le Président de la Compagnie et M. Aiton, en date du 6 décembre 1864 ; que, toutefois, M. Aiton ne se décida à quitter Port-Saïd avec son personnel d'employés que le 3 avril 1865, après le règlement définitif, fort laborieux, de tous ses comptes ^vec la Compagnie.
Au cours des opérations de la liquidation de l'entreprise à Port-Saïd, à la fin de janvier 1865, M. Aiton avait déclaré s'opposera ce que la Compagnie, qui, en vertu de l'arrangement amiable, et afin de pouvoir continuer provisoirement en régie les travaux, avait pris possession des chantiers et du matériel, en fît la remise aux nouveaux entrepreneurs chargés de son lot de dragages (marché du 12 décembre 1864 avec MM. Borel, Lavalley et C''') avant le règlement complet et définitif de ses comptes avec la Compagnie. Les ingénieurs n'eurent pas à prendre parti au ^ujet de cette prétention de M. Aiton parce que, sur la
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demande même des nouveaux entrepreneurs, qui désiraient ne pas prendre possession des chantiers avant d'avoir bien étudié les conditions d exécution des travaux et achevé leurs installations, ils avaient pu laisser provisoirement les choses en Tétat, c'est-à-dire continuer de travailler en régie jusqu'après le départ de Tancien entrepreneur, MM. Borel, Lavalley et C**' n'ayant pris possession des chantiers et du matériel que le 20 avril.
Il serait sans intérêt aujourd'hui, de rappeler les nombreuses et incessantes réclamations de M. Alton pendant tout le cours de ses travaux jusqu'au jour où il crut devoir les suspendre complètement par suite du refus de la Compagnie de consentir h une modification qu'il prétendait exiger dans le mode de mesurage des déblais stipulé au cahier des charges. Nous nous contenterons de reproduire ci-après l'exposé fait par le Président de la Compagnie, dans son rapport à l'Assemblée générale des actionnaires du 5 octobre 1865, pour expliquer les circonstances qui avaient obligé la Compagnie à résilier le marché passé avec cet entrepreneur.
Nous ferons simplement précéder cet exposé des brèves réflexions suivantes :
L'entreprise Alton, malgré de nombreux adoucissements aux clauses du cahier des charges successivement consentis par la Compagnie aux cours des travaux n'était pas viable. L'expérience a bien prouvé, en effet, que le prix de 1 fr.35 consenti par l'entrepreneur pour le mètre cube de dragages était absolument insuffisant ; et l'on pouvait, à l'appui de cette appréciation, rappeler notamment que les nouveaux entrepreneurs, MM. Borel Lavalley et C" ne consentirent à soumissionner la reprise des travaux qu'au prix moyen de 2 francs le mètre cube applicable comme suit : 1 fr. 65 pour les déblais depuis Port-Saïd jusqu'au kilomètre 8 du canal maritime; 2 fr. 25 pour les déblais sur le reste de la longueur du lot d'entreprise. On fera remarquer, en outre^ que la trop grande hâte mise par M. Alton à faire venir
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d'Angleterre, indépendamment de nombreux employés, un important contingent d'ouvriers à salaires élevés, avant d'être assuré d'avoir à temps à sa disposition un matériel suffisant prêt h fonctionner pour pouvoir employer utilement tous ces ouvriers, a certainement contribué pour une large part, dans les premiers temps, et même pendant toute la période de travail de l'entreprise, à rendre plus difficile encore et plus inquiétante pour elle la question pécuniaire.
EXTRAIT DU RAPPORT DU PRÉSIDENT DE LA COMPAGNIE • A L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES ACTIONNAIRES DU 5 OCTOBRE 1865
Le premier lot de dragages comprenait, indépendamment du chenal et des bassins de Port-Saïd, la première partie du Canal maritime sur une longueur de 60 kilomètres et demi. Il comportait un déblai de 21.700.000 mètres cubes.
En vertu d'un marché passé le 13 janvier 1864, ce premier lot de dragages avait été concédé à M. W. Alton, entrepreneur de travaux de terrassements, qui offrait des prix inférieurs à ceux de ses concurrents et sur les antécédents duquel les meilleurs renseignements avaient été obtenus à Glascow. La Compagnie avait mis à sa disposition tout le matériel qu'elle possédait déjà sur les lieux et celui très considérable qu'elle avait commandé en vue de l'exécution de son lot. Ainsi que le disait le rapport à l'Assemblée des actionnaires du 5 août 1864, M. Alton, à cette date, était encore dans la phase de première installation où il lui était impossible de déployer toute la rapidité d'exécution que la Compagnie attendait de son expérience et de son activité.
M. Alton avait commencé les travaux avec les ressources que la Compagnie lui'avait fournies. Vers le milieu d'octobre, après avoir sollicité diverses modifications à son traité, qui lui avaient été accordées, M. Aiton avait élevé la prétention d'obtenir le changement complet de son contrat. Dans cet intervalle une crise financière survenue dans les principales places commerciales de l'Angleterre avait resserré et fait bientôt cesser les crédits sur lesquels il comptait; il avait éprouvé en conséquence des embarras financiers et s'était trouvé dans l'impuissance de payer, non seulement les fournisseurs de machines et les frets du matériel qu'il avait commandé en exécution de ses engagements, mais encore ses propres ouvriers. Ses travaux avaient subi des ralentissements que la Compagnie ne pouvait supporter. C'était dans ces circonstances que M. Aiton avait exigé, sous peine d'une interruption de ses travaux, un mode de mesurage des déblais contraire à son traité et à ceux des autres entrepreneurs. La Compagnie n'avait pu
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admettre de pareilles prétentions, et M. Aiton avait suspendu ses travaux, plaçant ainsi la Compagnie dans une situation qui pouvait amener de fâcheuses complications.
La Compagnie, après avoir constaté que M. Aiton était sous le coup ■d'une des clauses du contrat, prononçant la résiliation pour défaut d'exécution du cube trimestriel auquel il était obligé, et armée du fait non moins grave de la suspension arbitraire de ses travaux, lui avait fait signitier légalement la résiliation de son marché.
Cependant M. Aiton était détenteur du matériel de la Compagnie. La Compagnie ne pouvait se substituer à lui qu'après avoir repris possession de ce matériel. Ce fut dans ces conditions qu'elle avait dû transiger pour ne pas subir les retards d'un procès, quoique l'issue de ce procès ne pût être douteuse. Une demande d'indemnité formulée par M. Aiton avait été jugée exorbitante par le Président qui avait offert comme dernière transaction une somme de 200.000 francs. Cette somme avait été finalement acceptée, et la Compagnie était rentrée en possession de son matériel et de ses chantiers.