‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 34 sur 141 · G - . .. ..... I.7.HI · texte numérisé non relu

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Ces distances différent peu de celles qui ont été constatées plus tard par un levé hydrographique de la plage sousoiannr en face et aux abords du futur >rt de Port-Saïd, i-..' en avril 1859. au moment même de l'inauguration de luverture des iravaui-

Comme on le verra plus loin, au chapitre concernant les modification; ^portées eu août 1859 par le Conseil supérieur des travaux au projet de la ammission Internationale, l'emplacement 'lu port de Port-Saïd, par suite des idications fournies parle nouveau relevé hydrographique, a été reporté (dé? début des travaux en avril), A une distance d'environ 1.000 mètres dans Ouest du point qu'avait adopté la Commission Internationale.

surpris à cette hauteur par un vent violent du large pourrait toujours se relever et regagner la haute mer. Cet emplacement était donc évidemment le plus favorable sous tous les rapports.

La seule crainte qui pouvait rester sur la question de l'embouchure du canal h créer dans le golfe de Péluse était celle des atterrissements qui pourraient menacer la durée des travaux exécutés à la mer dans ces parages. Mais la Commission démontrait, en s'appuyant sur une étude attentive de la formation, du degré d'importance et de la marche des alluvions sur le littoral d'Egypte, que ces atterrissements seraient très peu considérables et n'étaient en conséquence nullement à redouter *.

L avant-projet plaçait un môle d'abri en avant des jetées à Péluse. La Commission pensait que Ton pouvait supprimer un pareil ouvrage, proposé par les auteurs de l'avantprojet eux-mêmes comme un surcroît de précautions, plutôt que comme une nécessité. A l'appui de son opinion, la Commission faisait valoir les considérations suivantes : Il n'était pas besoin dans ces parages, disait-elle, d'une rade couverte dans le genre de celle que le môle contribuerait à former, attendu que les vents étaient très réguliers sur la côte d'Egypte; que le mouillage dans la partie Ouest de la baie de Péluse était parfaitement sûr, ainsi que le prouvait la pratique des caboteurs ; enfin, que la tenue du fond était partout excellente ; en un mot, que toute la côte était à vrai dire une rade foraine avec un mouillage très sûr au large. Mais non seulement un brise-lames de 1.500 ou même de 1.600 mètres de long, à 1.000 mètres des jetées, serait peu utile; il aurait en outre deux inconvénients très graves, dont l'un était évident et dont l'autre était très probable. En premier lieu, une fois construit, cet ouvrage fixerait inva-

1. Nous reviendrons plus tard sur cette importante question pour dire, en citant les faits mêmes qui se sont produits, dans quelle limite se sont réalisées les tranquillisantes prévisions de J&. Commission.

70 TRAVAUX DE PREMIER ÉTABLISSEMENT l PROJETS

riablement le port; et si, plus tard, malgré le peu de probabilité de la formation de dépôts considérables de sable à l'enracinement des jetées, il devenait nécessaire pourtant de pousser celles-ci à une plus grande distance en mer pour maintenir l'entrée du port en dehors de la zone des sables, le brise-lames y serait un obstacle insurmontable ; il faudrait donc alors, pour conserver la profondeur d'eau à l'entrée du chenal, recourir au mode beaucoup moins sûr et plus coûteux des dragages; en ajournant, au contraire, la construction du brise-lames, rien ne serait compromis, on serait toujours à temps de couvrir l'entrée du chenal par cet abri si l'expérience de plusieurs années venait à en démontrer la nécessité. En second lieu, on aurait à craindre que le courant littoral, en traversant la portion de rade abritée parle brise-lames, n'y déposât une partie des vases dont il est chargé dans les tempêtes et n'amenât ainsi l'atterrissement des abords du chenal formé par les jetées.

La Commission faisait donc déboucher le canal à Saïd, comme du côté de Suez, simplement par deux jetées parallèles sans aucun autre ouvrage. Seulement elle portait la largeur du chenal à 400 mètres au lieu de 100 mètres que proposait l'avant-projet, cette dernière dimension lui ayant paru tout à fait insuffisante pour un chenal qui devait être en même temps un port où des navires d'une longueur de 120 mètres eussent la possibilité de se mettre en travers, manœuvre quelquefois inévitable pour le mouillage.

