‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 73 sur 141 · REJET DE LA COMBINAISON D'UN CANAL A POINT DE PARTAGE · texte numérisé non relu

REJET DE LA COMBINAISON D'UN CANAL A POINT DE PARTAGE

Nous rappellerons à ce sujet que la Commission internationale avait été d'accord avec les auteurs de l'avant-projet pour rejeter à priori l'idée d'un canal k point de partage alimenté par les eaux du Nil. Les diverses considérations qui

avaient modifié cette résolution ayant été exposées en détail au chapitre contenant l'analyse du rapport de la Commission (Voir page 51), nous n'en donnerons ici qu'un simple résumé. L'adoption d'un canal à point de partage — disait la Commission — eut fait réaliser à la vérité une économie importante sur les travaux de terrassements; mais cette économie se fût trouvée absorbée en partie, h la fois par les dépenses d'endiguement du canal à la traversée du lac Menzaleh et dans la portion contournant les lacs Amers, et par les frais d'établissement des écluses aux extrémités du canal ; tout compte fait, cependant, l'économie eut été certainement en faveur du canal à point de partage; et par conséquent, si l'on n'avait dû se décider que par des considérations de dépenses de premier établissement, c'eût été ce système qu'il eût fallu préférer. Mais une pareille solution donnait lieu à plusieurs objections assez graves parmi lesquelles les suivantes : le canal devant être alimenté par les eaux limoneuses du Nil exigerait des curages annuels considérables ; sur la plus grande partie de sa longueur, les digues, devant être construites en sable, n'offriraient pas toutes les garanties .désirables, tout au moins jusqu'au moment où elles seraient rendues étanches par les dépôts de limon du Nil 1 ; enfin, par suite de l'élévation du niveau

i. Les digues en sable, lorsqu'elles ont une épaisseur suffisante, sont parfaitement étanches, et elles présentent toute sécurité au point de vue des craintes d affaissement. Le seul ennemi vraiment redoutable pour de pareilles digues est le vent qui déforme facilement leur profil et peut y occasionner en très peu de temps de grands bouleversements. Le danger sous ce rapport était surtout très sérieux dans l'Isthme, où, a une certaine époque de Tannée (pendant la saison des vents dits de Khamsin), il règne fréquemment des vents violents d'une durée de deux ou trois jours.

La Commission aurait pu faire remarquer encore que, dans toute la portion Sud du canal, les digues auraient dû être faites avec des terres argileuses très salées et par cela même très déliquescentes, et que de pareilles digues, aussitôt après l'introduction de l'eau dans le canal, auraient subi des affaissements considérables qui eussent rendu la conservation du canal tout à fait impossible.

On trouvera des exemples à l'appui des diverses observations qui précèdent au chapitre de la description des profils en travers du Canal d'eau douce.

au-dessus des terres riveraines, on serait constamment sous la menace d'une rupture de digue occasionnée par la malveillance ou par des accidents, avec tous les désastres qui en seraient la conséquence.

La Commission avait donc conclu, en définitive, que c'était avec raison que les auteurs de l'avant-projet, bien qu'il s n'eussent pas fait connaître les motifs de leur préférence, n'avaient pas adopté la combinaison d'un canal à point de partage.

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