KNTRK LE CANAL D'EAU DOUCE ET LA KIGOLE MARITIME
Le canal d'eau douce, d'après l'a van t-projet, devait déboucher directement, par l'intermédiaire de ses deux écluses, dans le lac Timsah; mais, ainsi qu'il va être expliqué, la nécessité, déjà signalée précédemment, de créer le plus proinptement possible une voie de communication par eau, sans solution de continuité, entre Port-Saïd et Ismaïlia, et, de là, se prolongeant vers le centre du Delta et, à bref délai, vers Suez, rendit nécessaire l'adoption d'une solution provisoire consistant à construire sur le bord du lac un canal de service, dit Canal de jonction, entre l'écluse d'aval du canal d'eau douce et la rigole maritime.
La rigole maritime, de 15 mètres de largeur à la ligne d'eau avec une profondeur de l m ,50 à 2 mètres, était arrivée jusqu'au lac Timsah; dans les premiers jours de novembre 1862, et l'eau de la Méditerranée commença alors à couler dans le lac par un pertuis provisoire de décharge. Les eaux ainsi fournies par la rigole maritime, ainsi que celles provenant du déversoir du canal d'eau douce, firent monter jusqu'à une certaine hauteur le niveau du lac. Mais, comme il y avait un très sérieux intérêt à se réserver la possibilité de faire à sec — comme cela a eu effectivement lieu jusqu'à Toussoum — une notable partie des déblais à effectuer en contre-bas du niveau de la Méditerranée,, pour l'ouverture du canal maritime à travers les lagunes du lac et le seuil du Sérapéum, on ne fit provisoirement entrer dans le lac à peu
1. Voir plus loin, à ce sujet, le chapitre concernant la remise faite par la Compagnie au Gouvernement égyptien, en vertu de la Convention du 22 février 1866, du canal d'eau douce de l'Ouady à Ismaïlia et à Suez.
Le canal de ceinture mentionné ici, et qui a été comblé plus tard, était un petit canal qui contournait la ville d'Ismaïlia pour conduire l'eau prise au canal d'eau douce jusqu'à l'usine établie à l'extrémité est de la ville et chargée de refouler cette eau, par des conduites en fonte, tout le long des chantiers de la parlie nord du canal jusqu'à Port-Saïd.
près que la quantité d'eau nécessaire pour compenser l'évaporation.
Lors du nouveau nivellement général du canal, qui fut fait en 1864, il fut constaté, à la date du 16 mars, que le niveau de l'eau du lac se trouvait à la cote i2 nL ,80 ; et il avait atteint seulement la. cote 13 m ,80 à la fin de 1866, époque à laquelle commença la véritable opération de remplissage.
La continuité de la voie de communication par eau entre Port-Saïd et Isinailia, qu'il y avait également un si grand intérêt à créer, ne pouvait donc, de longtemps, s'obtenir par l'intermédiaire du lac Timsah; et, dès lors, s'imposait la solution provisoire du canal de jonction.
Ce canal, on le rappelle, devait permettre aux expéditions faites de Port-Saïd sur Ismaïlia et vice versa d'arriver à destination sans rompre charge; il était d'ailleurs indispensable, en vue de la prochaine ex pipi tation des carrières de Gebel GenefTé, dont on croyait alors pouvoir utiliser les produits sur une grande échelle pour la construction des jetées de Port-Saïd; enfin il était destiné à supprimer toute solution de continuité dans la première voie de navigation, que comptait ouvrir la Compagnie entre Port-Saïd et Suez, dès que serait achevée la branche de Suez du canal d'eau douce.
La longueur du canal de jonction était de 2.500 mètres, la largeur au plafond de 10 mètres, avec talus de la cunette à 3 pour 1 au-dessous du niveau de l'eau et profondeur en contre-bas de la cote 18 m ,20 (niveau moyen de la Méditerranée) de 2 mètres.
Le canal a été construit sur presque toute sa longueur dans Le courant de Tannée 1863. Il n'a été prolongé jusqu'à l'écluse d'aval du canal d'eau douce, alors en cours de construction, que dans le mois de juin de l'année suivante. Le cube total des déblais a été de 138.764 mètres cubes.
Le canal a été en même temps prolongé, sous forme de branche annexe, en suivant le bord du lac, jusqu'au droit de l'écluse d'amont. Ce branchement, d'une longueur de 1.097 mètres et qui a exigé un déblai de 38.587 mètres cubes, était destiné à suppléer le bief du canal d'eau douce compris entre les deux écluses pendant la construction de ces ouvrages, puis, plus tard, à éviter le passage des écluses pour les transports entre Port-Saïd et Ismaïlia 4 .