La jetée de l'Ouest aurait 3.500 mètres de longueur pour atteindre les profondeurs de 10 mètres. Celle de l'Est ne serait poussée que jusqu'aux profondeurs de 8 B ,50, et elle aurait ainsi une longueur de 2.500 mètres. Leur direction serait du S. 0. 1/4 S. au N. E. 1/4 N. ; l'extrémité de la jetée de TOuest serait légèrement infléchie vers l'Est de manière à ce que la tangente des deux musoirs fût juste S. S. O. et N. N. E. et la distance entre ces deux musoirs de 1.000 mètres.

Par ces dispositions, on formait une rade couverte, ou

avant-port, de 40 hectares de superficie, parfaitement abritée des vents dominants du Nord-Ouest, et Ton avait un chenal orienté de manière h permettre l'entrée des navires en tout temps, ce qui était le point essentiel. Le chenal lui-même, sur une longueur de 1.700 mètres à partir de l'extrémité de la jetée de l'Est formerait une sorte d'arrière-rade, d'une superficie de 68 hectares, où les navires seraient à l'abri et dans le calme. Toutefois, eu égard à la possibilité de l'arrivée des navires par flottilles avec les vents favorables, et au nombreux matériel flottant qu'aurait à entretenir la Compagnie, l'avant-port et le chenal, quelque grands qu'ils fussent, pourraient ne pas suffire. La Commission avait donc reconnu la nécessité de créer un arrière-bassin pour le stationnement des navires, et elle obtenait ce résultat en élargissant le chenal, à l'origine des jetées, sur une longueur de 800 mètres, par des retraites de 200 mètres de chaque côté. L'arrière-bassin aurait ainsi une superficie de 64 hectares dont moitié en dehors du chenal proprement dit. 11 ne serait d'abord revêtu de quais que sur la rive Ouest de manière à permettre de l'étendre indéfiniment vers l'Est, si, contrairement aux prévisions, cette extension devenait un jour nécessaire.

En totalité, le port Saïd aurait donc au moins une surface de 172 hectares.

Le canal viendrait déboucher dans le milieu de l'arrière* Dassin avec une largeur de 100 mètres, qui se réduirait plus loin à 80 mètres, et le raccordement se ferait au moyen de courbes à grand rayon.

Quant aux dispositions de détail, elles seraient, — comme on va le voir, — à peu près les mômes que celles de i'avantprojet.

Les jetées seraient constituées, chacune, par un massif en blocs naturels avec couronnement en maçonnerie audessus de l'eau.

. Le massif d'enrochements de la jetée de l'Ouest aurait, à

la hauteur du niveau moyen de lamer, une largeur de 17 m ,50 avec talus moyen de 3 pour 1 du côté du large et talus intérieur à 45°. Quant au couronnement et maçonnerie, il serait constitué par une plate-forme de 8 mètres de largeur et de 2 m ,50 d'épaisseur établie en retraite de t mètre sur la crêtedu talus intérieur du massif d'enrochements, assise sur une couche de béton de 1 mètre d'épaisseur encastrée dans les enrochements, enfin, surmontée du côté du large par un parapet de 2 mètres d'épaisseur et de 3 mètres de hauteur ; le dessus de ce parapet se trouverait ainsi à 5 m ,50 audessus du niveau moyen de la mer.

La jetée serait terminée par un musoir de 50 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur. Ces dimensions avaient paru nécessaires en raison de la grande distance à laquelle l'extrémité de la jetée se trouverait de la terre, ce qui obligerait à avoir sur le musoir un assez grand établissement pour le phare et le gardien du feu, pour les guetteurs, pour les pilotes, pour les pieux d'amarrage et pour toutesautres installations utiles aux navires entrant ou sortant. Ce musoir était d'ailleurs relevé de 4 m ,50 au-dessus du niveau moyen pour être bien visible et se distinguer plus loin en mer.

La jetée de l'Est étant abritée par l'autre jetée des vents dominants et des grosses mers qu'ils soulèvent avait naturellement des dimensions moindres : le massif de base en enrochements naturels, arasé à la hauteur même du niveau moyen de la mer, n'aurait, en effet, qu'une largeur de6 m ,50; et, sur la couche de béton de 1 mètre d'épaisseur encastrée comme à l'autre jetée, dans les enrochements, serait sim~ , plement assis un mur en maçonnerie de 2 m ,50 de hauteur et d'une largeur de 4 m ,50 à sa base et de 4 mètres au sommet. Le musoir de la jetée n'aurait plus, de son côté, qu'une longueur de 20 mètres avec une largeur de 10 mètres.

