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Description de la rade de Suez

(Extrait du rapport de la Commission)

La rade de Suez est vaste et sûre. Elle peut contenir plus de 500 bâtiments de toute grandeur. Elle a de 3 à 13 mètres d'eau, sur un fond de vase molle d'une excellente tenue. Comme preuve de la bonté de son mouillage, on peut citer ce fait que la corvette anglaise la Zenobia, qui sert de magasin de charbon aux steamers de la Compagnie péninsulaire et orientale, y a stationné pendant trois ans sans que ses ancres aient bougé et sans que ses communications avec la terre aient été interrompues un seul jour. 11 est peu de rades au monde qui présentent de telles conditions de sécurité. Deux passes profondes et saines, assez larges pour le louvoyage, s'ouvrent en mer de part et d'autre d'un banc de roche, par des profondeurs de 16 à 17 mètres, et elles permettent de prendre et de quitter le mouillage en tout temps. Au Sud-Ouest de ce banc, l'anse formée par la pointe de l'Attaka (Ras-el-Adabieh) offre un second mouillage d'une étendue égaie et d'une sûreté comparable.

La rade de Suez a donc toutes les qualités désirables pour former la tète du canal des deux mers.

Le vent de N. N. O, qui y règne presque toujours et qui est le plus violenU

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lentrée du port dans une région de la rade accore et saine, d'abriter le chenal contre les vents du large, et de permettre l'entrée et la sortie des bâtiments à voiles par les vents dominants du N. N. 0. Les dispositions générales de Ta van tprojet étaient donc parfaitement justifiées et devaient être adoptées. Mais la Commission croyait utile d'apporter certaines modifications dans les dispositions de détail suivantes :

Le bassin de retenue imaginé pour faciliter l'introduction du flot dans le canal et pour donner au besoin des chasses dans l'avant-port était, ainsi qu'on l'avait déjà indiqué, complètement inutile.

L'endiguement du chenal entre Suez et l'accore du banc formant l'enceinte de la rade était une précaution peu justifiée ; la portion du chenal à ouvrir en mer était évidemment la seule qui dût être protégée par des jetées.

Les jetées de Tavant-port, projetées à 4.000 mètres de longueur, atteindraient la partie de la rade où venaient

n'est jamais dangereux. Quant à celui de S. S. E, venant du large, et qui pourrait seul amener une grosse mer sur rade, il est en général peu violent et ne persiste tout au plus que trois ou quatre jours ; les vagues qu'il soulève ne sont guère plus fortes, au mouillage, que celles produites par les vents violents de terre.

Les courants dans la baie sont faibles ; ils ne contournent point la rade ; ils portent alternativement au nord et au sud, et ils reversent au même instant sur tous les points. Quand le canal sera établi, le balancement des eaux de la rade et des lacs Amers accroîtra notablement la vitesse de ces courants aux abords du chenal.

La mer Rouge ne reçoit aucun cours d'eau ; les côtes, généralement formées de roches dures, résistent à Faction destructive des vagues. Les dépôts alluvionnaires qu'on y rencontre proviennent des débris de coquilles et de madrépores rejetés sur les rives, et des vases et des galets que les pluies d'orage, très rares, mais torrentielles sous ces climats, entraînent à la mer.

L'enceinte de la rade de Suez est formée par des plages de sable, dont la configuration et l'étendue paraissent immuables. Ces plages se prolongent sous l'eau jusqu'aux profondeurs de 4 à 5 mètres. Au delà, le fond est couvert d'une vase molle mélangée de débris de coquilles; il ne parait pas s'être exhaussé sensiblement depuis des siècles. La bonne tenue des ancres et la limpidité constante des eaux sur rade témoignent que le fond n'y est que peu ou point remué dans les gros temps.

Le niveau moyen habituel de la mer Rouge s'élève de M ,61 par une tempête de la partie Sud et s'abaisse de 0-,56 par une tempête de la partie Nord. La marée monte et descend, de part et d'autre du niveau moyen, au maximum de 1*,03, et, en moyenne, de 0",80 en vive-eau, et de 0",40 en morte-eau.

