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ET DES PORTS, DU 4 MARS

Ce projet comportait les dispositions suivantes :

Canal proprement dit. — Dans les alignements droits : Feux conjugués blancs, élevés de k à 5 mètres au-dessus du niveau de l'eau, établis sur chaque rive à Popposé l'un de l'autre, et placés longitudinalement à des intervalles de 2 à 3 kilomètres, l'espacement des feux dans chaque alignement devant être tel qu'il divise en parties égales les intervalles entre les gares et les courbes. Ces feux sont disposés transversalement au-delà du chemin de halage dans les parties du canal à berges émergentes ; à 40 mètres de distance de Taxe dans les parties à berges noyées. Ils consistent en de simples lanternes à bougie ayant leurs glaces légèrement dépolies ou bien portant un globe à verre dépoli 1 .

Courbes et gares : les extrémités des courbes et des gares sont signalées chacune par un double feu blanc semblable aux précédents.

Dans les courbes, les feux sont établis sur la rive concave seulement, toujours au-delà du chemin de halage, et à la même hauteur

1. Lors de l'examen du projet par la Compagnie, en avril 1869, il fut spécifié que les feux de berges seraient du type du « fanal de route » des navires à vapeur, en modifiant seulement le réflecteur de manière à donner la plus grande intensité de lumière au loin, parallèlement à Taxe du canal, à l'avant et à l'arrière .

L'appareil lenticulaire de ce type de fanaux étant préservé à l'extérieur par une grille dans laquelle s'encadrent deux verres mobiles épais, on obtiendrait avec ce même type des feux de telle couleur qu'on voudrait en colorant les verres mobiles de la nuance voulue.

De même, si la nécessité se faisait sentir de diminuer l'intensité de la lumière blanche dans un certain angle, il suffirait de rendre opaque la partie correspondante du verre mobile.

iv. 25

que dans les alignements droits. Ils sont colorés en rouge du côté- Afrique, en vert du côté Asie ; leur écartement entre eux et avec les feux blancs des extrémités varie, suivant chaque courbe, entre 200 et 400 mètres ; il est réglé de telle façon que, pour un observateur placéen un point quelconque de la ligne de navigation entre deux feux, 1er premier feu à l'avant et le second feu à l'arrière sont avec lui sur uni même alignement «.

Traversée du lac Timsah*. — Deux feux de direction, rouges, établis à terre sur la rive Afrique et destinés, avec le milieu des deux feux ordinaires de berge placés aux débouchés du canal dans le lac, à indiquer, l'un le premier alignement à la suite de la branche d'El Guisr, l'autre, l'alignement de la branche du Sérapéum ;

Deux autres feux de direction, blancs, établis, l'un sur la rive Asie*

1. Dans un système un peu différent proposé en même temps à la Compagnie pour l'éclairage des courbes, les extrémités de celles-ci étaient signalées par un feu coloré unique placé sur la rive concave au lieu des deux feux blancs conjugués du projet. La description du système était d'ailleurs accompagnée de considérations sur la manière dont se ferait la navigation dans les courbes : On admettait que les navires, au lieu de suivre Taxe courbe de la cunette du canal, suivraient les côtés d'un polygone, lesdits côtés dune longueur de 2GO à 400 mètres.

Tous détails au sujet de la marche des navires dans les courbes ont été donnés précédemment (Voir page 197), à l'occasion des considérations générales sur le tracé du canal.

On mentionnera simplement ici que la Compagnie estima alors — après avoir repoussé l'idée du trajet polygonal dans les courbes — qu'en signalant les extrémités et le milieu des courbes par des feux non susceptibles d'être confondus avec ceux des alignements droits, ceux, par exemple, qu'avaient indiqués les Messageries maritimes, à savoir : deux feux rouges, un sur chaque rive, à chacune des deux extrémités de la courbe, et, au milieu, deux feux doubles — rouge et vert superposés — un également sur chaque rive; qu'en dessinant en outre le contour de la rive concave par de petits feux blancs d'un très faible éclat placés entre les feux colorés et dont le nombre varierait suivant la longueur du développement de la courbe, on obtiendrait un éclairage permettant une certaine latitude dans les manœuvres et offrant en même temps une sécurité suffisante.

