‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 105 sur 141 · DIMENSIONS DÉFINITIVES DES TERRE-PLEINS · texte numérisé non relu

DIMENSIONS DÉFINITIVES DES TERRE-PLEINS

D'après les premières prévisions, le terre-plein que la Compagnie se proposait de créer en bordure de l'arrièrebassin et qu'elle avait grand intérêt à se réserver en totalité pour ses besoins, devait s'étendre en largeur jusqu'au bassin de radoub. Mais, à la suite des résolutions prises (à la date du 19 février 1886), en ce qui était des terrains de Suez, par la Commission de délimitation des terrains réservés à la Compagnie le long du canal en exécution de la sentence impériale du 6 juillet 1804, la superficie de ce terre-plein s'est trouvée finalement réduite comme il est indiqué ci-après.

Les résolutions de la Commission de délimitation au sujet des terrains réservés à la Compagnie pour le débouché du canal dans la rade de Suez avaient été les suivantes :

« 1° Le chenal faisant partie du port de Suez n'est pas compris dans « les terrains réservés à la Compagnie; toutefois il demeure bien « entendu que, conformément à la concession, la Compagnie a le droit « de faire dans le chenal tous les travaux que comporte l'exécution de « ses projets, sous la réserve de laisser toujours un passage libre à la « navigation entre le fond du port et la rade, de sorte que la navigation « ne soit jamais arrêtée ni entravée;

« 2° Le halage sera libre sur les quais que doit construire la Compa- « gnie. Toutefois le droit de haler ne devra pas gêner la formation « des trains.

« La formation des trains est interdite le long de la jetée extérieure 1 <t et sur une longueur de 100 mètres à l'extrémité du terre-plein. I,a « portion suivante du quai jusqu'au petit bassin est affectée à la « formation des trains; en dehors des navires destinés à entrer dans « le canal, aucun navire ne pourra y stationner ni s'y amarrer.

« La circulation pour le public sera constamment libre sur les quais.

« Si la Compagnie prolonge la levée au-delà de l'extrémité du terre- « plein, en vue de former une jetée d'abri ', cette jetée extérieure sera « et restera conservée au public pour les besoins généraux du halage;

« 3° La Compagnie sera tenue d'élargir le chenal si les besoins de « la navigation locale le rendent nécessaire;

« 4° Le chenal devant rester libre pour tous les navires, aucun *i bâtiment n'y pourra mouiller.

« 5° La moitié de la largeur du terre-plein à créer entre la levée « formant la rive Nord du chenal d'avant-port et le quai du bassin de « radoub sera comprise dans les zones réservées à l'exploitation du « canal maritime, sous la condition pour la Compagnie de laisser au « quai, le long de la levée, une largeur de 40 mètres.

« La Compagnie n'aura à sa charge que la dépense afférente à l'exé- « cution des travaux dans la largeur de la zone qui lui est réservée.

« L'enrochement qui doit protéger le terre-plein du côté de la rade « sera construit simultanément par le Gouvernement et par la Corn- « pagnie.

« 6° Les fortifications qui pourront être construites à l'extrémité « Sud-Ouest du terre-plein seront disposées de manière que l'on puisse « communiquer entre ce terre-plein et la rade.

« La partie extérieure correspondant à la bande réservée à la Com- « pagnie sera affectée à l'accostage et au stationnement de ses embar- « cations de service et à l'établissement de ses embarcadères.

« 7° La partie du terre-plein réservé à la Compagnie le long du chenal

i. On verra plus loin que la Compagnie a renoncé à la construction de cette jetée, laquelle était dans ses projets au moment de la réunion de la -Commission de délimitation.

« de Suez, en retour vers le Nord, aura une longueur de 1.000 mètres « à partir de l'entrée du petit bassin projeté pour le remisage du « matériel d'exploitation du canal maritime. Le terre-plein s'étendra « en largeur jusqu'à une ligne parallèle au chemin de fer, à 50 mètres « en arrière de l'axe de la voie. Les navires étrangers à l'exploitation ce du canal maritime pourront se haler, mais non se décharger ni « s'amarrer le long de ce terre-plein.

« 8° Les constructions qui seront élevées par la Compagnie dans « l'étendue de la zone réservée à l'exploitation du canal maritime « seront soumises en cas de guerre aux servitudes militaires.

« Une zone de 100 mètres de largeur est réservée à l'extrémité du « terre-plein pour les besoins du Gouvernement. Aucune construction <• ne pourra être érigée sur cette zone de terrain par la Compagnie.

