QUESTION D'UN SYSTÈME DE CANAL A POINT DE PARTAGE
Deux combinaisons étaient possibles pour la construction du canal dans l'Isthme : ce canal pouvait être à point de partage et alimenté par les eaux du Nil, ou creusé de manière
réalité d'environ 53 kilomètres. C'est ce chiffre qui aurait dû figurer au tableau.
La longueur totale du tracé adopté par la Commission internationale t ladite longueur mesurée sur les lignes d'alignement joignant tous les sommets d'angles, devait donc être, en définitive, sauf erreurs dans le mesurage général des longueurs partielles, d'environ 157 kilomètres.
1. D'après les nivellements de l'Isthme et les observations de marées qui existaient au moment de ses études, la Commission internationale avait adopté pour les niveaux respectifs de la Mer Rouge et de la Méditerranée les cotes
à mettre directement les deux mers en communication, avec ou sans écluses de garde aux' extrémités. Les auteurs de Tavant-projet avaient adopté cette dernière combinaison, mais sans faire connaître les motifs de leur préférence. La disposition des lieux se prêtant, aussi bien que possible, à l'ouverture d'un canal à point de partage, la Commission avait cru devoir examiner d'abord s'il ne conviendrait pas d'adopter cette combinaison de préférence à celle de l'avantprojet.
L'adoption du canal à point de partage ferait réaliser évidemment une économie notable sur les travaux de terrassements. Le cube des déblais serait, en effet, considérablement diminué; et, comme on aurait à creusera de moindres profondeurs, on serait moins gêné par les eaux d'infiltrations. Toutefois l'économie sur les terrassements serait atténuée dans une assez large mesure par les dépenses qu'on aurait à faire pour endiguer le canal à travers le lac Menzaleh et au droit du bassin des lacs Amers, qu'il faudrait contourner, et par les frais d'établissement des écluses à construire forcément sur chaque versant, frais qui se trouveraient aggravés
figurant au tableau ci-dessous, rapportées à uu plan passant à 20 mètres au-dessous de la tablette du quai de Suez, à l'angle de l'escalier.
Plus hautes mers connues
Hautes mers moyennes de vive eau
Niveau d'équilibre par un temps calme.
Niveau moyen habituel
Basses mers moyennes de vive eau
Plus basses mers connues
MKS nocoE
VÉDITERRAirtg
Mètres
Mètres
On voit par les chiffres de ce tableau que, d'après les nivellements de l'Isthme et des observations de marées qui existaient au moment des études de la Commission internationale, le niveau moyen de la Méditerranée était supposé se trouver à 0",68 au-dessous du niveau moyen de la Mer Rouge. On verra plus loin, à la description du profil en long du canal tel qu'il a été définitivement adopté, que, d'après un nivellement de vérification fait en 1864, la différence de niveau entre les deux mers (niveaux moyens) avait été trouvée être de 0,26 seulement, et que des observations ultérieures, faites de 1871 à 1876, ont montré finalement que le niveau moyen' des deux mers est exactement le même à quelques centimètres près.