Il était recommandé en même temps aux ingénieurs d'apporter le moins de variations possible dans l'écartement transversal des feux de berges. L'inégalité des distances semblait pouvoir, en effet, être une cause d'erreurs dans l'appréciation de ces distances et par suite de la position précise du navire dans le canal ; le mieux serait, s'il était possible, de réduire les écartements à deux, l'un pour les grandes sections du canal, l'autre pour les petites sections.

2. En même temps que le projet d'éclairage, un nouveau tracé était proposé par les ingénieurs pour la traversée du lac Timsah, et c'était naturellement pour ce nouveau tracé que le projet d'éclairage était établi.

C'est effectivement ce nouveau tracé qui a été adopté et finalement exécuté (Voir au chapitre du Tracé du canal maritime, Traversée du lac Timsah* page 134).

l'autre sur la rive Afrique, et destinés à indiquer le second alignement brisé de la branche d'El Guisr ;

Trois feux flottants, verts, destinés à marquer les deux entrées de la gare et le sommet de la courbe qui la limite à l'Est ;

Enfin, un feu flottant rouge, placé à l'intersection des deux alignements brisés de la branche d'fcl Guisr, du côté opposé au sommet d'angle.

Les feux de direction seraient de 4° ordre, élevés de 9 à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le feu rouge destiné à indiquer l'alU gnement de la branche du Sérapéum aurait une portée de 10 kilo T mètres ; les trois autres feux de direction, une portée de 6 kilomètres.

Traversée des grands lacs Amers. — La Commission de navigation, conformément à la proposition des ingénieurs, avait été d'avis de placer à chacune des deux extrémités du canal, à son débouché dans les grands lacs, dans le prolongement de la ligne d'axe et à 1 kilomètre environ de distance, un feu de 4 e ordre élevé de 13 mètres au-dessus du niveau de l'eau.

Les emplacements choisis pour la position des deux phares donnèrent lieu, dans les Conseils de la Compagnie, aux critiques suivantes :

Il n'était pas possible de fonder le phare Nord à 1 kilomètre de distance de l'extrémité de l'axe du canal en raison de l'existence du banc de sel en cet endroit et du peu de temps qui restait avant le remplissage des lacs. Si, pour trouver un terrain meilleur, on se rapprochait à 500 mètres, mais en restant toujours dans le prolongement de l'axe^ on constituait une sorte d'obstruction pour la liberté d'entrée et de sortie. Mieux vaudrait que le phare fût fondé à l'extrémité de la berge, submergée de l'Est.

Pour le phare sud, le banc de sel, plus éloigné de l'extrémité de la branche sud du canal, n'était plus un obstacle à la fondation à 1 kilomètre dans le prolongement de l'axe; mais la configuration du terrain n'indiquait pas moins clairement qu'au nord il fallait laisser les bouches du canal tout à fait libres du moment que la route de l'une à l'autre était possible avant même la dissolution du banc de sel, la partie orientale du lac devant être interdite aux grands navires, à cause de son exiguité et de ses fonds moins favorables, tandis que la partie occidentale offrait un vaste espace libre pour tout croisement en marche, stationnement ou mouillage. Dans ce vaste espace à l'ouest, les parties proches des bouches étaient surtout bonnes à conserver comme stations pour attendre que le canal devint libre. Il conviendrait donc de fonder le phare sud dans une position analogue à celle du phare nord, c'est-à-dire à l'extrémité de la berge submergée de l'Est, en même temps que les espaces voisins à l'ouest devraient être parfaitement nettoyés des légères inégalités qu'ils contenaient.