mouiller les grands bateaux à vapeur, et auraient ainsi le grave inconvénient de couper en deux la meilleure partie de la rade et de créer un danger pour les navires qui s'y arrêteraient avant d'entrer dans le canal, surtout quand ils y arriveraient de nuit. Les officiers de marine membres de la Commission auraient désiré, eu égard aux conditions favorables de la rade, que Ton pût se passer des jetées, et qu'il n'y eût qu'un simple chenal creusé et entretenu à la drague jusqu'au mouillage; mais les autres membres de la Commission n'avaient pas cru possible de supprimer complètement les jetées. Us pensaient, en effet, que la pente naturelle du fond près de la plage était une des conditions de sa stabilité, et que toute communication de 8 mètres de tirant d'eau ouverte k la drague entre le port de Suez et la rade provoquerait, en dedans de la zone sur laquelle brisait alors la mer, de grands mouvements de sable qui dévieraient le chenal à droite ou h gauche et rendraient, en dépit de curages incessants, cette communication intermittente et précaire; qu'on ne pouvait espérer de fixer ce chenal qu'en l'endiguant dans la zone des brisants et jusqu'au point où le fond n'était pas remué dans les tempêtes 1 . La Commission s'était donc arrêtée à un système mixte consistant à endiguer le chenal par des enrochemens jusqu'aux fonds de 6 mètres, et à le raccorder par une excavation de 200 mètres plus large avec la partie de la rade qui offrait naturellement 8 à 9 mètres d'eau : un pareil chenal, pensait-elle, se maintiendrait très probablement par la seule action des courants de marée, et très sûrement par quelques dragages. La jetée de l'Ouest du

1. A l'appui de cette opinion, on faisait remarquer que les effets indiqués se produisaient partout où le balancement des eaux de la mer et de lagunes s'établit à travers des plages, notamment aux graux du golfe de Lyon, aux boccas de la mer Adriatique et aux boghaz du golfe de Péiuse ; que toutes les fois qu'on a voulu assurer l'entrée des lagunes, il a fallu encaisser ces échancrures de la plage entre des jetées pour les fixer, et pour les approfondir par l'action des courants.

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•chenal endigué aurait 1.800 mètres de longueur; celle de l'Est, 2.000 mètres. Ces jetées seraient parallèles, et dirigées N.30°E.-S. 30° 0., de manière à permettre l'entrée et la sortie h la voile par les vents de Sud-Est et de Nord-Est <jui régnaient presque exclusivement sur rade.

Les jetées seraient constituées, chacune, par un massif de base en blocs naturels surmonté d'un mur en maçonnerie de 4 mètres de hauteur, reposant sur une couche de béton de 1 mètre d'épaisseur encastrée dans les enrochements, et ayant son couronnement à 3 m ,6i au-dessus du niveau moyen habituel de la mer Rouge, ou, ce qui revient au même, h 2 mètres au-dessus du quai de Suez, c'est-à-dire au-dessus •du niveau le plus élevé des eaux.

Le massif d'enrochements de la jetée de l'Ouest aurait à sa partie supérieure, une largeur de 9 m ,80, avec talus h 2 pour 1 du côté du large, et talus intérieur à 45° ; le mur maçonné, une largeur à la base de 7 m ,80, laissant ainsi de chaque côté un empâtement de 1 mètre, et une largeur au sommet de G m ,80, et il serait surmonté du côté du large d'un parapet de m , 80 d'épaisseur et d'une hauteur égale.

Le massif d'enrochements de la jetée Est n'aurait à sa partie supérieure qu'une largeur de 7 mètres, avec talus à 45°; le mur maçonné, une largeur de 5 mètres à la base et de 4 mètres au sommet, sans parapet.

La jetée de l'Ouest serait terminée par un musoir de 25 mètres de longueur et de 12 mètres de largeur, et la jetée de l'Est, par un musoir de 20 mètres sur 10 mètres ; Les deux musoirs seraient d'ailleurs relevés de 2 mètres au-dessus du terre-plein des jetées.

La largeur du chenal, restreinte à 100 mètres dans l'avantprojet, paraissait tout à fait insuffisante pour la facilité des mouvements d'entrée et de sortie des navires. La Commission proposait de donner au chenal endigué une largeur de 3X) mètres; et à son prolongement, de la tète des jetées aux profondeurs de 9 mètres, une largeur de 500 mètres.

dans les travaux à exécuter à Suez, la Commission devoir comprendre la construction d'un arrièreont l'utilité se justifiait d'elle-même dans un port ent affluer des milliers de navires. On ménagerait avant du quai existant de Suez, un bassin de •es de largeur et garni, sur use première longueur tétres, de quais qui se développeraient plus tard au mesure des besoins.

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