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par la nécessité de placer ces ouvrages, — afin de permettre remploi, dans de bonnes conditions, des loueurs ou des remorqueurs pour Je halage des navires, — à chaque extrémité du canal, au lieu de profiter de la configuration des lieux pour le choix du meilleur emplacement. Tout compte fait, cependant, l'économie serait encore certainement en faveur du canal à point de partage; et, par conséquent, si Ton ne devait se décider que par des considérations de dépenses de premier établissement, ce serait ce système qu'il faudrait adopter. Mais il donnait lieu k plusieurs objections assez graves parmi lesquelles, les suivantes : d'une part, le canal devrait être alimenté avec les eaux du Nil qui y déposeraient annuellement une quantité de limon qu'on pouvait évaluer à 784.800 mètres cubes* et dont l'extraction donnerait lieu à une dépense d'au moins 1 million de francs et exigerait que Ton eût en permanence dans le canal de dix à douze machines à draguer 2 ; d'autre part, dans la plus grande partie du canal, les digues devraient nécessairement être construites en sable, et elles n'offriraient pas dès lors toutes les garanties désirables, tout au moins jusqu'au moment où elles seraient rendues étanches par les dépôts de limon du Nil ; enfin, et c'était là l'objection la plus grave, on serait constamment, sous la menace d'une rupture de digue occasionnée par la malveillance ou par clos accidents, avec tous les désastres qui en seraient la conséquence, et il
1. Quantité d'eau employée annuellement par la navigation, en admettant un mouv' de 6.000 navires dans chaque sens, et supposant aux écluses Mètres cubes d'extrémités une chute de 2-,50 : 2 x 6.000 x 100- x 21" x 2-,50 = 63.000.000
Pertes par évaporât ion, infiltrations et fausses manœuvres évaluées à 0.03 par mètre superficiel et par jour, la superficie totale du canal étant de 12.t60.000 mètres cubes, 133.000.000
Quantité d'eau du Nil à introduire annuellement dans le Canal. 196 000.000
Cube du dépôt annuel de limon 196.000.000 x 0,004 = 184.000
2. Ce devait être là, en effet, un surcroit de charges pour l'exploitation du canal. Car le relèvement du plan d'eau de 2*,50 n'aurait réduit que dans une mesure presque insignifiante les portions de canal particulièrement en butte à l'envahissement des sables voyageurs.
faudrait organiser un important service de surveillance qui, bien que très onéreux, resterait pourtant peu efficace, vu l'absence de toute population intéressée-à porter énergiquement secours en cas de danger. C'était donc avec raison, concluait la Commission, que les auteurs de l'avant-projet n'avaient pas adopté la combinaison du canal à point de partage.
QUESTION DES ÉCLUSES AUX EXTRÉMITÉS DU CANAL ET TRAVERSÉE DES LACS AMERS
Du moment qu'il était démontré que le canal direct devait être alimenté par l'eau de mer, deux systèmes se présentaient: ou bien le canal pouvait avoir des écluses à ses extrémités, à Suez et à Péluse, ainsi que le proposaient les auteurs de l'avant-projet ; ou bien, il pouvait être laissé eu libre communication avec les deux mers. Chacun de ces deux systèmes avait des avantages et des inconvénients qu'il importait de bien apprécier pour pouvoir prendre une décision en parfaite connaissance de cause.
Les écluses, disait-on, auraient cette utilité, qui serait considérable, de diminuer la dépense et de rendre l'exécution plus rapide et l'entretien plus facile ; en permettant, en effet, de surélever le niveau de 1 mètre à l m ,50, elles éviteraient 17 millions de mètres cubes de déblais; en outre, elles empêcheraient l'ensablement et l'envasement du canal, soit par Suez, soit par Péluse; enfin en interceptant toute communication, elles laisseraient dans le parcours entier un calme perpétuel que ne troubleraient ni les courants, ni les marées, et elles donneraient ainsi la plus parfaite sécurité.
Mais, suivant la Commission, ces avantages étaient plus apparents que réels.