En raison de ces critiques et vu l'urgence des résolutions à prendre

sur ce point spécial, la Compagnie, sans attendre la production du projet d'ensemble de l'éclairage du canal, avait décidé que les deux phares des grands lacs Amers seraient placés à l'extrémité même des berges submergées Est de chacune des deux branches du canal et à une distance transversale de 60 mètres de Taxe, et les fondations des deux tourelles destinées à supporter les deux feux avaient été exécutées en conséquence *.

Traversée des petits lacs Amers. — Système d'éclairage absolument le même que celui du canal proprement dit, soit dans les alignements droits, soit dans les courbes s .

Mais, en outre des feux de berges, il serait établi à terre quatre feux de direction, de 4 e ordre, blancs, d'une portée de 10 kilomètres 3 .

Port de Port-Saïd.

Indépendamment du phare d'atterrage de 1 er ordre — dont il sera parlé plus loin à l'occasion de l'éclairage de la côte d'Egypte sur la Méditerranée — qui devait être construit sur le rivage pour le compte du Gouvernement égyptien :

Deux feux de port aux extrémités des jetées, rouge à la jetée de l'ouest, vert à la jetée de l'est, et consistant en de simples lanternes installées au sommet de potences à coulisses, à 6 mètres au-dessus du niveau de la mer;

Deux feux blancs, situés vis-à-vis l'un de l'autre à l'entrée des bassins, semblables à ceux disposés le long du canal, mais placés à une hauteur de 6 mètres (au lieu de 5) au-dessus du niveau de la mer;

Enfin, un feu de direction installé sur la berge sud du port, au point de rencontre des deux alignements du chenal du port et du canal maritime, et consistant en un fanal de 4 e ordre, à feu blanc, placé à une hauteur de 9 mètres au-dessus du niveau de la mer et d'une portée de 8 à 9 kilomètres.

1. La Compagnie estimait d'ailleurs que les deux phares seraient suffisants pour tracer la ligne de navigation à travers les grands lacs.

2. La Compagnie, tout en reconnaissant que la navigation pourrait, dans les parties à berges émergentes, se faire à la traversée des petits lacs d'après le même principe que dans les autres parties du canal, estima toutefois que, pour les parties à berges submergées, les courbes auraient besoin d'être encore mieux dessinées que partout ailleurs, et elle recommandait en conséquence aux ingénieurs de n'y écarter les feux que de 40 mètres de l'axe, cet écartement n'étant pas d'ailleurs absolu et pouvant être réduit à celui qui serait adopté dans les parties du canal à petite section, s'il était moindre.

3. La Compagnie, sans méconnaître l'utilité des feux de direction proposés, ne les Jugeait pourtant pas indispensables. Elle estimait que, dans les petits lacs ainsi qu'on le faisait dans les grands alignements droits du lac Menzaleh, on pourrait essayer de naviguer sans grands fanaux de direction, avec les seuls feux de berges. Si, par la suite, l'expérience venait à montrer la nécessité des premiers, il serait toujours temps de les établir.

Port de Suez.

Un feu vert à l'extrémité de la jetée transversale de l'Est ;

Un feu rouge sur le musoir de la digue ouest à la pointe sud du terre-plein ;

Un feu rouge à l'entrée du bassin de l'arsenal;

Enfin deux feux blancs à l'entrée du canal.

Le feu de la pointe sud du terre-plein ouest aurait une hauteur de 3 mètres au-dessus du niveau de la mer et une portée de 8 à 9 kilomètres; les quatre autres feux, une hauteur de 6 mètres et une portée de 4 à 5 kilomètres.

Le système général d'éclairage tel qu'il vient d'être décrit devait comporter 194 feux de berges et 8 feux de direction. Au point de vue de l'installation, les 194 feux de berges se répartissaient ainsi : 161 sur simples potences, 4 sur bateaux et 29 sur balises.

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