PROFIL EN LONG DU PLAFOND DU CANAL
La décision qui fixait à 8 mètres la profondeur à donner au canal maritime signifiait que le plafond dudit canal devait être descendu jusqu'à une cote telle que Ton fût assuro d'avoir constamment, c'est-à-dire à tout état des marées respectives de la Méditerranée et de la mer Rouge, sans avoir égard pourtant aux marées tout à fait exceptionnelles r une profondeur d'eau de 8 mètres. Or, quelles que fussenl les incertitudes qui pouvaient subsister dans l'esprit quant au régime des vitesses des courants qui auraient lieu dans le canal après l'introduction des eaux, on regardait du moins comme incontestable, avec la solution adoptée d'un canal
1. Pendant la période de construction du canal, en ce qui est des cotes respectives des niveaux moyens des deux mers, on s'est constamment basé, notamment pour la fixation des cotes du profil en long, sur les résultats ci-dessous d'un nouveau nivellement général de l'Isthme fait en mai 1864, les cotes étant rapportées à un plan passant à 20 mètres au-dessous du quai de Suez, savoir :
Niveau moyen de la mer Rouge 18,36 18,36
Niveau moyen de la Méditerranée 18,20 au lieu de l*î,68
Différence de niveau d'après le nivellement de 1864. 0,16 — 0,68
On verra par une note ci-après, que, d'après des observations faites de 1871 a 1876, les cotes ci-dessus n'étaient pas tout à fait exactes, et qu'en réalité le niveau moyen de la mer Rouge est plus bas de 0",03 que celui de la Méditerranée.
sans écluses interrompu par la nappe d'eau des lacs Amers, dune part, que le niveau de l'eau dans ces lacs se maintiendrait à une hauteur à peu près constante, intermédiaire entre les niveaux moyens des deux mers 4 ; d'autre part, que, dans toute la partie Nord du canal, il y avait lieu d'admettre que le niveau de l'eau se maintiendrait de même très sensiblement à une hauteur constante, celle du niveau moyen de la Méditerranée, les amplitudes des marées de ce côté étant trop faibles pour pouvoir produire dans le canal des abaissements de niveau dont il y eût lieu de se préoccuper au point de vue de la navigation ; enfin, que, dans toute la partie Sud du canal, au contraire, le niveau de l'eau participerait plus ou moins, suivant la plus ou moins grande proximité de la mer, aux fluctuations des niveaux des marées de la mer Rouge qui, en vives-eaux ordinaires, descendaient en moyenne jusqu'à m ,70 en contre-bas de leur niveau moyen 2 , en sorte que, dans l'établissement du plafond de cette partie du canal, pour assurer en tout temps la profondeur d'eau de 8 mètres, on avait surtout à tenir compte du niveau moyen des plus basses mers ordinaires de la mer Rouge.
Avant de décrire le profil d'exécution, nous dirons quelques mots du profil en long tel qu'il avait été primitivement projeté.
Dans le projet arrêté en 1859 par le Conseil supérieur des travaux aussi bien que dans l'avant-projet de 1856 arrêté parla Commission internationale, le profil en long du plafond se composait d'une seule ligne horizontale tracée dans toute la longueur du canal à 8 mètres en contre-bas du niveau moyen de la Méditerranée (Voir Planche XV). D'après
i . Cette prévision s'est réalisée.
En effet, d'après des observations faites de 1871 à 1816 sur les hauteur* variables de Veau dans les différents points du Canal et aux ports d'extrémités, il a été reconnu que le niveau moyen des lacs Amers était exactement le même que celui de la mer Rouge, lequel, comme la remarque en a été faite dans une note précédente, ne diffère d'ailleurs que de 0",03, en contre-bas, de celui de la Méditerranée.