CHBNAL DE L AVANT- PORT
Jusqu'en 1874, profondeur 8,50
Del875ài879, — 9,00
A partir de 1880, — 9,50
Les profondeurs minimum du Canal maritime ont subi, de leur côté, les -variations suivantes :
Jusqu'en 1889, profondeur 8,00
De 1890 à 1901, — 8,50
A partir de 1902, — 8,70
Le tirant d'eau maximum des navires admis à transiter par le Canal a été fixé dès le début à 7 ",50 et maintenu à ce chiffre jusqu'au 15 avril 1890, date à partir de laquelle il a été porté à 7", 80. Depuis le 1*' janvier 1902 les navires .sont admis avec un tirant d'eau de 8 mètres.
que Ton admettait la nécessité d'un excédent de profondeur de 1 mètre pour le chenal extérieur ouvert en pleine mer et sans digue d'abri, de se contenter d'une profondeur moindre pour le chenal intérieur complètement à l'abri de toute propagation des lames du large. Il est facile de reconnaître qu'en établissant le plafond du chenal extérieur à 9 mètres en contre- bas du niveau des basses mers moyennes de vive eau, ce qui correspondait à une profondeur de 8 mètres en contre-bas des plus basses mers connues a Suez, on créait ainsi à cette embouchure du canal des conditions d'accès aussi satisfaisantes que possible: En effet, conformément à une observation déjà formulée au sujet de l'entrée du port de Port-Saïd, et qui trouve ici bien mieux encore son application, il y avait lieu de tenir grand comple de ce fait que, dans la rade de Suez, les lames les plus fortes n'ont qu'une action très limitée sur des bâtiments d'un tirant d'eau de 7 à 8 mètres ; et, en dehors de cette observation générale, il importait de remarquer encore : d'une part, que les grandes lames dans la rade de Suez sont exclusivement produites par les coups de vent du Sud qui relèvent -en môme temps le niveau des eaux ; d'autre part, que les vents qui produisent les très basses marées sont généralement, au contraire, des vents du Nord, ne donnant dans là rade que des lames très courtes, sans aucune action sur les grands navires ; en sorte que, en définitive, on n'avait pas à craindre qu'il y eût jamais simultanéité entre les circonstances de très basses mers et celles de gros temps. Il était donc évident que le chenal de Suez, avec les profondeurs adoptées, serait en tout temps, c'est-à-dire par les plus grosses mers et aux heures mêmes des plus basses marées, accessible aux plus grands navires qui pouvaient 4tre admis à transiter par le canal.
Mais, ainsi que nous allons maintenant l'expliquer, les dispositions primitivement arrêtées, quant aux profondeurs du chenal de Suez, ont été quelque peu modifiées en exécution.
En premier lieu, pendant le cours des travaux, en 1868, les Entrepreneurs ont demandé de ne creuser le chenal extérieur que jusqu'à la cote 9 mètres au lieu de la cote 8 m ,65. Leur demande était basée sur cette considération, que, pour obtenir la profondeur fixée par leur marché, de 9 mètres en contre-bas des basses mers moyennes de vive eau de la mer Rouge ! , ils seraient obligés d'allonger les élindes des dragues affectées à ce travail, ce qui leur occasionnerait une très grande dépense sans utilité réelle pour la Compagnie. Les Ingénieurs appelés à exprimer leur avis sur la suite à donner à cette demande, reconnurent, en raison précisément des considérations développées ci-dessus, que la cote de 9 mètres, bien que présentant un peu moins de sécurité que la cote primitive de 8 m ,65, pouvait pourtant être acceptée; et cela, avec d'autant moins d'inconvénient, que, bien que le plus bas niveau théorique déduit des observations de la Commission internationale et confirmé par de nouvelles observations faites depuis le commencement des travaux, fût un peu au-dessous de la cote 17, en réalité, cette cote était inférieure à toutes celles qui avaient été relevées, et devait être considérée comme n'étant pas atteinte une fois en cinq ans. Accessoirement, les Ingénieurs firent remarquer que si la réduction de profondeur du chenal paraissait devoir, à un point de vue général, hâter le moment à partir duquel les dépôts pouvaient avoir quelque influence sur la navigation et rendre ainsi nécessaire des travaux de curage, il n'y avait pas lieu pourtant d'avoir de préoccupations à ce sujet dans la rade de Suez, attendu que, dans les gros temps, les eaux de la mer Rouge sont toujours bleues et limpides, et que, s'il se produit, à la vérité, dans le petit port de Suez des mouvements de sables à la surface des bancs, jamais
1. Le marché disait : «9 mètres en contre-bas du niveau moyen de la Méditerranée », niveau que Ton supposait, alors a la cote 47*",68, ce qui donnait pour cote du plafond 8", 68.
On remarquera que cette cote de plafond correspondait à une profondeur de dragage de 9", 68 en contre-bas du niveau moyen de la mer Rouge (18- 7 3ô).
ces mouvements ne se propagent au-delà et n'atteignent la rade. Par suite de ces diverses considérations et conformément à l'avis des Ingénieurs, la cote 9 mètres pour Iç plafond du chenal extérieur fut définitivement adoptée par la Compagnie.
En second lieu, pendant la dernière période des travaux qui a immédiatement précédé la date de l'ouverture du canal à la grande navigation, on a été conduit à adopter pour le plafond du chenal intérieur la cote 9 m ,50 au lieu de 9 mètres. La résolution prise à ce sujet a été la conséquence des circonstances suivantes : A l'approche de la date sus- mentionnée, on a reconnu la nécessité impérieuse d'amener un renfort de matériel sur la portion extrême, fort en retard, du canal proprement dit. Or, il n'était guère possible de le faire, par suite des besoins qui existaient sur tous les autres chantiers, qu'en empruntant une partie du matériel employé aux dragages du chenal de Suez, et cet emprunt n'était possible à son tour qu'en réduisant en conséquence lesdits dragages au minimum indispensable. On a donc admis alors, en dernière analyse, que, tout en maintenant le plafond du chenal extérieur à la cote 9 mètres récemment adoptée, il suffirait de creuser le chenal intérieur à la cote 9 m ,50 au lieu de 9 mètres, c'est-à-dire à m ,15 seulement en contre-bas du plafond normal du canal.
Les réductions de profondeur que nous venons de faire connaître concernant le chenal de Suez n'ont pas eu d'autres conséquences, en définitive, que de créer à cette extrémité du canal une situation parfaitement en harmonie avec celle de l'autre extrémité. Si, en effet, on se rend bien compte des conditions d'accès réalisées du côté de Suez par les dernières cotes adoptées pour le plafond du chenal, savoir: 9 mètres pour le chenal extérieur et 9 m ,50 pour le chenal intérieur 1 , alors que la cote du plafond dans la portion Sud
1. Nous reproduirons ici une observation déjà présentée a la note de la page 214 : c est que les profondeurs définitivement adoptées pour le chenal
du Canal est de 9 m ,65, on reconnaîtra que ces conditions d'accès sont tout à fait semblables, compte tenu de la différence d'amplitude des lames, à celles réalisées du côté de Port-Saïd avec les cotes du plafond de 9 m ,20 et 9 m J0 pour l'extrémité du chenal et de 10 m ,20 pour tout le reste de la longueur dudit chenal, alors que la cote du plafond dans la portion Nord du canal était de 10 m ,20.