‹ Le canal de Suez (volume 3)Chapitre 81 sur 141 · PROFILS PRIMITIVEMENT ADOPTÉS · texte numérisé non relu

PROFILS PRIMITIVEMENT ADOPTÉS

Avant de décrire les profils qui ont été définitivement adoptés en exécution, nous reproduirons d'abord ici, sous forme récapitulative, les renseignements déjà donnés dans plusieurs chapitres précédents concernant les diverses dispositions de profils qui ont été successivement proposées pendant toute la période antérieure à la mise en train des travaux.

Nous rappelons donc que ces dispositions de profils étaient les suivantes :

Les auteurs de l' avant-projet avaient proposé de fixer la largeur du canal à la ligne d'eau à. 100 mètres, cette largeur étant toutefois réduite à 65 mètres, par raison d'économie, dans les parties du canal où la cote du terrain atteignait 6 mètres. Afin d'éviter la dégradation des berges, on avait donné aux talus une inclinaison de 2 de base pour 1 de hauteur. On avait, en outre, disposé, à 1 mètre au-dessous du niveau de l'eau, une banquette de 2 mètres de largeur destinée, à la fois, h recevoir un enrochement de protection et à emmagasiner les éboulements qui pourraient se faire à la partie supérieure. Enfin, là largeur du chemin de halage avait été fixée à 4 mètres, largeur jugée bien suffisante pour le cas d'un canal maritime où le remorquage à vapeur devait tenir la plus grande place.

D'après la Commission internationale, la largeur du canal devait Être déterminée par la condition de se trouver suffisante, non seulement pour laisser passer deux lignes de navires, mais encore pour laisser la place à une autre ligne de navires qui, pour un motif quelconque, viendraient à s'arrêter en chemin. En attribuant à chaque ligne de navires une largeur moyenne de 20 mètres, et ajoutant 20 mètres pour la facilité des mouvements, on arrivait h une largeur de 80 mètres à la ligne d'eau, correspondante à 44 mètres au plafond. La Commission adopta donc cette largeur de 80 mètres, sauf quelques gares d'évitement de distance en distance, pour toute la portion du canal s'étendant de la Méditerranée aux lacs Amers. Pour la portion comprise entre les lacs Amers et la mer Rouge, où la navigation devait être plus difficile par suite des courants, la Commission, afin de permettre aux navires de se croiser plus aisément, sans avoir à craindre de donner sur les talus, proposa, ainsi que cela a été expliqué précédemment à l'occasion de la question des écluses, de donner au canal une largeur de 100 mètres à la ligne d'eau, correspondante à 64 mètres au plafond. De plus, dans cette même portion du canal, on

devait protéger par des enrochements les points où les berges n'étant pas d argile compacte pourraient être attaquées par les courants. Sous la réserve de ces modifications, la Commission approuva le profil de l 'avant-projet, en faisant remarquer que l'adoption de la largeur réduite de 80 mètres au lieu de 100 mètres sur une longueur de 127 kilomètres du canal aurait cet important résultat, tout en laissant pour un long avenir une satisfaction suffisante aux exigences de la grande navigation, de produire une économie d'environ 20 millions de francs dans les dépenses.

Enfin, le Conseil supérieur des travaux, dans ses séances du mois d'août 1859, après avoir rappelé que la largeur de 80 mètres proposée par la Commission internationale n'avait eu pour but que de permettre le croisement de deux lignes de navires, même sur les points où, par un motif quelconque, une troisième ligne viendrait à stationner, avait fait remarquer que les lacs Amers, le lac Timsah, les lacs Ballah 1 , et, au besoin, une gare intermédiaire entre ces derniers lacs, faciliteraient les manœuvres que pourraient nécessiter les circonstances tout à fait exceptionnelles prévues par la Commission. Toutefois, le Conseil n'eût pas jugé prudent, eu égard au nombre considérable de navires qui, à certaines époques de l'année auraient à passer d'une mer h l'autre, d'établir le canal à une seule voie, même avec des gares d'évitement. Il avait été d'avis, en conséquence, que, sans se préoccuper des navires d'une dimension tout à fait exceptionnelle, et que des mesures aussi exceptionnelles permettraient toujours de faire passer d'une mer à l'autre, il y avait lieu d'adopter une largeur de 58 mètres à la ligne d'eau correspondante à une largeur de 22 mètres

1. Les lacs Ballah paraissent être cités ici comme un garage naturel, tandis qu'en réalité le fond de ces lacs était à peu près à la hauteur même du niveau moyen de la Méditerranée. Dans le lac Timsah lui-m^me on avait à creuser encore de 3 à 4 mètres sur la ligne du tracé pour obtenir la profondeur de 8 mètres.

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au plafond, cette largeur, ainsi que le montrait le dessin du profil, étant parfaitement suffisante pour le croisement de deux navires présentant les dimensions des bâtiments à vapeur transatlantiques avec roues à aubes. Le Conseil ajoutait que rien ne faisait prévoir la nécessité d'augmenter, dans un délai rapproché, la section qu'il proposait. C'était donc, selon lui, à un canal de cette section que paraissait devoir se borner l'emploi du capital à demander aux actionnaires.

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