‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 50 sur 141 · CANAL MARITIME : CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CANAL MARITIME : CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

passer deux lignes de navires, mais encore pour laisser la place à une autre ligne de navires qui, pour un motif quelconque, viendrait à s'arrêter en chemin ; qu'en conséquence, attribuant à chaque ligne de navires une largeur moyenne de 20 mètres et ajoutant une largeur de 20 mètres pour la facilité des mouvements, elle avait, pour toute la partie du Canal comprise entre Port-Saïd et les lacs Amers, fixé la largeur à la ligne d'eau à 80 mètres, correspondant à 44 mètres au plafond.

On a vu, d'autre part, que le Conseil supérieur des travaux, appelé en août 1859 par le Président de la Compagnie à examiner si les grandes dimensions attribuées au Canal dans le projet de la Commission internationale étaient réellement nécessaires pour remplir le but exclusivement commercial que la Compagnie devait se proposer, avait été d'avis, au sujet de la largeur à donner au Canal, que l'on ne devait pas se préoccuper des navires d'une dimension tout h fait exceptionnelle, attendu que des manœuvres exceptionnelles aussi permettraient toujours de faire passer ces navires d'une mer à l'autre ; que le Conseil avait, en conséquence, proposé d'adopter une largeur de 58 mètres à la ligne d'eau, correspondant à une largeur de 22 mètres au plafond, '.< ces largeurs étant suffisantes pour le croisement de deux navires de dimensions égales à celles des bâtiments à vapeur à aubes alors en construction dans les ateliers des Messageries Impériales 1 et devant suffire à plus forte raison pour les bâtiments du service de la malle des Indes et pour les navires à hélice ».

1. L'un d« ces bâtiments à vapeur à aubes, VBstramadure, figure au Répertoire général du Bureau € Veritas » de 1870 (dont un résumé est donné plus loin) avec les mentions suivantes : navire en fer construit en 1860, de 2.132 tonneaux de tonnage brut et 1.279 tonneaux de tonnage net; force de 500 chevaux; longueur 96*,50; largeur, il-,60.

Sur le profil de canal adopté par le Conseil et annexé à sa délibération, le navire est représenté comme ayant un tirant d'eau de 5 Œ ,10 et une largeur totale, y compris les aubes, de 18»,60, les aubes plongeant de 2", 50.

Nous avons rappelé ces précédents pour bien établir qu'à l'époque des études de la Commission internationale, en 1856, aussi bien que lors des études du projet d'exécution par le Conseil supérieur des travaux en 1859, on pensait que le Canal maritime n'aurait à livrer habituellement passage qu'à des navires ayant au plus les dimensions des plus grands navires de commerce alors existants, dont, à de rares exceptions près, aucun n'avait encore atteint la longueur de 120 mètres et dont la plus grande largeur ne dépassait pas 13 à 14 mètres.

On était bien loin alors, — on le voit, — de prévoir le grand développement que prendrait rapidement la navigation à vapeur à la suite de l'ouverture du Canal à la navigation, et les dimensions rapidement croissantes qui seraient données aux navires 1 . \

1. Nous croyons utile de consigner ici une série de renseignements permettant de se rendre compte de ce qu'étaient la situation de la flotte à vapeur de la marine marchande et le mouvement maritime entre l'Europe et l'Extrême- Orient, tant à l'époque de l'élaboration des projets qu'au moment même de l'ouverture du Canal à la navigation, puis quelques années après :

1* D'après un travail de statistique inséré en décembre 1855 par le Ministère du Commerce de France dans les Annales du Commerce extérieur, le mouvement de la navigation entre les différents pays d'Europe et les Grandes-Indes, en 1853, avait été de 4.200 navires transportant 2 millions de tonnes, soit environ 500 tonnes par navire.

2* La Chambre des Communes d'Angleterre, dans sa séance du 26 juin 1856, sanctionna la concession de la malle australienne a MM. Henderson et G".

Les steamers à hélice pour les voyages entre Suez et l'Australie devaient être d'une capacité de 2.200 à 2.500 tonneaux, avec une force de 500 à 530 chevaux et avoir un minimum de vitesse de marche de 10 milles et demi à l'heure. Le nouveau service devait être complètement installé le 1 er janvier 1857.

Tous les navires de la flotte de la Compagnie concessionnaire ont été construits dans les conditions indiquées de force et de tonnage. Un seul, YAustralian, avait un tonnage brut de 2.761 tonneaux et une force de 700 chevaux; ses dimensions étaient les suivantes : longueur, 100-, 60; largeur, 12™, 83;

3* La flotte de la Compagnie Péninsulaire et Orientale, au 30 septembre 1856, se composait de 52 bâtiments, dont 45 à vapeur, le plus grand nombre à hélice.

Le tonnage total de la flotte était de 67.934 tonneaux, avec une force totale <Je 15.190 chevaux, ce qui correspondait, par navire, à un tonnage moyen d'environ 1.300 tonneaux et à une force de 292 chevaux. Le plus grand navire 4e la flotte était le Simla, d'un tonnage brut de 2.450 tonneaux et d'une force de 600 chevaux et ayant les dimensions suivantes : longueur, 100™, 25; largeur il",50; tirant d'eau moyen, 6-,70;

4* On peut citer enfin, comme type des plus grands navires de cette époque,

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