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PORT INTÉRIEUR (LAC TIMSAH

Le lac Timsah, situé à peu près à égale distance des deux mers, et au débouché même de la vallée dite « Ouady-Toumilat », dans laquelle serait établi le canal de communication , devait former, ainsi qu'on l'a déjà dit, un port intérieur où viendrait aboutir toute la navigation, tant intérieure qu'extérieure. C'était donc sur ses bords qu'on projetait d'établir les magasins, écuries, ateliers de réparation, ainsi que 1.500 mètres de murs de quai pour l'amarrage des navires et l'embarquement des marchandises.

AYANT-PROJET LINANT BEY ET MOUGEL BEY (f 855) 15

ENTRÉES DE SUEZ ET DE PÉLUSE (PLANCHE VII i)

Les entrées du Canal, tant du côté de la Mer Rouge que du côté de la Méditerranée, devaient être disposées de manière que les bâtiments pussent aborder en toute saison et trouver, dans les mauvais temps, un abri sûr et efficace.

Dans ce but, à Suez, où la rade est abritée de tous les vents, excepté de ceux du Sud-Est, le chenal d'entrée dans la Mer Rouge était formé de deux jetées, poussées dans la rade jusqu'aux fonds de 7 mètres à 7 n ,50 en contre-bas des basses mers et atteignant ainsi une longueur d'environ 4.000 mètres, la jetée de l'Est dépassant l'autre de 150 mètres afin de procurer un abri complet.

Du côté de Péluse, les deux jetées devaient, pour atteindre la profondeur de 7 m ,50 à 8 mètres, avoir une longueur d'au moins 6.000 mètres. Et dans la crainte qu'un chenal ainsi formé ne présentât pas assez de sûreté pour l'abordage des navires — ce qui était une objection dont la valeur restait encore à vérifier — on proposait de créer, en avant des jetées, une rade d'abri au moyen d'un grand môle de 500 mètres de longueur, disposé de manière à servir de refuge aux navires dans les mauvais temps, et à leur permettre de prendre ensuite à leur convenance l'entrée du chenal.

Tous ces ouvrages devaient être exécutés en blocs naturels jetés à pierres perdues, à l'exception des musoirs qui seraient construits en maçonnerie hydraulique. A chacune des deux entrées, la jetée au vent avait 8 mètres de largeur à la partie supérieure arasée à l m ,50 au-dessus du niveau des basses mers ; elle était surmontée d'un parapet de 4 mètres d'épaisseur et de 3 m ,50 de hauteur; et, sur son talus intérieur, était disposé un massif de béton descendant jusqu'à 3 mètres de profondeur au-dessous des basses eaux, pour permettre

l'accostage des navires et former chemin de halage. Quant aux jetées sous le vent, elles ne devaient avoir que 6 mètres de largeur au niveau de la chaussée, et leur parapet 3 mètres d'épaisseur sur 2 m ,50 de hauleur.

On avait projeté, d'ailleurs, pour faciliter l'accès des entrées, la construction de deux phares : l'un sur la Méditerranée, à la pointe de Damielte, et l'autre, sur la Mer Rouge à Ras-Mohammed, et rétablissement de feux de ports à la tête des jetées au vent de Péluse et de Suez.

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