En premier lieu, il résultait de calculs qu'elle avait faits sur la loi du mouvement des eaux dans le canal, que la ligne d'eau n'y saurait être sensiblement surélevée si le
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canal était interrompu par la nappe d'eau des lacs Amers ; et qu'elle ne pourrait l'être que de M ,6i si le canal était continu d'une mer à l'autre. Dans le premier cas, qui était celui de l'avant-projet, l'économie que Ton se promettait serait insignifiante ; dans le second, elle n'atteindrait pas 4 millions de francs, et elle serait annulée par le prix des terrassements à exécuter à travers les lacs. Il n'y aurait donc, en réalité, aucune compensation à la dépense de construction des écluses. Cette compensation était d'autant moins possible que, pour prévenir des chômages trop faciles à prévoir, il faudrait au moins deux écluses accolées à Suez, et autant à Péluse, et qu'on allait même jusqu'à en proposer quatre, deux grandes et deux petites, pour être sur que la navigation ne serait jamais interrompue. Il importait de ne pas perdre de vue, d'ailleurs, qu'il serait bien difficile de conserver la surélévation de m ,64 pour un usage constant, attendu que Ton devait prévoir qu'il y aurait, par les vents favorables, une grande affluencc d'arrivages de navires soit à Suez, soit à Péluse, d'où résulteraient des manœuvres multipliées d'écluses, qui diminueraient la surélévation obtenue jusqu'à la faire évanouir pendant les morteseaux. De telle sorte, en définitive, qu'il serait prudent de •creuser le canal dans le système des écluses tout autant que s'il n'y en avait pas.
D'un autre côté, les envasements et les ensablements dont on comptait garantir le canal par des portes qu'on fermerait à volonté n'étaient pas redoutables à beaucoup près autant qu'on le supposait. D'abord la mer Rouge ne pouvait charrier qu'une très petite quantité de sable et elle ne transporterait jamais de vase ; ses eaux étaient constamment limpides sur rade, et la tenue des ancres y attestait que le fond n'était pas remué d'une manière sensible dans les gros temps ; la configuration générale des plages et des bancs était invariable par suite de la faiblesse de la lame et <les courants ; il n'y avait donc rien à craindre de la mer
Rouge ; les sables mis et tenus en suspension par les grosses vagues se déposeraient dans le chenal ; et, s'ils* étaient roulés sur le fond par les courants résultant de l'appel des lacs Amers, ils n'iraient certainement pas au-delà du port de Suez; il paraissait donc superflu de leur fermer l'accès du canal par des écluses. Il n'en serait guère autrement du côté de la Méditerranée. Bien qu'il y eût dans cette mer beaucoup de vase amenée par le Nil, cette vase n'entrerait probablement pas dans le canal, attendu que, sauf dans les cas exceptionnels de tempêtes du N. 0., le courant *y porterait toujours de la mer Rouge à la Méditerranée et tendrait dès lors à repousser les eaux troubles ; quant aux sables qui voyageaient le long de la côte sous la double action de la houle et du courant, la petite quantité qui pourrait pénétrer entre les jetées trouvant là du repos, se déposeraitdans l'avant-port sans atteindre certainement jamais la tôle du canal.
Ainsi donc, les écluses qui coûteraient fort cher, sans aucune compensation du côté des terrassements, seraient môme sans objet comme protection contre l'envahissement du canal par les sables et vases de la mer. Elles restaient avec leurs inconvénients ordinaires, qui élaient d'être gênantes à l'entrée et à la sortie et de retarder toujours la marche des navires, soit par la longueur des manœuvres, soit par les chômages qu'exigeaient les réparations. On ne pourrait les admettre pour un grand canal maritime, où afflueraient des milliers de navires, que si l'on prouvait qu'elles élaient absolument nécessaires.
La question des écluses revenait donc à savoir si le canal, sans être fermé, pourrait avoir toutes les garanties indispensables de conservation, et si le courant qui s'établirait d'une mer à l'autre n'aurait rien, même dans les cas exceptionnels, qui pût ôlre destructeur pour les berges. Or la configuration même des lieux offrait un moyen simple et parfaitement efficace d'amortir et annuler tout effet fâcheux
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des eaux. Ce moyen consistait à utiliser les lacs Amers, situés à 20 kilomètres environ de Suez, comme un vaste réservoir régulateur. Les eaux de la mer Rouge pourraient y être amenées avec toutes les précautions convenables ; et les lacs, une fois remplis sur une surface de 330 millions de mètres carrés, conserveraient un niveau constant et formeraient un modérateur suffisant des eaux. La vitesse du courant serait ainsi augmentée au Sud des lacs, pour la partie du canal creusée dans l'argile; et elle diminuerait au contraire, au Nord, pour la partie creusée dans les sables.