Des pieux d'amarrage seraient établis de 100 mètres en 100 mètres sur chacune des jetées.

Enfin les murs de quai de l'arrière-bassin seraient cons-

PROJET DE LA COMMISSION INTERNATIONALE (i85ô) 7}

tilués comme suit, savoir : un massif de base en blocs naturels de 4 mètres de hauteur et de 6 mètres de largeur à la partie supérieure, avec talus à 45° ; puis, reposant sur cette base en enrochements, un massif en béton de 4 mètres de hauteur et 2 B \50 d'épaisseur encaissé entre deux files de* pieux et de palplanches joint ivcs et s'élevantjusqu'au niveau de la mer; enfin, au dessus, un mur en maçonnerie de 2 mètres de hauteur avec une épaisseur moyenne de 1 mètre.

Les terre-pleins de ces quais devaient d'ailleurs avoir une largeur de 50 mètres.

La Commission n'hésitait pas à croire que les travaux du port Saïd, dans les conditions où elle proposait de les établir,, seraient parfaitement stables et ne courraient aucun risque.

L'entrée, poussée jusqu'à la zone des vases, serait, selon toute apparence, à l'abri de l'envahissement des sables. Le peu qui en pénétrerait par les plus gros temps serait trèsaisément enlevé par les dragages. Quant à la vase, elle ne serait pas à redouter, les eaux troubles de la Méditerranée qui tendraient à pénétrer dans le chenal devant être incessamment repoussées par le courant permanent qui viendrait de la mer Rouge.

Mais on pourrait craindre que les sables mis en mouvement le long de la plage par la houle et les courants du littoral, en s 'accumulant à l'extérieur des jetées, ne finissent par gagner de proche en proche leur extrémité. Or la Commission avait déjà démontré que la quantité de sable voyageant sur le littoral était très faible, en sorte qu'il se passerait certainement un temps très long, des siècles peutêtre, avant que les sables accumulés derrière la jetée de l'Ouest pussent parvenir jusqu'à la distance de 3.500 mètres en avant de la plage et vinssent produire, à la tête de cette jetée, des atterrissements qu'il faudrait combattre. A un autre pointde vue, la Commission citait l'exemple des jetées de Malamocco (lagunes de Venise), pour prouver qu'une pareille éventualité n'avait rien de redoutable; en. admettant

que F accumulation des sables derrière la jetée fût plus considérable qu'on ne le prévoyait, on en combattrait les effets à peu de frais, soit par des dragages, soit par un prolongement progressif des jetées, l'expérience devant indiquer celui des deux systèmes qu'il serait préférable d adopter.

Port intérieur de Timsah

Le lac Timsah présentai* une surface de 2.000 hectares environ où la nature offrait toutes facilités pour construire un port qui se trouverait h égale distance à peu près des deux extrémités du canal ; le fond du lac était de 4 à 5 mètres au-dessous du niveau moyen de la Méditerranée ; enfin les eaux du Nil y arrivaient, durant les grandes crues, par la vallée deTOuadée Toumilat. Cette heureuse disposition des lieux imposait en quelque sorte la destination à donner au lac Timsah. Ce devait être à la fois un port intérieur pour le ravitaillement et la réparation des navires faisant la grande navigation, et le point de jonction où la navigation fluviale et purement locale viendrait se relier à celle des mers de l'Inde et de la Chine.

Dans la pensée de la Commission, le port intérieur de Timsah était appelé à prendre par la suite un immense développement. Pour le début, elle proposait d'y construire 1.000 mètres de quais pour les opérations de chargement et de déchargement et d'y creuser un bassin de 1.000 mètres de longueur sur 200 mètres de largeur. La construction la plus importante à y établir serait celle d'un bassin de radoub que la surélévation des eaux du canal de TOuadée permettrait de remplir et de vider par une simple manœuvre d'écluse, et dont la forme aurait au moins 120 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur au minimum. Quant aux autres établissements qui pourraient être construits à Timsah ou ailleurs, sur le parcours du canal, tels que : ateliers de tout genre, magasins, docks, etc., la Commission laissait ces

détails aux soins de la Compagnie qui serait la première intéressée h fonder ces établissements dès qu'ils seraient utiles et qu'ils présenteraient quelques chances de profits.

Ouvrages accessoires

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