1. Caxal de service de la carrière du plateau des HYÈNES. — En même temps que s'exécutait le canal de jonction, on construisait un autre c.inal de service, de même profil et de 2.200 mètres de longueur, partant également de l'extrémité de la rigole maritime et se dirigeant, par un seul alignement droit, vers le plateau des Hyènes, situé sur la rive est du lac Timsah, et où existait une carrière de pierres calcaires. Cette carrière paraissait pouvoir fournir environ 100.000 mètres cubes de matériaux propres aux constructions de la ville et à la construction des deux écluses d'ismaïlia, ainsi qu'aux
Comme il est dit ci-dessus, l'eau de la Méditerranée avait commencé à couler dans le lac Timsah dans les premiers jours de novembre 18G2; mais l'opération de remplissage, à l'aide d'un important ouvrage construit ad hoc et établi en dehors de la cunette du canal, n'a véritablement commencé que le 12 décembre 4866, le niveau du lac étant alors à la cote 13 m ,80, pour se terminer le 15 août 1867, où l'eau du lac avait atteint le niveau moyen de la Méditerranée, cote 18 m ,30 des nouveaux nivellements. La durée du remplissage avait donc été de 247 jours.
Le canal de jonction avait exigé depuis sa construction d assez importantes dépenses d'entretien pour la réparation des berges dégradées par le batillage et pour l'enlèvement d'apports de sable provenant des dunes voisines.
Dès que le lac fut en communication directe avec la rigole maritime, les bateaux-poste faisant le service entre Port-Saïd et I s mail i a et beaucoup d'autres embarcations prirent la route du lac pour se rendre à Ismaïlia. Le canal de jonction étant destiné à être prochainement abandonné, son entretien fut notablement réduit; les chemins de halage se détruisirent peu à peu et les profondeurs diminuèrent; aussi la navigation y devint-elle de plus en plus difficile pour les embarcations qui, devant passer du canal maritime dans le canal d'eau douce, continuaient à le fréquenter. Mais la communication directe entre l'écluse d'aval et le lac Timsah, prévue depuis l'origine, fut établie dans le courant de l'année 1868 par un bout de canal de 150 mètres de longueur, 40 mètres de largeur et 2 m ,50 de profondeur; en sorte que, désormais, lesdites embarcations purent également passer par le lac pour gagner l'écluse, et, de là, le canal d'eau douce. Le canal de jonction fut dès lors à peu près complètement abandonné. Il n'en reste plus aujourd'hui que des vestiges.
Canal de ceinture a Ismaïlia 1 . — Vers le milieu de l'année 1862, — ainsi qu'il sera expliqué plus tard, au chapitre concernant la canalisation et distribution d'eau douce d'fsmaïlia à Port-Saïd — la Compagnie décida la construction à Ismaïlia, à l'extrémité Est de la ville, d'un important établissement, dit Usine des eaux, dans lequel devaient être installées de puissantes pompes à vapeur appelées à desservir un*
enrochements de protection des berges du canal maritime. Le canal de service était destiné à en faciliter l'exploitation. Il exigea un déblai de 96.819 mètres cubes.
1. On verra plus loin, au chapitre concernant le canal Ismaïlien : D'une part, que le canal primitif de ceinture a été très notablement élargi, au commencement de Tannée 1817, par le Gouvernement égyptien, en même temps que le Gouvernement remplaçait par un canal à grande section l'ancien canal d'eau douce construit par la Compagnie d'Abasseh a Ismaïlia ;
D'autre part, que le canal de ceinture élargi a été comblé et définitivement asséché au commencement de Tannée 4880.
canalisation qui devait être établie en même temps tout le long de la moitié nord du canal maritime pour l'alimentation en eau douce des chantiers de travaux jusqu'à Port-Saïd.
L'eau destinée à alimenter la canalisation fut prise dans le bief supérieur du canal d'eau douce et amenée jusqu'à l'usine au moyen d'un petit canal, dit Canal de ceinture, contournant par le nord la ville d'Ismaïlia. Ce canal était appelé, en même temps, à fournir l'eau d'arrosage pour les cultures établies le long d'une partie de son parcours et pour celles d'un grand jardin d'essai que l'on se proposait de créer et qui a été créé, en effet, autour de l'usine des eaux.
Afin d'avoir des eaux aussi pures que possible, la prise d'eau du canal de ceinture a été reportée jusqu'en amont du village arabe existant à l'Ouest de la ville ; elle se trouvait ainsi à 720 mètres de distance de la tête amont de l'écluse d'amont d'Ismaïlia. Le canal abouti s sait -à l'usine dans un réservoir d'où l'eau se rendait ensuite, à mesure des besoins, aux puisards des pompes.
La longueur totale du canal était de 2.670 mètres.
La cunette avait une largeur au plafond de m ,50 avec talus à 45°; la section mouillée était de 1 mètre carré.
Les travaux ont été exécutés pendant les deux mois de juillet et août 1863.
Un curage général dut être fait pendant les derniers mois de l'année 1 866.