La Commission s'était donc arrêtée à la pensée d'un canal sans écluses, interrompu par la vaste nappe d'eau des lacs Amers.
Mais à ce système on avait fait diverses objections.
Les lacs Amers, disait-on, formeraient une espèce de mer intérieure, où les lames pourraient être très fortes et que les navires auraient la plus grande peine à traverser en mauvais temps. D'un autre côté, en laissant les lacs entièrement libres, on interrompait nécessairement le halage qui devait régner autant que possible sans discontinuité sur les berges du canal; ne valait-il pas mieux endiguer le canal à la traversée des lacs? Ce travail ne serait pas aussi coûteux qu'on pourrait le croire; en choisissant bien la déclivité, il n'y aurait que 4 ou 5 millions de remblais, et les carrières de l'Attaka et des bancs de Suez fourniraient les matériaux de revêtement. On exprimait encore des craintes sur la manière dont on pourrait remplir les lacs lorsqu'on voudrait y amener les eaux de la mer ; on appréhendait que la vitesse des eaux ne détruisit le canal et occasionnât des éboulements capables de le combler ; le canal, avec les dimensions qu'on lui donnait, n'avait pas la section dVquiHbre des rivières, et Ton pouvait redouter qu'il ne prit les talus des cours d'eau naturels. Enfin, comme, en renonçant aux écluses, il fallait se prémunir contre l'action des courants entre la mer Rouge et les lacs Amers, et,
pour cela, revêtir les talus dans cet intervalle par une maçonnerie à pierres sèches, on craignait cet empierrement pour le cuivre des navires.
À ces objections, voici ce que répondait la Commission : On s'exagérait les dangers des tempêtes de la mer intérieure formée par les lacs Amers; les vagues, en effet, y seraient toujours faibles, puisque la profondeur manquant sur les bords, elles ne pourraient se développer; et, quant aux vents, leur régime serait h peu près le même que dans la rade de Suez, où ils n'étaient jamais bien redoutables. D'un autre côté, il était vrai que l'interruption du halage sur berge serait un inconvénient; mais on y suppléerait aisément par des toueurs qui présenteraient le double avantage d'une traction moins chère et d'un halage à point fixe. Quant à l'endiguement dans la traversée des lacs, ce n'étaient pas les considérations de dépenses, bien qu'elles eussent sans aucun doute leur importance, qui l'avaient fait repousser par la Commission. C'était pareeque cetendiguement n'avait pas été jugé nécessaire ; et qu'en laissant au contraire les lacs entièrement libres, ils concourraient d'autant mieux à l'objet général auquel on les destinait, -c'est-à-dire à l'annulation des courants de marée dans le canal des deux mers. En troisième lieu, on n'avait aucune difficulté sérieuse à redouter dans l'opération de remplissage des lacs Amers avec l'eau de la mer Rouge, attendu que le seuil de Suez 1 , étant d'argile, formerait un solide batardeau naturel, qui permettrait de régler l'introduction des «aux à volonté ; on mettrait plusieurs mois, s'il le fallait, à remplir les lacs, pour peu que l'on craignit, en allant plus vite, d'endommager les berges; et, en admettant même que le courant pût d'abord les corroder, on ne devait pas perdre de vue que les éboulements ne sauraient être considérables dans un sol argileux ; que ceux qui se produiraient ne feraient
1. Ce seuil a été désigné plus tard sous le nom de seuil de Chalouf.
qu'élargir le canal et que Ton s'en débarrasserait ensuite facilement par des dragages. Enfin, les objections faites au point 4e vue de la conservation du doublage des navires contre l'empierrement de protection des berges qui en auraient besoin dans la portion de canal comprise entre Suez et les lacs Amers paraissaient plus sérieuses ; mais précisément pour dissiper toutes appréhensions à ce sujet, la Commission proposait d'adopter un élargissement de 20 mètres dans toute cette portion de canal, qui aurait ainsi une largeur de 100 mètres, dans laquelle les navires pourraient se croiser très aisément sans aucune crainte de donner sur les talus.