« Aucune des énonciations du présent procès-verbal ne pourra être « prise ou considérée par la Compagnie comme l'affranchissant des « règlements de port; en conséquence, tous les navires généralement « quelconques se dirigeant dans le canal maritime resteront, à l'instar « des autres navires, soumis aux règlements faits ou à faire par le « Gouvernement égyptien pour assurer la libre circulation dans les a ports de son territoire. »

En conséquence des résolutions de la Commission de délimitation, les dimensions en largeur du terre-plein de la Compagnie se sont trouvées être définitivement fixées comme suit :

La distance enlre l'extrémité S. 0. de la rive du terre-plein bordant l'arrière-bassin du port et la jetée Est du bassin de radoub étant de 420 mètres, les travaux d'enrochements à faire par la Compagnie ne comprenaient qu'une longueur de 210 mètres (le Gouvernement égyptien — comme on Ta vu par la citation ci-dessus, article 5 — s'était d'ailleurs engagé h fermer par un enrochement les 210 mètres qui lui étaient réservés), la largeur du terre-plein à son extrémité, mesurée normalement à la rive longeant Tarrièrebassin, se trouvait ainsi être d'environ 160 mètres ; cette largeur allait ensuite progressivement en diminuant à peu près jusqu'à mi-distance avant le bassin de l'Arsenal, point où l'intervalle entre la levée du chemin de fer du bassin de radoub et la rive du terre-plein étant seulement de

180 mètres, la largeur du terre-plein se trouvait réduite à 90 mètres; à partir du point en question, le terre-plein avait pour limite Ouest une parallèle tracée à 50 mètres de la voie du chemin de fer, et sa largeur se trouvait alors augmenter progressivement jusqu'à l'angle formé par la rencontre des deux alignements des terre-pleins Sud et Nord où elle atteignait 330 mètres; eniin, la largeur du terre-plein Nord (sur lequel était pris la darse de l'Arsenal) croissait depuis 330 mètres jusqu'à environ 380 mètres : l'adoption, pour la rive de ce terre-plein, du côté du chenal de Suez, d'un alignement droit sur toute la longueur de 1.000 mètres réservée à la Compagnie, eût oblige soit à établir cette rive en partie sur le banc, soit h empiéter sur le chenal si Ton voulait que le terre-plein pût être accosté sur toute son étendue par les petites embarcations; afin d'éviter ce double inconvénient on avait légèrement modilié la direction recti ligne de la rive de manière à faire suivre le plus possible au pied du talus de la berge la ligne des plus basses mers.

Bien que la longueur du terre-plein Nord réservé à la Compagnie fût de 1.000 mètres, le projet ne prévoyait d'abord la construction dudit terre-plein que sur une longueur de 500 mètres 1 .

Quant à la darse de l'Arsenal, sa longueur, projetée primitivement à 150 mètres seulement (comme la largeur), était portée à 400 mètres. On avait adopté une pareille longueur dans le double but de trouver dans les déblais mêmes de la darse les terres nécessaires à la confection des terre-pleins du pourtour et d'éviter de remblayer dans la région Nord, sur 3 mètres de hauteur, un emplacement où l'on pourrait avoir plus tard à creuser pour l'agrandissement de la darse.

1. La Compagnie n'occupe pour ses services qu'une partie des deux terrepleins Nord et Sud. L'autre partie fait partie du Domaine commun créé par la convention du 23 avril 1869 et dont la gestion a été définitivement réglementée par la nouvelle convention du 18 décembre 1884.

Sur sa rive Est, la darse se trouvait séparée du chenal de Suez par un terre-plein, en forme de môle, de 50 mètres de largeur; le terre-plein de la rive Ouest avait une largeur moyenne de 130 mètres; celui de la rive Nord une largeur d'environ 160 mètres.

Dès les premières études de 1859 — ainsi que la remarque en a déjà été faite précédemment — il avait été objecté contre le débouché empruntant le chenal de Suez que ce débouché était trop éloigné du port et de la ville de Suez. En produisant leur nouveau projet, les Ingénieurs, revenant sur cette objection avaient fait remarquer que le terre-plein créé par la Compagnie se trouverait en communication directe avec Suez parle chemin de fer, alors en construction, destiné à desservir le bassin de radoub et sur lequel la Compagnie pourrait au besoin, embrancher une voie pour son service; qu'à la suite du terre-plein, en remontant vers le Nord, le Gouvernement égyptien aurait toutes facilités pour construire, le long du chenal de Suez, tous ouvrages, tels que quais, bâtiments, etc., nécessaires aux transactions entre la ville de Suez et les navires faisant le commerce local; enfin, que les navires stationnant dans cette partie du chenal seraient parfaitement abrités et n'auraient aucun rapport avec ceux qui auraient simplement à traverser le Canal.

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