La Commission restait donc persuadée, malgré les objections faites, que le système qu'elle proposait d'un canal sans écluses interrompu par la nappe d'eau des lacs Amers, système qui était assurément le plus simple, était en même temps le meilleur. Quelle que fût sa conviction, au sujet de l'inutilité d'endiguement à la traversée des lacs Amers, la Commission croyait prudent néanmoins de prévoir le cas, d'ailleurs très peu probable, où cet endiguement serait reconnu plus tard indispensable ; elle pensait donc que le canal devait être un peu reporté vers la partie orientale des lacs, de manière à ce qu'il fût facile, si l'avenir l'exigeait, de faire non pas deux digues, mais une seule, qui, naturellement, serait au vent pour protéger le canal contre les tempêtes d'O. et de N. 0.
Sur la question de l'inutilité d'écluses aux extrémités du canal, la Commission complétait les arguments qu'elle avait déjà présentés à ce sujet, au point de vue spécial de la conservation des berges, par les nouvelles considérations suivantes :
Dans le système du canal sans écluses, qui semblait satisfaire à la fois aux exigences du présent sans compromettre l'avenir, tout dépendait de ce que serait le courant dans le parcours entier du canal. Si le courant qui devait entrer par la mer Rouge et se continuer jusqu'à Péluse
avait dû être assez fort pour compromettre la conservation des berges et exiger qu'elles fussent empierrées dans tout leur développement, la Commission n'eût pas hésité à reconnaître la nécessité des écluses, seules capables de conjurer le danger; mais, selon elle, il n'en serait point ainsi. La connaissance des niveaux relatifs des deux mers et des fluctuations de ces niveaux sous l'influence des marées et des vents, lui avait permis, en effet, de déterminer le régime que prendraient les eaux dans le canal ! ; et elle avait trouvé que les plus grandes vitesses que pourraient prendre les eaux sur le fond, et qu'elles n'atteindraient que dans la circonstance fort rare d'une tempête du Sud coïncidant avec la plus grande marée d'équinoxc seraient les suivantes: Avec un canal continu d'une mer à l'autre, de l m ,01 par seconde ; avec le canal interrompu dans la traversée des lacs Amers, de 1 B , \6 dans la section au Sud des lacs, où le sol était d'argile, et de m ,35 seulement dans la section au Nord des lacs, où le sol était de sable. Dans la première combinaison, les berges seraient attaquées du seuil de Suez à la Méditerranée, sur un parcours de 140 kilomètres h travers les sables, et des écluses en tête du canal deviendraient indispensables. Mais, dans la seconde combinaison, celle que proposait la Commission, les berges ne pourraient être menacées qu'enlre la mer Rouge et le seuil de Suez, dans les parties où l'argile ne serait pas compactent il suffirait, pour rendre les écluses inutiles, de protéger par des enrochements, ainsi que cela élait projeté, les quelques points faibles qui se rencontreraient dans les vingt premiers kilomètres du canal.
En terminant, la Commission faisait remarquer que les auteurs de l'avant-projet avaient aussi laissé le canal sans endiguement dans la traversée des lacs Amers. Sans doute,
1. L'étude du régime des eaux dans le canal sans écluses avait été faite par l'un des membres de la Commission, M. Lieussou, ingénieur hydrographe de la marine française.
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ce n'était pas par les mêmes motifs que la Commission, puisqu'ils fermaient le canal à Suez par un barrage écluse ; mais, avec leur parfaite connaissance des lieux, ils avaient pensé, comme elle, que la traversée des lacs, laissée libre, n'aurait aucun inconvénient pour la navigation.